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Economie

La présence du halal plus marquée au SIAL 2012

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 29 Octobre 2012

Le Salon international de l’agroalimentaire (SIAL), organisé tous les deux ans à Paris, est un rendez-vous mondial incontournable pour tout un secteur. Le business du halal, toujours plus convoité, s’impose avec le temps dans cet événement grâce à une présence accrue de produits innovants et à un élargissement des réseaux de distribution. Si la communication des entreprises autour de ce sujet laisse encore à désirer en France, des progrès notoires sont constatés et les consommateurs n'en sont que mieux servis.



La présence du halal plus marquée au SIAL 2012
La réputation du Salon international de l’agroalimentaire (SIAL) 2012 n’est plus à faire. Le plus gros salon alimentaire au monde a accueilli près de 6 000 exposants en provenance d’une bonne centaine de pays, du 21 au 25 octobre au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis).

Premier constat : le business du halal est nettement plus visible que par le passé au SIAL et s’impose au fil du temps. Il est désormais représenté par un millier de stands, preuve que le marché est toujours en pleine expansion. Selon diverses estimations, le marché mondial du halal vaut quelque 632 milliards de dollars par an (environ 489 milliards d'euros), soit 16 % de l’industrie agroalimentaire mondiale. En France, où l’on assiste à une évolution constante de ce marché, il pèse dans les 5 milliards d’euros.

Olivier Princ, consultant halal et casher pour le SIAL depuis 2008, fait lui-même ce constat, d’autant plus qu’il est passé du statut de simple expert à celui de partenaire du SIAL cette année. « Les exposants sont plus nombreux et visibles chaque année. De plus en plus d’entreprises ont conscience qu’il est important d’investir dans le halal. Outre le fait que le marché augmente de 10 % par an, il faut aussi convaincre les sociétés qu’il y a une demande à satisfaire et des consommateurs à respecter », en mettant au centre de leurs préoccupations « la qualité et la traçabilité », nous déclare-t-il. « C’est le client qui a le dernier mot, c’est lui qu’il faut satisfaire. »

L’innovation assure le développement du marché halal

Au SIAL, « le thème (du halal) est abordé sans complexe, il est davantage mis en avant et valorisé », ce qui explique l’intérêt plus marqué de nombre d’enseignes qui veulent en faire « une stratégie financière », estime Isabelle Carrara, responsable commercial chez Arkose, agence de conseil spécialisée dans le développement commercial des industriels dans les réseaux de la grande distribution.

La diversification des produits halal est aussi de plus en plus marquée, constate-t-on. De plus en plus de professionnels affichent leur volonté de créer des produits très recherchés et plus sophistiqués, pour répondre ainsi à des besoins de plus en plus spécifiques. « Champagne » sans alcool, foie gras, petits pots pour bébé, plats cuisinés… l’offre halal, qui se limitait pendant longtemps aux produits carnés, s’élargit bel et bien, grâce notamment à une augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs de culture musulmane.

Parmi les grandes entreprises françaises qui se sont récemment lancées dans le halal, citons le groupe Pierre Martinet, le leader du marché des salades traiteur. Feuilletés, croissant au poulet, taboulé… le groupe aux 135 millions d’euros en 2011 présente à ce jour une dizaine de références, certifiées par la Grande Mosquée de Lyon, dans les grandes et moyennes surfaces. « Nous destinons nos produits uniquement à la France pour le moment », nous indique un responsable au SIAL, pour qui les retours sur Martinet sont positifs.

Le halal, un levier de croissance opportuniste

Findus, leader du surgelé en France, est en revanche nettement plus discret dans la communication. Il s’est lancé dans le secteur en 2011 avec une toute autre stratégie commerciale que celle de Martinet. Ses plats cuisinés, certifiés par la Grande Mosquée de Paris, sont en effet principalement destinés à l’export (Maghreb/pays du Golfe), affirme un responsable, placé quelques stands plus loin. Pour le moment, la proportion du halal sur l’ensemble de son chiffre d’affaires demeure infime. Seul l’avenir dira si le procédé choisi est payant.

« Avec la crise, les enseignes cherchent tous les leviers de croissance possibles et, pour eux, investir le halal est clairement une niche intéressante, une démarche opportuniste », ajoute Mme Carrara, pour qui le « nouvel enjeu » est de dépasser cette vision du halal.

Car, au-delà de l’énorme potentiel économique que représente le halal dans l’agroalimentaire, il est essentiel pour les professionnels de comprendre les besoins des consommateurs de culture musulmane et d'assumer leurs choix. Ne pas les mépriser, en faisant le choix de la qualité tant au niveau du produit qu’au niveau de la certification choisie, est un impératif.






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