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Sur le vif

Israël : la grâce réclamée pour un Franco-Israélien coupable du meurtre d'un Palestinien

Rédigé par | Jeudi 5 Janvier 2017



Le soldat franco-israélien Elor Azaria a été reconnu coupable d'homicide à l'encontre d'un Palestinien en mars 2016.
Le soldat franco-israélien Elor Azaria a été reconnu coupable d'homicide à l'encontre d'un Palestinien en mars 2016.
Le sergent Elor Azaria a été reconnu coupable d’homicide mercredi 4 janvier par le tribunal militaire israélien de Jaffa. Le soldat franco-israélien avait le 24 mars 2016 abattu d’une balle dans la tête le Palestinien Abdel Charif qui était pourtant à terre et déjà blessé. La scène s’était déroulée à Hébron, en Cisjordanie, et avait été filmée.

Après une forte mobilisation de la population civile, des débats qui ont divisé le pays, le verdict était très attendu. On ne connaît pas encore le contenu de la sentence qui sera prononcée à une date ultérieure. Néanmoins, les réactions ne se sont pas faites attendre en Israël pour... condamner le verdict.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en personne a déclaré sur Facebook que « c’est un jour difficile et douloureux pour nous – et particulièrement pour Elor et sa famille – (…) pour beaucoup de soldats et de parents de soldats, et parmi eux, moi-même ». « Nous avons une armée, qui est la base de notre existence. Les soldats de cette armée sont nos fils et nos filles ; nous devons rester au-delà de tout différent. (…) Je soutiens la grâce demandée pour Azaria », a ajouté le chef de l’Etat hébreu.

« Un terroriste qui méritait de mourir »

La majorité de droite au pouvoir en Israël soutient le soldat franco-israélien. Plusieurs parlementaires ont demandé la grâce à l’image du ministre de l’Education, Naftali Bennett, responsable du parti nationaliste religieux Habeit HaYehudi. « Aujourd’hui, un soldat qui a tué un terroriste qui méritait de mourir et qui avait essayé de tuer un (autre) soldat a été menotté et condamné comme un criminel », a-t-il jugé.

En revanche, l’état major et l’opposition se sont positionnés pour la fermeté envers Elor Azaria. Fait surprenant, le ministre de la Défense, l'ultra-nationaliste Avigdor Lieberman a même exigé le respect d’« un verdict difficile » et a demandé à la classe politique de faire preuve de « retenue », et ce, bien qu’il ait rejoint le 29 mars 2016 les partisans du soldat lors d’une manifestation, lorsqu’il n’était que simple député.

Isaac Herzog, président du Parti travailliste, a défendu lui la décision de justice : « Trois juges indépendants ont donné leur verdict et chacun devrait en respecter le processus et la décision. (…) Les attaques contre les juges, l’armée, l’état-major et les commandants de l’armée doiventt cesser. » Le président de la Liste arabe unie à la Knesset, au Parlement israélien, a de son côté dénoncé « les vrais responsables » qui « sont les gouvernements d’Israël qui ont, depuis 50 ans, choisi de faire des jeunes hommes et femmes des soldats dont le rôle est de maintenir la loi militaire sur une population civile privée de droits ». Elor Azaria, 20 ans, risque une peine maximale de 20 ans de prison. Selon Haaretz, il s’agit d’un des procès les plus suivis dans l’histoire de l’armée israélienne.






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