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Points de vue

Le football peut-il réunir musulmans et chrétiens en Egypte?

Par Mustafa Abdelhalim*

Rédigé par Mustafa Abdelhalim | Jeudi 23 Août 2012



Londres – Au cours des jeux Olympiques d’été de 2012, chaque pays a espéré et encouragé le succès de ses athlètes. Dans un pays comprenant de nombreuses divisions sociétales, les sports – tout particulièrement le football – peuvent renforcer les cohésions sociales et l’identité nationale.

La participation de l’Egypte aux jeux Olympiques ne pouvait pas être plus symbolique du rôle que peuvent mener les sports dans le regain de la fierté nationale et de l’unité sociale. L’équipe égyptienne de football est entraînée par Hani Ramzy, le joueur chrétien copte qui mena l’Egypte à la victoire lors de la Coupe d’Afrique des Nations en 1998. Malgré les divisions entre Egyptiens, mises en évidence lors des récents heurts dans de nombreux endroits du pays, l’équipe olympique a bénéficié d’un soutien unanime. Bien que Hani Ramzy soit le seul copte du groupe, les Egyptiens ont apprécié son travail et son équipe, d’autant plus lorsque l’Egypte s’est qualifiée pour les quarts de finale des Jeux en gagnant 3-1- contre la Biélorussie.

Les clubs de football sont éparpillés dans toute l’Egypte et ce sport possède le potentiel d’aider à resserrer les liens entre coptes et musulmans. Toutefois, avant que cette unité soit atteinte, les Egyptiens doivent d’abord reconnaître les divisions sociales évidentes dans les ligues sportives nationales. C’est seulement après qu’ils pourront réaliser le potentiel du sport comme outil de réunification.

Hassan Shehata, musulman et ancien entraîneur de l’équipe nationale de football, a déclaré une fois qu’il sélectionnait les joueurs de l’équipe égyptienne sur la base de leur « religiosité et de leur piété ». Cette déclaration a servi de prétexte à l’entraîneur pour ne pas inclure un seul joueur copte dans l’équipe nationale de football et a déclenché une fureur massive. L’église copte, de son côté, possède sa propre ligue de football, ouverte exclusivement aux membres de la communauté copte. L’exemple de diversité religieuse, offert par l’équipe olympique, devrait être répliqué à l’échelle nationale.

Les Egyptiens doivent créer des ligues sportives à travers tout le pays, et la participation des athlètes doit y être basée sur leurs talents plutôt que sur leur religion ou leurs affiliations sectaires. Si elles pratiquaient, regardaient et soutenaient les sports ensemble, les deux communautés religieuses pourraient partager un sentiment national plus sain et commun, plutôt que d’être divisées sur la base d’affiliation à des groupes.

Nous devons considérer les sports comme un langage commun réunissant les gens. Chacun à l’intérieur du pays peut les utiliser afin de communiquer et de construire une relation basée sur une expérience partagée.

Ce n’est pas une idée révolutionnaire.

En juin 2012, le stade de Wembley a été le lieu d’une journée « foi et football » qui a réuni les élèves d’écoles musulmanes, chrétiennes et juives. Cet événement a été agencé par une organisation basée en Grande-Bretagne, dont la mission est de construire des relations entre les gens de fois différentes, le« Three Faith Forum, 3FF » (le Forum des trois fois), et l’Association anglaise de football, qui officiellement supervise ce sport dans le pays.

Les Egyptiens pourraient répliquer cet exemple en créant des ligues dans tout le pays afin de promouvoir la coopération intergroupe et interreligieuse. Ces équipes pourraient inclure quiconque voudrait participer, ce qui ferait de l’intérêt partagé des Egyptiens dans les sports un moyen de créer une société plus inclusive.

Des leçons de sports, qui promeuvent l’unité entre groupes, doivent avoir la priorité. Chacun doit avoir la chance d’entrer en compétition afin de pouvoir rejoindre les équipes nationales, indépendamment du fait que leur nom soit Mohammed ou George. Malheureusement il n’y a que peu d’exemples d’équipes de football interreligieuses dans le pays.

Bien que ces possibilités paraissent ambitieuses et idéalistes dans le contexte actuel, il existe des précédents dans l’histoire de l’Egypte.

En 1998, Hani Ramzy, un Egyptien copte et actuel entraîneur de l’équipe olympique égyptienne, a marqué un but pour l’Egypte lors de la Coupe d’Afrique des Nations. Après avoir marqué le but, il a tracé une croix sur sa poitrine, dans un geste de remerciement à Dieu. Lorsque Hazem Imam, le coéquipier de Hani Ramzy, a marqué un second but, il s’est prosterné, lui aussi exprimant sa gratitude au travers d’une prière. Alors qu’ils célébraient leur victoire, avec Hani Ramzy portant Hazem Imam sur ses épaules, pas un seul membre de l’équipe ne se préoccupait de qui était musulman ou qui était copte.

Bien que les jeux Olympiques soient terminés, l’esprit des Jeux doit continuer. Les Egyptiens doivent croire en un futur qui soit inclusif et qui englobe tous les citoyens. C’est là que les sports entrent en jeu.

* Mustafa Abdelhalim est un journaliste primé, qui travaille pour la BBC.



Mustafa Abdelhalim


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