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Sur le vif

Bourgoin : les parents, soupçonnés d'islamisme radical, récupèrent leurs enfants

Rédigé par Benjamin Andria | Mardi 24 Février 2015



Les décision de placement des enfants de la famille Msakni a été levée lundi 23 février par la justice.
Les décision de placement des enfants de la famille Msakni a été levée lundi 23 février par la justice.
Le juge des enfants de Bourgoin-Jallieu (Isère) a décidé, lundi 23 février, de lever le placement des cinq enfants écartés de leurs parents fin janvier. Le père de la famille Msakni s'était vu reprocher une pratique de l’islam supposée « radicale ». Pesaient également sur l’homme, âgé de 30 ans, des soupçons de maltraitance sur les enfants de sa compagne en Tunisie, des suites d'une plainte du père, avait fait part le parquet pour justifier le placement des enfants, dont un bébé de trois mois, qu'il a eu avec son autre épouse en France.

« Nous sommes sur une logique de protection des enfants face à des pratiques de la religion qui sont susceptibles de porter atteinte à leur sécurité morale et matérielle », précisait Cédric Cabut, procureur de la République de Bourgoin-Jallieu. Des accusations que la famille Msakni a réfutées en bloc. Le couple avait témoigné sa détresse par le biais de vidéos publiées sur le Web et avait dénoncé l'attitude répressive des autorités renforcée après les attentats de Paris.

La Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), qui a suivi le dossier dès le départ pour dénoncer une « islamophobie d’Etat », a salué la décision, sans pour autant être totalement satisfaite. « Nous souhaitons que la justice lève les restrictions, sans fondement sérieux, imposées à cette famille. La liberté de voyager et de se déplacer est une liberté fondamentale et il n’y a aucune raison que cette famille et tous ses membres en soient privés », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

Le passeport (tunisien) du père de famille, mis en examen pour « violences aggravées », a été confisqué par les autorités qui l’accusent de vouloir partir vers des « terres de jihad ». Or, la seule destination à laquelle le père de famille se préparait à rejoindre était la Tunisie. C'est d'ailleurs dans ce pays qu'il se trouvait en janvier quand la décision du placement des enfants a été prise. En apprenant la nouvelle, il était revenu le lendemain en France.

Pour la CRI, « il est indispensable maintenant de faire condamner les fonctionnaires zélés et irresponsables qui ont commis ces bavures administratives et judiciaires ». Une assistance éducative sera fournie à la compagne officielle et mère des cinq enfants, pendant un an.

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