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Société

Elections cantonales 2011 : les Français démobilisés, la gauche confortée, le FN renforcé

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 28 Mars 2011

A l’approche des présidentielles de 2012, le Front national de Marine Le Pen est au mieux de sa forme. L’abstention record observée au second tour des élections cantonales, dimanche 27 mars, et la baisse continue de popularité pour l’UMP ont sans aucun doute favorisé le parti d’extrême droite. Toutefois, seuls deux des quelque 2 000 conseillers généraux élus sont frontistes. La gauche demeure la première force politique de France au lendemain du scrutin.



Elections cantonales 2011 : les Français démobilisés, la gauche confortée, le FN renforcé
Bien qu'inoffensif, bon nombre de Français ont été largement préoccupés ce week-end par l'arrivée, en France et en Europe, du nuage radioactif en provenance du Japon. Les yeux rivés vers l'autre côté de la Méditerranée, d'autres ont suivi avec attention les événements en Libye et en Syrie. Quant aux élections cantonales, moins de 46 % des électeurs s"y sont intéressés.

Pourtant, le Front national a bien accompli un tour de force au sein de la classe politique française. L’essai marqué aux régionales s’est avéré, bien malgré les autres partis, une nouvelle fois concluante lors de ce scrutin, malgré le faible nombre de sièges remportés par l’extrême droite.

Marine Le Pen, qui espérait une dizaine d’élus, a reconnu qu’il fallait « encore quelques coups de boutoir, quelques coups d'épaule pour que le système "UMPS" s'effondre » mais s’est félicitée de son score (11,5 % de voix, deux élus contre zéro auparavant). Pour sa défense, elle a critiqué le mode de scrutin majoritaire à deux tours, qui aurait écarté « des milliers », voire « des millions » de Français des urnes.

L'abstention, le premier parti de France

Loin s’en faut, ces millions d’électeurs ont préféré ne pas se déplacer dans les bureaux de vote. Avec un taux d’abstention estimé à 55 %, le désintérêt des Français pour les élections des 2 000 conseillers généraux a été total. La participation au second tour des élections cantonales, à « moins de 46 % », était « la plus faible jamais enregistrée » pour ce type de scrutin, selon les dires du ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Malgré tout, le Parti socialiste a réussi à conforter sa position avec 49,9 % de voix. Il réussit à contrôler ainsi plus de 60 départements et a pu en remporter trois, dont Mayotte, qui deviendra le 101e département français jeudi 31 mars. Jusque-là dirigée par l’UMP, elle est acquise aux socialistes. Le débat sur l’islam, que souhaite maintenir Nicolas Sarkozy, lui aura peut-être coûté ce territoire, où plus de 95 % de la population est musulmane. Les Français « nous ont fait confiance, ils ont ouvert la voie du changement », a déclaré Martine Aubry, ajoutant que la gauche a désormais un « devoir de victoire en 2012 ».

Sanctionné, l’UMP maintient le cap

Seul lot de consolation pour l'UMP : le Val-d’Oise (Île-de-France), fief de Dominique Strauss-Kahn, est passé sous leur contrôle. Cette maigre victoire cache mal la déception (mesurée) des ténors de la majorité. Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé et le porte-parole du gouvernement François Baroin ont avoué avoir été « déçus » des résultats du second tour. Mais « ce serait une pure folie d'avoir un autre candidat » que Sarkozy aux présidentielles, selon M. Baroin.

La politique sarkozyste menée ces derniers mois a pourtant bien aidé Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Front de gauche à obtenir de très bons scores lors des cantonales, leur permettant de négocier avec les socialistes pour les élections législatives de 2012. Avec une cinquantaine de conseillers généraux, EELV a réussi à doubler le nombre de ses élus. Quant au Front de gauche, constitué du Parti communiste et du Parti de gauche, entre 100 et 130 devraient prendre le chemin des conseils généraux.

C’est la dernière fois que les électeurs sont amenés à choisir des élus départementaux en raison de la réforme des collectivités territoriales, votée en décembre 2010. Celle-ci prévoit le remplacement des conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux en 2014. Les élus du dimanche ne siègeront que pour un mandat réduit à trois ans contre six auparavant. L'échéance des cantonales passée, les présidentielles sont grandement attendues par tous et toutes.






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