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Sur le vif

Demantèlement à Calais : entre incendies, coups de feu et tri au faciès

Rédigé par Saphirnews | Mercredi 26 Octobre 2016



La tension est montée d'un cran lors de la deuxième journée de l'opération de démantèlement des camps de Calais. Les associations déployées sur le terrain pour venir en aide aux migrants craignaient des incidents. Leurs craintes semblent désormais fondées.

Mardi 25 octobre dans l'après-midi, deux adolescents soudanais ont été pris pour cible par un tireur circulant en voiture sur la route de Gravelines. Un coup de feu a été tiré mais il n'a pas fait de victime. Le tireur serait un quadragénaire qui circulait dans une petite voiture rouge. « Il était seul dans la voiture. Il s’est arrêté, il a tiré, et il a redémarré, en roulant très vite » , témoigne un des jeunes pour Libération. « Quand on a aperçu l’arme, dirigée vers nous, on a commencé à courir. (…) Ça fait mal de savoir qu’il y a des gens qui ont autant de haine. On a fui notre pays pour trouver la sécurité, et la paix. On ne pensait pas qu’un citoyen français pouvait faire ça », ajoute-t-il.

Des tris au faciès dénoncéss

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a de son côté décidé de quitter le camp pour protester contre le tri au faciès des mineurs. « Tous ceux qui se déclaraient mineurs devaient avoir droit à un entretien, et en cas de doute, un deuxième entretien était prévu. Mais ce matin, j'ai vu une jeune femme de l'association France Terre d'Asile écarter un tiers des personnes (avant le centre d'accueil provisoire pour mineurs), sans même leur poser une question. (...) Avec ce simple tri au faciès, il était impossible de savoir s'il y avait bien des adultes ou non ! », explique pour France Info Franck Esnée, chef de mission à MSF. De son côté, Pierre Henry, président de France Terre d'Asile, nie en bloc et affirme que seulement sept migrants ont été écartés et qu'elles sont ensuite passées « dans la file des adultes et sont partis en centre d'accueil et d'orientation avec le sourire ». En deux jours, 800 mineurs ont été mis à l'abri selon l'ONG.

Dans la soirée, plusieurs incendies ont été allumés au sein du campement, obligeant les autorités à évacuer 150 à 200 migrants. « Dès 21h, des départs de feux malveillants se sont déclarés de part et d'autre de la Lande (le nom officiel du camp, ndlr) mais cela a pris une tournure plus sérieuse en seconde partie de nuit », explique Philippe Mignonnet, adjoint au maire de Calais.

En effet, les feux ont occasionné l'explosion de deux bouteilles de gaz pendant la nuit. Un réfugié syrien a été blessé légèrement aux tympans et a dû être transporté à l'hôpital. D'après la préfecture, les incendies se sont « intensifiés entre minuit trente et trois heures du matin, notamment dans la "zone des commerces" », à l'entrée du camp. Des pompiers sont venus de Calais, Marck-en-Calaisis, Desvres et Saint-Omar. Ils ont été victimes de caillassages, et il a fallu l'intervention des CRS pour les protéger. Pour Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais, les incendies ont été causés par les migrants eux-mêmes qui ont agit selon une « tradition » qui consiste à brûler leur cabane avant de partir.

Les lieux associatifs tels que Women and Children Center et Youth Center qui abritaient des femmes et des enfants ont été ravagés par les flammes. Par ailleurs, plusieurs dizaines de mineurs qui n'avaient pas pu trouver de place au centre d'accueil provisoire ont dormi dans les mosquées du camp. En deux jours, plus de 4 000 personnes ont été évacués. Selon les autorités, il en resteraient encore un millier à déplacer mercredi 26 octobre.





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