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Bien-être

Alimentation saine et sport aux sources de l’équilibre du musulman

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 5 Mai 2014

Parce qu’être musulman n’immunise pas contre les problèmes de santé, une campagne de prévention sur la nutrition était relayée lors de la 31e Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) en avril. L’expression « Un esprit sain dans un corps sain » y avait toute sa place.



Alimentation saine et sport aux sources de l’équilibre du musulman
« Au moins 5 fruits et légumes par jour », « De l’eau sans modération ! », « Bouger chaque jour, c'est bon pour la santé » : tels sont les messages inscrits sur des dépliants colorés émanant du Programme National Nutrition Santé (PNNS) distribués à la 31e Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), qui organisait pour la première fois un tournoi de foot en extérieur.

Ils faisaient écho à la conférence organisée le 19 avril au sein de l’espace famille par Hassan Younes, un docteur en nutrition. Avec son exposé intitulé « Ma santé dans mon assiette », il avait alors présenté, devant une salle comble, les bonnes pratiques à adopter pour prendre soin de sa santé à travers son alimentation. Devant un auditoire composé majoritairement de musulmans, le docteur a eu à cœur de s’appuyer sur des prescriptions religieuses musulmanes, en citant le Coran et des hadiths (récits) du Prophète Muhammad.

Alimentation saine et sport aux sources de l’équilibre du musulman

Gare aux excès

A l’alimentation équilibrée, il a ainsi mis en parallèle l’équilibre de l’islam, religion du juste milieu. « Et mangez et buvez et ne commettez pas d’excès » et « Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des démons », a-t-il ainsi tiré du Coran, en soulignant qu’il ne fallait n’y se priver de nourriture ni en gâcher.

Comme l’aliment idéal n’existe pas – à part le lait maternel pour le nourrisson –, il est « nécessaire de diversifier son alimentation ». Tous les « aliments consommés sont ressentis par notre corps autour de l’âge de 50-60 ans », a-t-il mis en garde. La nourriture que nous ingurgitons tout au long de notre vie a donc un impact sur notre santé plus tard. Alors si cette alimentation accumulée est mauvaise, bonjour les dégâts.

Malheureusement, dans la société de consommation actuelle, la malbouffe a pris une large place. Et cela va de mal en pis. Pour exemple, les calories d’un repas de fast-food classique ont largement augmenté ces dernières années, avec 200 calories supplémentaires pour une barquette de frites, illustre Hassan Younes. Une alimentation trop calorique combinée avec une sédentarité favorisée par l’essor des écrans (jeux vidéo, télévision, téléphone) entraînent des « déséquilibres sur la santé » comme « l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers ».

Plus grave encore, le gras accumulé peut provoquer des accidents vasculaires cérébraux (AVC), qui touchent toujours plus de personnes en France. Chaque année, « 130 000 à 150 000 personnes en sont atteintes, 40 000 en meurent et 30 000 restent handicapées », fait savoir le docteur.

Le stade de football installé à la 31e RAMF.
Le stade de football installé à la 31e RAMF.

Lisez les étiquettes des aliments

La communauté musulmane n’est pas épargnée. En France, issue majoritairement de l’immigration maghrébine, elle est adepte de produits carnés et de plats riches porteurs de mauvais cholestérol qui peut boucher dangereusement les artères. Pour éviter ces risques, M. Younes expose des conseils dont certains sont largement relayés par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) via le PNNS.

Il rappelle ainsi qu’il faut manger trois repas par jour avec un petit déjeuner copieux et un dîner léger, ne manger des frites qu’une fois par semaine et pratiquer une activité physique modérée en marchant au minimum 30 minutes par jour.

Les personnes ayant des problèmes de poids doivent consulter un médecin et éviter les régimes à répétition. Il faut également arrêter de fumer, alerte le docteur, qui salue le fait que la communauté musulmane ne soit pas concernée par la consommation d’alcool, interdite en islam. « Lisez les étiquettes » des aliments, insiste-t-il, déplorant que « notre communauté ne lit que le prix ».

Mohamed Ali en exemple

« L’esprit sain se trouve dans le corps sain », commente le docteur en nutrition. Ce corps sain passe par la pratique d’un exercice physique. Si, avec l’INPES, il s’accorde pour dire que marcher quotidiennement suffit à se maintenir en forme, les plus déterminés peuvent aller plus loin en s’inscrivant dans un club ou une salle de sport.

A la 31e RAMF, la compatibilité entre islam et sport était illustrée par une exposition mettant notamment en avant Mohamed Ali, le légendaire boxeur américain converti à l’islam. A côté de cette exposition, des séances de self défense ou encore de taekwondo était proposées aux hommes comme aux femmes.

Du côté de la gent féminine, parmi les animatrices de ces séances, on comptait des coachs de deux exposants présents au Forum Génér’Action, New Sport Etic et Elles & Dyn. Ces deux organismes proposent des séances de sport uniquement aux femmes en Île-de-France. Malheureusement, pour celles qui veulent entretenir leurs corps, ces structures restent peu nombreuses.

Amira, étudiante et coach de boxe et de fitness.
Amira, étudiante et coach de boxe et de fitness.

Le sport pour retrouver confiance

Autour d’une table ronde intitulée « Comment pratiquer du sport en alliant nos convictions religieuses ? », le 20 avril, les responsables de New Sport Etic (NSE) et Elles & Dyn ont pu en faire le constat. Pourtant, pour Sajida Vancouvert, la présidente de NSE, qui a pour devise « L’équilibre entre le corps et l’esprit », des salles 100 % féminines sont nécessaires car elles permettent aux femmes musulmanes d’« être complètement elles-mêmes ». « Peu d’associations proposent des cours avec des coachs diplômés », regrette pour sa part son homologue d’Elle & Dyn. « Il faut qu’une dynamique se créée », lance-t-elle.

Amira, jeune entraîneuse de boxe et de fitness, va plus loin en invitant les femmes musulmanes à « faire des formations de fitness et former des structures ». La jeune étudiante en psychologie de Clermont-Ferrand, qui coache des femmes de tous âges depuis six ans, estime que le sport leur permet de « retrouver confiance en elles ».

Discriminées, notamment dans le monde du travail, premières victimes des actes islamophobes, les femmes voilées ont bien besoin de cette confiance qu’elles peuvent avoir en pratiquant un sport comme la boxe ou en s’initiant aux techniques de self défense. Même si le sport peut être un terrain d’exclusion pour elles, comme l’illustre la position de la Fédération française de football (FFF) d’interdire le voile, elles ont tout intérêt à l'investir pour leur équilibre.

« Le corps est un dépôt de Dieu. Nous avons un devoir d’en prendre soin », y étaient-elles encouragées lors de la table ronde. Une activité physique couplée à une alimentation saine ne peut qu'améliorer l'état d'esprit de chacun(e).





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