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Société

Déradicalisation, la méthode Dounia Bouzar expliquée (2/3)

« Le guet-apens »

Rédigé par Amara Bamba | Jeudi 13 Octobre 2016

Un jeune radicalisé n'est pas un jeune à jamais perdu. Dirigé par Dounia Bouzar, le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) a ouvert ses coulisses à la réalisatrice Marie-Castille Mention Schaar pour « Le Ciel attendra », un film en salles depuis mercredi 5 octobre. A cette occasion, l'anthropologue, auteure de plusieurs livres dont fait dernièrement partie « Ma meilleure amie s'est fait embrigader » (Ed. La Martinière Jeunesse), a accepté de nous parler de sa méthode de déradicalisation à la française dont on n'a pas fini de parler.



Dirigé par Dounia Bouzar, le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) a ouvert ses coulisses à la réalisatrice Marie-Castille Mention Schaar pour « Le Ciel attendra », un film en salles depuis mercredi 5 octobre. © CPDSI
Dirigé par Dounia Bouzar, le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) a ouvert ses coulisses à la réalisatrice Marie-Castille Mention Schaar pour « Le Ciel attendra », un film en salles depuis mercredi 5 octobre. © CPDSI

Saphirnews: Une fois la « Madeleine de Proust » réussie, comment passez-vous à la deuxième étape de votre méthode ?

Dounia Bouzar : Pour préparer la « Madeleine de Proust », nous sommes en liens étroits avec les parents. La concertation est permanente. Et dès que le parent sent que la carapace du jeune est fendillée, nous passons à l'approche cognitive qui complète l'approche émotionnelle. Nous nous attaquons à ses convictions idéologiques.

Depuis longtemps, avec mes travaux précédents, je sais qu'une personne radicalisée a la conviction de détenir la vérité. En 2006, en collaboration avec Tareq Oubrou (recteur de la mosquée de Bordeaux, ndlr), nous avions mis des processus en place avec mon livre « Quelle éducation face au radicalisme religieux ? » (Ed. Dunod). Comme bien de gens, à travers le monde entier, je pensais qu'il suffisait de faire des cours au jeune radicalisé pour lui expliquer que l'islam est amour et paix. Jusqu'en 2008, nous pensions qu'un « bon discours religieux alternatif » suffisait à déradicaliser. Ce fut un échec. Nous sommes revenus de ces idées.

Lire aussi : Déradicalisation, la méthode Dounia Bouzar expliquée (1/3)

Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ?

Dounia Bouzar : Face au meilleur imam du monde, le jeune restait persuadé de détenir la vérité et l'imam pouvait aller se faire voir ! Il était persuadé d'être celui qui sait ce que Dieu dit, même s'il n'était musulman que depuis deux jours. A l’époque, il n'y avait ni Al-Baghdadi ni le pseudo-califat. Proposer d'enfermer les radicalisés qui sont volontaires (une idée de Manuel Valls, ndlr), c'est parler sans connaître. Puisqu'un radicalisé ne sait pas qu'il est radicalisé.

Par ailleurs, nous avons étudié les méthodes d'embrigadement des nouveaux recruteurs de Daesh et d'Al Nosra (dans le rapport « La métamorphose du jeune opérée par le nouveau discours terroriste »). De là, nous avons construit quatre indicateurs de rupture, mettant en lumière la différence entre l'islam et le radicalisme : la rupture avec les anciens amis, la rupture avec les activités de loisir, la rupture avec l'école, la rupture avec les parents. Il n'y a aucun comportement religieux dans nos indicateurs. Ces indicateurs ont été repris par des organismes gouvernementaux qui y ont ajouté leurs propres indicateurs comme le foulard, la barbe et d’autres... que nous récusons.

L'islam n'est certes pas le problème. Comment font alors les recruteurs ?

Dounia Bouzar : Depuis deux ans, nous avons compris que les recruteurs anticipaient la déradicalisation. Ils prévenaient les jeunes en leur disant que les gens autour d'eux, par instinct, allaient se rendre compte de leur supériorité et qu’ils allaient être jaloux de leur sens du discernement. Ils demandaient aux jeunes de se méfier de ceux qui essayent de leur dire qu'ils n'ont pas compris l'islam, qu'ils sont endoctrinés, qu'ils étaient mieux avant... J'ai donc compris qu'essayer de raisonner les jeunes, directement, en se plaçant sur le registre de la raison et du savoir, revenait à illustrer ce que Daesh avait prévu. Cela serait contre-productif, car cela donnerait plus de pouvoir à Daesh.

Dans beaucoup de pays, ils ratent la déradicalisation parce qu'ils envoient des imams trop tôt, à un moment où le jeune est encore persuadé de détenir la vérité. Or, comme Daesh a prévenu de l'action de ces imams, « vendus ou endormis » pour lui mettre le doute, cela renforce l'autorité de Daesh. Je savais donc qu'il ne fallait pas procéder de la sorte.

Déradicalisation, la méthode Dounia Bouzar expliquée (2/3)

Mais, alors, comment déradicaliser un jeune sans lui dire qu'il est radicalisé ?

Dounia Bouzar : Là est la question. Il ne fallait pas que le parent montre qu'il sait que le jeune est radicalisé. S'il le montre, les recruteurs mettent immédiatement le jeune en dissimulation. Ils lui disent, par exemple, de manger du cochon pour montrer qu'il n'est pas radicalisé. A la fille, ils disent de faire la bise à ses cousins... pour rassurer le parent. On trouve ces stratagèmes dans leurs conversations auxquelles nous avons eu accès. Et si, autre exemple, le jeune est envoyé consulter un psychologue, les recruteurs lui fournissent le discours à servir au psy. Ils lui conseillent de dire au psy que ses parents ne supportent pas qu'il ait des valeurs différentes des leurs. « Parce que les psy aiment bien ça », écrivent-ils.

Dans une région de France, le préfet a mandaté des éducateurs de rue qui ont mis en place des activités rap et vélo. Les recruteurs ont immédiatement donné consigne aux jeunes radicalisés de la région de se mettre au rap et de se mettre en selle. Puis ils leur ont donné rendez-vous dans un mois, le temps que leurs dossiers soient classés auprès de la préfecture. Ces recruteurs s'adaptent aux politiques territoriales. Il ne faut donc pas que le jeune se doute que nous savons qu'il est radicalisé.

Dans une thérapie habituelle, il faut au moins le consentement du sujet.

Dounia Bouzar : C'est un problème que nous rencontrons avec les professionnels. Eux voudraient que le jeune soit, selon leur expression, « en demande ». Ils voudraient une « relation de confiance ». Ils parlent d'une « libre adhésion avec le processus de soin ». Allez expliquer à une équipe de psychologues que, dans notre méthode, nous tendons un guet-apens à nos jeunes pour les aider à sortir de la radicalité.
C'est très difficile de faire comprendre notre méthode aux professionnels. Depuis peu, quelques-uns commencent à faire des efforts parce qu’ils voient bien que personne n’est en demande. Mais cela reste très long de changer les grilles de lecture institutionnelles classiques.

En quoi consiste ce guet-apens ?

Dounia Bouzar : Pour commencer, les parents ne mettent pas nos noms sur leurs agendas téléphoniques. Ensuite, ils doivent régulièrement effacer tout historique de navigation de leurs ordinateurs parce qu'il ne faut pas que le mot CPDSI apparaisse quelque part. Les recruteurs nous ont repérés depuis longtemps. C'est ainsi que nous mettons la « Madeleine de Proust » en place, avec les parents, en totale discrétion jusqu'au jour où le jeune réagit à la « Madeleine de Proust ».
Dès que les parents nous disent que le jeune a ressenti quelque chose, nous mettons en branle tout un dispositif. Il nous faut être réactifs ; nous lançons toute une équipe que nous avons déjà prévue...

Quelle est la composition de cette équipe ?

Dounia Bouzar : En fait, pendant que nous préparons la « Madeleine de Proust » en sous-marin avec les parents, nous travaillons aussi sur le profil du jeune pour identifier la manière dont les recruteurs ont hameçonné ce jeune. Au contraire d'Al Qaïda traditionnel, les nouveaux recruteurs de Daesh et d'Al Nosra s'adaptent au profil de chaque jeune. Ils le font parler et voient si le jeune a la haine, s'il a besoin de vengeance, s'il veut se rendre utile, s'il a été violenté et qu'il cherche une protection. Ils sondent le jeune pour savoir s'il aspire à être un héros, un sauveur, ou encore s'il a eu un décès dans sa famille dont il n'arrive pas à faire leur deuil.

Ce sont les mythes dont vous parlez dans votre rapport annuel ?

Dounia Bouzar : Exactement. En bref, vous avez le « mythe Mère Térésa » pour les jeunes qui veulent aller sauver les enfants gazés en Syrie par les troupes de Bachar al-Assad. Vous avez le « mythe de la Belle et du prince barbu » pour les filles qui croient avoir trouvé un mari protecteur pour la vie. Il y a le « mythe du Sauveur » qu'ils servent aux jeunes qui ont souvent un deuil à faire. Le « mythe de Lancelot » ou du noble chevalier prêt à tout pour éliminer le maximum de soldats ennemis...
Ces mythes ont des raisons implicites et des raisons explicites que nous avons détaillées et ajoutées à notre rapport annuel de 2015. En préparant la « Madeleine de Proust », nous apprenons précisément avec quel mythe le jeune a été « mordu ».

Désormais, vous connaissez le mythe du jeune. La « Madeleine de Proust » a fait son effet. Que faites-vous de tout cela ?

Dounia Bouzar : Nous avons déjà préparé un ou deux repentis qui ont été mordus de la même façon que le jeune, des anciens embrigadés qui étaient porteurs du même mythe et nous les gardons au chaud. Lorsque le parent nous annonce que son enfant a craqué, c'est l'effervescence dans le groupe de travail. Des moments de grande délivrance ! Mais le plus dur reste à venir, car il faut que le parent nous amène le jeune sans lui dire qu'il nous l'amène.
En d'autres termes, il nous faut mettre en place un scénario à servir au jeune pour qu'il suive ses parents jusqu'à nous. C'est une étape délicate, un quitte ou double, parce que si nous ratons notre coup, nous n'aurons pas de seconde chance. Ce n'est pas une thérapie classique où on se quitte en se donnant rendez-vous.

Cela doit vous rappeler vos années de metteur en scène de théâtre !

Dounia Bouzar : Oui, tout à fait ! Mais plus que cela, car, lorsque le jeune arrive, il me voit et me reconnait mais, en même temps, il entend le repenti qui me parle intensément. Le repenti me parle précisément de recruteurs que le jeune connait. Il les cite nommément par leurs pseudo, dont le radicalisé est familier. Il nous entend parler de « ses frères » et de « ses sœurs ».
C'est très déstabilisant pour lui. En général, il s’assoit dans un coin, en silence, les yeux baissés sur ses chaussures… Sur 1 000 jeunes que nous avons reçus ainsi, aucun n'a quitté la salle.

Le jeune est dans son coin. A quel moment lui adressez-vous la parole ?

Dounia Bouzar : On ne lui adresse pas la parole. On ne prête absolument aucune attention à sa présence. Mon repenti et moi faisons complètement mine d'ignorer sa présence parce qu'il ne faut surtout pas qu'il se doute qu'il est notre cible. Mon repenti et moi restons à fond dans notre échange, en parfaite complicité. Cela nous est facile parce que, bien souvent, il s'agit de quelqu'un que j’ai déradicalisé moi-même. Notre complicité est réelle même si, pour l'occasion, nous la mettons en scène. Le radicalisé suit cet échange et cela le déstabilise parce qu'il connait bien les gens dont nous parlons et il entend le repenti parler comme lui-même.

Déradicalisation, la méthode Dounia Bouzar expliquée (2/3)

C'est quand même curieux que vous ne lui adressiez pas la parole…

Dounia Bouzar : Indirectement, nous nous adressons à lui parce que mes questions ne sont pas anodines. D'une part, j'ai choisi des repentis qui sont en miroir avec lui. D'autre part, mes questions aux repentis sont en réalité des questions qui s'adressent à notre radicalisé assis en silence dans son coin. En fait, ce qu'il entend de mon dialogue avec le repenti n'est que sa propre histoire racontée par un autre.

Petit à petit, il commence à redresser la tête, à lever les yeux, à détendre la mine un peu, à tendre gentiment l'oreille... Furtivement, son regard glisse sur le repenti, puis sur le parent invité à témoigner… Puis, hop ! Il ramène les yeux de nouveau sur ses chaussures avant de lever doucement la tête pour reprendre son manège plusieurs fois... Il arrive le moment où il jette un œil sur moi, une fois, deux fois, trois fois... Et, en général, au bout de deux heures, il s'effondre ! Des jeunes explosent et se mettent à quatre pattes aux pieds de leurs parents pour leur demander pardon, etc. Des scènes difficiles qu'il faut vivre pour comprendre... Nous sommes tous servis en émotions à la fin d'une telle rencontre.

Et tout cela se déroule dans une salle de location ?

Dounia Bouzar : Oui, tout à fait. Ce sont parfois des salles qui nous coutent assez cher, parfois 500 €. Mais, surtout, nous devons constamment en changer parce que nous n'avons pas le droit de nous réunir deux fois dans le même lieu.

Qu'advient-il ensuite ?

Dounia Bouzar : A notre première scène d’aveux, nous savions désormais que c'était possible. Mais notre surprise fut que le jeune soit disposé à se livrer sans réserve : il raconte tout, qui lui a parlé, ce qu'ils se sont raconté... Il produit des noms, des numéros de téléphone, des adresses, des kunya (« noms de guerre » usuels entre combattants, ndlr), etc. Parfois ils nous donnent leur filière et nous pressent de rattraper une petite fille de 13 ans qui a rendez-vous dans 2 heures à tel endroit pour partir en zone avec un couple... Nous faisons alors une pause pour alerter la police. Bref, c'est le genre de choses incroyables que nous avons vécues.

On peut donc dire que le jeune est revenu à la réalité.

Dounia Bouzar : A nos débuts, nous pensions que le jeune était sauvé. Hélas, non ! Nous savons désormais qu’il a seulement eu un premier doute. Nous comprendrons progressivement qu'il va falloir une dizaine de doutes pour qu'il s'en sorte complètement. Il passera par une période d'ambivalence durant plusieurs mois. Il se reconnectera, retrouvera sa tribu numérique pour dire aux recruteurs qu'il les a démasqués. Puis, les recruteurs, de nouveau, réussiront à le faire plonger. Puis nous allons nous le déchirer ainsi, comme les enfants dans certains couples qui divorcent... Cela va durer de longs mois au cours desquels nous devons revoir le jeune jusqu'à ce qu'il finisse par dire : « Je ne sais pas lequel de vous a raison ! » Et il va falloir supporter cela.

Que propose le CPDSI à ce stade de la guérison ?

Dounia Bouzar : Nous lui offrons un espace de parole où il a le droit de dire qu'il est paumé, un espace où il a le droit de penser que c'est Dounia qui l'endoctrine. Le CPDSI lui offre cet espace sans le juger. Notre méthode d'aide est à géométrie variable sur les recommandations de notre superviseur, le psychologue Serge Hefez (psychiatre spécialiste de la question d'adolescence, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris, ndlr) : seul, en petit groupe, avec « les rescapés », avec les parents.

Ce guet-apens est intrigant. Surtout le rôle du repenti. Que dites-vous au repenti miroir ?

Dounia Bouzar : Je lui explique qu'il est inutile d'aborder les questions théologiques. Il ne doit surtout pas parler d'islam, d'interprétations du Coran, etc. Tout cela ne m'est d'aucun intérêt. Je lui demande de se contenter de témoigner de son histoire. Ce qu'il ressentait, ce qui le motivait dans sa relation avec son groupe virtuel, les raisons de son exaltation, pourquoi la perte de la tribu numérique est difficile, pourquoi il croyait en eux, ce qu'il voulait réaliser là-bas, pourquoi il ne parlait plus à ses parents, pourquoi il était dur avec ses amis... Je lui interdis de parler de Dieu, de la religion et des interprétations.

Déradicalisation, la méthode Dounia Bouzar expliquée (2/3)

Savez-vous précisément pourquoi cela fonctionne ?

Dounia Bouzar : Cette méthode fonctionne parce qu'elle fait apparaitre des incohérences au moins à deux niveaux. En premier lieu, elle met en lumière les incohérences entre les promesses des recruteurs jihadistes et le besoin du jeune radicalisé. Dans un deuxième temps, elle montre les incohérences entre les promesses des recruteurs et ce qui se passe sur le terrain. J'ai une rescapée de Daesh qui, une fois sur zone, a refusé de se marier parce que telle n'était pas sa motivation dans son engagement. Parce qu'elle ne voulait pas se marier, son groupe de sœurs qui l'avaient valorisée, bichonnée se sont toutes retournées contre elle. Elles l'auraient tuée si Daesh ne l'avait pas mise en prison pendant six mois. Je fais venir Hanane, dont je parle dans « La vie après Daesh » (Edition de l’Atelier, 2015), pour raconter comment, dans sa prison, elle n'a même pas eu le droit d'avoir un Coran parce qu'ils n'en ont pas. Or, même dans une prison française, le prisonnier peut disposer d'un livre de Coran !

Ces incohérences qui apparaissent dans cette deuxième phase de la méthode vont effriter la vision que le radicalisé a du monde ; des incohérences entre les promesses et la réalité. Donc c'est la vision du monde qui s'effrite ici, on commence à attaquer son système cognitif. Cela intervient après que la carapace s'est fendillée dans la première étape qu'est la « Madeleine de Proust ».

Vos jeunes sont-ils alors ouverts au discours d'un imam ?

Dounia Bouzar : Lorsqu’il se met à penser par lui-même, le jeune retrouve soudain sa curiosité. On sent qu'il est en demande de savoir ce qu'est l'islam. Il veut voir un psychologue pour comprendre comment il a pu être aussi faible et manipulable. C'est alors que nous l'orientons vers un imam ou que nous le dirigeons vers un cabinet de psychologues. A ce stade, il n'y a presque plus de problème. Mais nous ne le lâchons pas brutalement. On s'en détache lentement en le voyant, par exemple, une fois par mois, puis une fois tous les deux mois, jusqu'à ne plus le retrouver que lors d'un repas annuel ; à l'Aïd ou à Noël.

Avez-vous idée de ce qu'ils deviennent après le CPDSI ?






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