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Sur le vif

Grande-Bretagne : la parole aux femmes victimes d’islamophobie

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 21 Novembre 2013 à 14:52

           


« Peut-être que nous sommes haïes; l’expérience et l’impact de la haine islamophobe contre les musulmanes britanniques » : c’est le titre d’un rapport dirigé par Chris Allen, sociologue à l’Université de Birmingham. Conseiller pour le gouvernement sur l’islamophobie, il a remis à la Chambre des Communes, mercredi 20 novembre, un rapport recensant les témoignages de plusieurs musulmanes voilées victimes d’islamophobie. C’est la première fois qu’un tel rapport donne la parole à ces femmes.

Chris Allen a interrogé 20 femmes voilées, âgées entre 15 et 52 ans, sur les actes islamophobes dont elles ont été victimes. Leurs histoires sont poignantes. Rachel, 28 ans, raconte ainsi comment un automobiliste, qui bloquait l’accès à sa maison l’avait délibérément renversé alors qu’elle était enceinte. Une autre femme dit avoir découvert quatre têtes de porc en décomposition devant sa maison tandis qu’une autre femme explique s’être fait cracher à la figure.

Toutes ces violences à leur égard ne sont pas sans conséquence. Shareefa, harcelée par un groupe de jeunes, exprime ainsi sa peur de sortir dans la rue. La jeune femme de 33 ans ajoute être constamment sur le qui-vive même si elle fait face à des personnes bienveillantes.

Ce rapport a pour mérite de mettre en lumière la détresse psychologique de ces victimes d'islamophobie dont la parole est souvent confisquée. Il s’agit de mettre en évidence, au sein de l’espace public et des médias, « la victimisation continue des femmes musulmanes » en leur donnant la parole, indique M. Allen. L’objectif est également d’alerter « l’espace politique » sur les conséquences désastreuses à ne pas prendre au sérieux le problème de l’islamophobie.

« Pendant trop longtemps, les gens ont parlé du nombre de victimes, des statistiques et des types de cas. Mais ils oubliaient les faits de base : qu'il y a des gens, des émotions et des impacts familiaux et psychologiques à ces attaques de haine », a réagi Fiyaz Mughal, le directeur de l'organisation interreligieuse Faith Matters et Tell Mama, une association qui a mis à disposition une ligne téléphonique pour les victimes d’islamophobie.

D’après les dernières statistiques recensées par cette ligne, 58 % des actes islamophobes recensés visaient des femmes. La gent féminine est également la première victime des actes antimusulmans en France.

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