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Monde

Khalifa, le procès

| Mardi 9 Janvier 2007

Hier matin s’est ouvert devant le tribunal criminel de Blida, le procès du plus grand scandale financier en Algérie. Le principal accusé, Abdelmoumen Rafik Khalifa, ancien patron du groupe Khalifa, qui avait fuit le pays sera donc jugé par contumace.



Abdelmoumen Rafik Khalifa
Abdelmoumen Rafik Khalifa

Le principal accusé absent

Le procès de la faillite frauduleuse de la banque privée Khalifa s'est ouvert lundi matin devant le tribunal criminel de Blida (50km à l'ouest d'Alger) en l'absence du principal accusé, comme prévu. Le fondateur du groupe Khalifa, Abdelmoumen Rafik Khalifa, est réfugié à Londres depuis 2003. Il sera donc jugé par contumace.

La présidente du tribunal, Fetiha Ibrahimi, a procédé au début de l'audience à l'appel des 104 inculpés. Dix accusés, dont sept sont en fuite et trois ne se sont pas présentés, manquaient à l'appel. Pas moins de 500 personnes, entre prévenus, témoins et avocats de la défense et de la partie civile, seront présentes.

Les audiences qui se dérouleront en deux séances quotidiennes, selon la juge Brahimi, seront consacrées au volet principal de l'affaire qui porte sur un "trou" de 3,2 milliards de dinars. Les accusés doivent répondre d'une trentaine de chefs d'accusation, dont ceux de faillite frauduleuse, association de malfaiteurs, abus de confiance, détournement de fonds, faux et usage de faux, corruption. Ils encourent des peines allant jusqu'à dix ans de prison et des amendes.

L’affaire a commencé en 2003…

Abdelmoumène Rafik Khalifa, 40 ans, fils d'un ancien ministre du président algérien Ahmed Ben Bella, avait édifié en cinq ans un véritable empire et connu une ascension sociale fulgurante. Il fonde une compagnie aérienne (Khalifa Airways France), des chaînes de télévision (Khalifa TV), société de location de voitures…

Et notamment une banque, Khalifa Bank, qui gére les intérêts de petits actionnaires privés et d'institutionnels liés au gouvernement algérien.

C’est en février 2003 à l’aéroport d’Alger que l'affaire a commencé par l'arrestation de trois cadres de la Khalifa Bank qui tentaient de sortir frauduleusement une mallette contenant deux millions d'euros. Elle a été suivie par la mise en liquidation en mai 2003 de la banque, épine dorsale du groupe et premier réseau bancaire privé algérien dont la faillite sera prononcée le mois suivant. S'en suit la liquidation de Khalifa Airways France, Khalifa TV...

Plusieurs centaines de petits épargnants en France et en Algérie ont perdu leurs avoirs dans ce scandale.

Selon les enquêtes judiciaires, il a fait bénéficier de ses largesses à de grandes vedettes françaises, dont Catherine Deneuve et Gérard Depardieu.

Un mandat d'arrêt international a été lancé en juin 2003 contre l’homme d'affaires.

Un procès politique

Parmi les accusés au procès, figurent notamment les hauts responsables de la banque Khalifa, des anciens directeurs généraux d'organismes nationaux et régionaux, ainsi que des responsables syndicaux.

L'ex-gouverneur de la Banque d'Algérie Abdelouahab Keramane a aussi été cité comme accusé. Lui, son frère Abdenour, ancien ministre de l'Industrie, et sa nièce Yasmine, ex-responsable de Khalifa Airways, également accusés, ne se sont pas présentés au tribunal.

Dans une déclaration envoyée lundi à la presse, Abdelouahab Keramane et son frère ont dénoncé un procès "politique". "Nous avons décidé de ne pas nous présenter devant le tribunal de Blida, parce que nous sommes convaincus que l'utilisation de l'affaire Khalifa pour nous inculper relève exclusivement de considérations politiques" et parce "que nous ne voulons pas être associés au simulacre de la justice qui nous a été préparé", affirment-ils dans cette déclaration.

Dénonçant par ailleurs "le viol du secret d'instruction" et clamant leur "innocence totale", les deux ex-responsables déclarent que les accusations dont ils font l'objet "n'ont aucun fondement juridique et qu'elles sont le résultat d'une machination grossière, d'un montage préétabli et sans consistance".


280 témoins, 150 avocats

Comparaissent également dans cette affaire le commissaire divisionnaire Belarbi Salah Hamdane, président du département santé à la Direction générale de la Sûreté nationale, et l'ancien entraîneur de l'équipe algérienne de football, Meziane Ighil.

Sur la liste des quelque 280 témoins figurent notamment des membres du gouvernement, un ancien ministre et plusieurs personnalités.

Un des 150 avocats de la défense, maître Khaled Bergheul, a demandé la convocation de l'ancien chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, en tant que témoin, à quoi la présidente a répondu que ce serait fait si le témoignage de M. Ouyahia pouvait apporter du nouveau dans l'affaire.





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