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Société

Charlie Hebdo : la Grande Mosquée de Paris contre l'islamophobie

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 4 Novembre 2011

L’affaire « Charia Hebdo », qui a pris une nouvelle tournure avec l’incendie de ses locaux, continue de susciter l’émoi. Prise au dépourvu mais consciente de l’ampleur, la Grande Mosquée de Paris a convoqué la presse jeudi 3 novembre pour les mettre en garde contre toute « affirmation hasardeuse concernant les auteurs » de l’incendie qui contribue à l’islamophobie ambiante.



Charlie Hebdo : la Grande Mosquée de Paris contre l'islamophobie
Devant le pataquès médiatique provoqué par Charlie Hebdo, les responsables de la Grande Mosquée de Paris (GMP) se sont mobilisés d’urgence pour faire une mise au point publique jeudi 3 novembre. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP), Dalil Boubakeur, a ainsi rappelé sa condamnation « absolue » et « sans ambiguïté » de l'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo mais a mis en garde contre toute « affirmation hasardeuse concernant les auteurs » qui ont porté « atteinte à la liberté de la presse ».

Même son de cloche de la part d’Abdallah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM). « Tant que les criminels ne sont pas identifiés, il faudrait arrêter de fantasmer sur l'islam et les musulmans », a-t-il déclaré à la presse. « Il y a certes chez nous des intégristes, mais il y en a ailleurs », a-t-il souligné.

« Pourquoi, aujourd'hui, les uns et les autres veulent remettre en cause l'intégration de plus de 7 millions de musulmans au motif que deux crétins, dont on ne connaît pas du tout les origines, puissent mettre cela en doute ou s'attaquer à la presse ? », s'est insurgé Abderahmane Dahmane, l'ex-conseiller à l'Elysée chargé de la Diversité.

Tous ont déclaré leur « impatience » de connaître les résultats de l'enquête de la police judiciaire de Paris.

La GMP met en garde contre l’islamophobie

Le nombre d'actes islamophobes a augmenté de 22 % au cours des neuf premiers mois de 2011, a annoncé M. Zekri. Ces chiffres émanant du ministère de l'Intérieur ne tiennent cependant compte que des plaintes déposées sur cette période, soit 115 au total dans les commissariats de France pour des profanations de cimetières, de mosquées, des agressions, des insultes, des provocations, des livres de Coran brûlés et jetés dans les poubelles, a-t-il précisé.

Mais peu de musulmans osant encore porter plainte, la progression des actes islamophobes serait de l’ordre de 50 % selon M. Zekri, qui craint une dégradation de la situation dans les mois qui précèdent les élections présidentielles. Il a appelé de ses vœux que « l’énergie » mis par le ministère et les services de police pour retrouver les auteurs de l’incendie criminel soit « la même que pour les criminels qui profanent les mosquées et les cimetières ».

La charia expliquée aux médias

M. Boubakeur, qui reconnaît à la communauté musulmane « un déficit de communication », a appelé les médias à un usage raisonné du terme « charia », qui « fait frémir la presse et l'Occident » mais qui a été utilisé en connaissance de cause par Charlie Hebdo.

« Nous sommes persuadés que les gens qui utilisent le mot "charia" ne savent même pas » la signification du mot, « très précise dans l'islam », a-t-il estimé. La charia « est un système de règles qui régissent notre vie quotidienne. Si l'on peut trouver l'équivalent dans le monde catholique, il y a un droit très clair, qui s'appelle le droit canon », a ainsi expliqué le recteur, aux côtés de Djelloul Seddiki, directeur d’Al-Ghazali, l'Institut de théologie de la GMP, qui a rappelé la place sacrée qu'occupait le Prophète Muhammad dans le cœur des musulmans, pratiquants ou non.

« On ne peut pas résumer ça à un titre », a ajouté M. Boubakeur. Ce que Charlie Hebdo n’a pas hésité à faire pour vendre son sacré numéro.






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