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Points de vue

La quête du savoir dans la civilisation arabo-musulmane (1/2)

Rédigé par El Médina | Vendredi 13 Janvier 2017



La quête du savoir dans la civilisation arabo-musulmane (1/2)
Qu’est-ce que le savoir, si ce n’est la connaissance du monde et de soi-même, et l’un des piliers de la continuité de toute société, de toute culture et par conséquent de toute civilisation. Différents types de savoirs se côtoient depuis des siècles allant des sciences profanes aux sciences religieuses en passant par les savoir-être et les savoir-faire. Selon la conception arabe classique, maarifa signifie l’ensemble des connaissances mystiques et spirituelles. Al aadab désigne, quant à lui, l’art de bien se comporter en société, c’est-à-dire d’avoir une certaine « culture » et certaines règles de comportement.

Le terme qui se rapproche le plus du concept de « savoir » au sens épistémologique est ‘ilm (au pluriel ‘ulum). Celui-ci regroupe les sciences, les disciplines et les savoirs. Le ‘ilm est le savoir par excellence, la connaissance du bien, du beau et du vrai. L’unicité du savoir dans la civilisation arabo-musulmane se traduit par l’accès à la connaissance de Dieu, qui est le but ultime de tout savoir. C’est ce qui rend indissociable la connaissance des savoirs profanes et la connaissance de soi, permettant ainsi une cohérence de l’ensemble.

Les savoirs théoriques, savoir-faire et savoir-être

La quête du savoir ne se résume pas qu’aux connaissances théoriques (savoirs religieux et savoirs profanes) ou à une discipline mais c’est également un travail sur soi : les savoir-être et les savoir-faire. Les savoirs religieux regroupent différentes sciences telles que les sciences du Coran, les sciences des Hâdith, la connaissance de la Sunna, le fiqh (jurisprudence islamique) ainsi que les sciences de la charia (les maqassid ou les finalités de la charia) ou encore les attributs divins.

Les savoirs profanes concernent les « autres disciplines » (selon Al Ghazali) telles que la philosophie, les sciences de la Vie et de la Terre, les sciences humaines, les mathématiques, la physique, la chimie, les sciences économiques et sociales... Néanmoins, cette distinction faite ne peut être imperméable, puisqu’il y a des liens réels entre elles. En effet, ces deux sphères du savoir se regroupent sous l’étendard de la recherche de la vérité, donc de Dieu.

La civilisation arabo-musulmane a également accordé une place prépondérante à deux autres types de savoir : les savoir-être et les savoir-faire. Les savoir-être sont tout savoir ayant un lien avec le comportement, la manière d’être et les valeurs y afférents. Ces savoirs étaient enseignés d’une manière indissociable avec les savoirs théoriques et les savoir-faire. Les savoir-faire sont tous les savoirs ou connaissances « pratiques » qui résultent de l’apprentissage d’un métier. Aujourd'hui, ces savoirs sont très souvent négligés, alors que jadis leur apprentissage était considéré comme des secrets dans certains domaines. Où trouver le savoir ? Comment se transmettait-il à travers les siècles ?

La quête du savoir dans la civilisation arabo-musulmane (1/2)

L’éducation et l’instruction : des kuttab aux madrassa et la relation maitre/disciple

L’éducation et l’instruction des enfants passaient avant tout par la famille. Elles allaient de la transmission des valeurs religieuses à la transmission de savoir-faire ancestraux, une importance particulière étant accordée à la lignée. Outre la famille, des écoles et des collèges étaient construits pour parfaire l’éducation et l’instruction des enfants. Les kuttab, écoles spécialisées dans l’enseignement des sciences religieuses, donnaient un point de départ aux étudiants pour étudier parmi les élites dans les madrassa, les collèges d’enseignements de savoirs religieux.

Le savant ou l’enseignant (‘alim, au pluriel ‘ulema) était le noble vertueux qui avait la tâche de transmettre à son disciple son savoir théorique mais il était également le garant d’une transmission d’un savoir-être. Il enseignait des sciences comme les sciences religieuses et profanes, et également des valeurs, le bon comportement, des visions du monde. On voit ainsi l’importance de la relation maitre/disciple qui prime sur le choix du lieu d’éducation.

En effet, on y acquérait une licence (ijaza) du nom du maître et non de l’école où la transmission a eu lieu. L’ijaza est l’équivalent d’une autorisation donnant la permission d’enseigner à son tour. Les majliss, lieux d’études où se rencontraient les maîtres et les disciples pour échanger et partager, se trouvaient dans la mosquée. Cette dernière n’était donc pas qu’un lieu où le croyant accomplissait ses obligations cultuelles, la mosquée avait un rôle éminemment social, elle était un lieu de transmission du savoir et d’échanges où le cœur social des différents quartiers ou villages y était représenté.

Dans une civilisation riche en savants à l'esprit universel, ayant participé au rayonnement scientifique, culturel et littéraire en Orient, quels étaient les autres lieux de transmission des savoirs ? Quelle place avait le voyage dans la quête du savoir ? Quelles idées cette histoire peut-elle nous offrir aujourd'hui ? Les réponses arrivent dans une seconde partie.

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El Médina est une association animée par la volonté de partager la connaissance et la compréhension de l'histoire, la culture et l'héritage de la civilisation arabo-musulmane. El Médina, en partenariat avec Saphirnews, propose chaque semaine de partir à la redécouverte de cette civilisation.






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