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Sur le vif

Iran : Hassan Rohani, un nouveau président sous les ordres de l’ayatollah

Rédigé par La Rédaction | Mardi 18 Juin 2013 à 15:33

           


Après huit années sous le règne du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, le peuple iranien a choisi d’élire Hassan Rohani, le seul candidat jugé modéré qui se présentait aux élections présidentielles du vendredi 14 juin.

Sa victoire a été dans l’ensemble bien accueillie par la communauté internationale qui croit voir en cet ancien religieux un partenaire plus commode que son prédécesseur. La France, par la voix du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, s’est déclarée « prête à travailler » avec Hassan Rohani en précisant que « les attentes de la communauté internationale à l'égard de l'Iran sont fortes » en référence à la question du nucléaire et au conflit syrien.

Même son de cloche du côté des autres Etats européens, qui laissent entendre l’espoir d’un dialogue plus constructif avec le nouveau président. Cette idée est loin d'être partagée au sein du gouvernement israélien contrairement à l'administration américaine, qui a indiqué être prête à « collaborer directement » avec Téhéran.

Dans un entretien diffusé lundi 17 juin sur la chaîne publique PBS, Barack Obama a estimé que l’élection d’Hassan Rohani « signifie que le peuple iranien veut avancer dans une voie différente ». « Le peuple iranien a rejeté dans cette élection les tenants de la ligne dure et les religieux qui refusaient tout compromis partout, tout le temps et avec tout le monde », a-t-il ajouté. Le président américain, a toutefois fait remarquer que l'ayatollah Ali Khamenei, au dessus du président en Iran, gardait le dernier mot sur la question du nucléaire.

Justement, lors de sa première conférence de presse lundi 17 juin, Hassan Rohani a indiqué poursuivre la ligne de conduite du régime iranien en excluant tout arrêt de l’enrichissement d’uranium mais en promettant plus de « transparence » sur ses activités. La République islamique est accusée par l’Occident de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.

La communauté internationale reproche également à l’Iran son soutien au régime syrien. « La crise syrienne doit être réglée par le peuple syrien. Nous sommes contre le terrorisme, la guerre civile et les interventions étrangères », a expliqué a ce sujet M. Rohani, qui prendra officiellement ses fonctions le 3 août.

Selon lui, « le gouvernement actuel (de Bachar al-Assad, ndlr) doit être respecté par les autres pays jusqu’aux prochaines élections (présidentielles de 2014, ndlr) et ensuite c’est le peuple qui décidera ». Un nouveau président est là mais la position de l'Iran vis-à-vis de la Syrie n'est pas modifiée pour autant malgré la tragédie dans laquelle sont plongés les Syriens depuis mars 2011.

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