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Société

Al-Qaradawi et El-Masri interdits en France, l’UOIF regrette la controverse

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 27 Mars 2012

Les cheikhs Yusuf al-Qaradawi et Mahmoud al-Masri ne seront pas au Salon du Bourget de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) cette année. Le gouvernement français a interdit le territoire français à ces deux célèbres prédicateurs après que le Front national a lancé la polémique quelques jours plus tôt. Une conséquence directe du drame de Toulouse que l’UOIF regrette, sans pour autant montrer ses dents aux autorités. L’Union internationale des savants musulmans, dirigée par Al-Qaradawi, s’est indignée de la décision française.



Yusuf Al-Qaradawi (à g.) et Mahmoud El-Masri, interdits de territoire français.
Yusuf Al-Qaradawi (à g.) et Mahmoud El-Masri, interdits de territoire français.
Le Front national aboie, le gouvernement suit. Il a en effet suffi que l'extrême droite – et accessoirement Mohamed Sifaoui – dénoncent la venue de Mahmoud Al-Masri et surtout de Yusuf Al-Qaradawi à la 29e édition du Rassemblement annuel des musulmans de France (RAMF) au Bourget pour que le gouvernement décide sans tarder d’interdire leur présence.

Une conséquence directe mais inattendue des récents événements à Toulouse qui monopolisent l’actualité depuis le 21 mars.

Nicolas Sarkozy a personnellement réagi lundi 26 mars sur cette nouvelle affaire, déclarant à propos de Yusuf Al-Qaradawi que ses « discours ne sont pas compatibles avec l'idéal républicain ». Le président-candidat a précisé qu'il avait pris soin d'indiquer à « l'émir du Qatar lui-même que ce monsieur n'était pas le bienvenu sur le territoire de la République française ».

Pris de court par la prise de position du chef de l’Etat, l’UOIF a convoqué la presse le soir même à son siège pour espérer se faire entendre et s’en prendre au FN. « L’UOIF s’étonne de la controverse actuelle provoquée par un communiqué » du parti « diffusant des informations inexactes au sujet de cheikh Qaradawi alors que ce dernier est venu à plusieurs reprises en France et en Europe » tout comme Mahmoud Al-Masri, sans que cela pose aucun problème pour les autorités françaises.

Al-Qaradawi, « un homme de paix » et « du juste milieu »

Dans les faits, ces deux hauts personnages, qui exercent une influence conséquente auprès des musulmans à travers des chaînes satellitaires très regardées dans le monde arabe (Al-Jazeera pour l’un, Iqra pour l’autre), n’avaient pas besoin de visas en avril pour se rendre en France.

El-Masri en avait déjà un pour l’Europe, octroyé depuis plusieurs semaines et qui lui avait permis de venir en France en février. Quant à Al-Qaradawi, il possède un passeport diplomatique du Qatar. C’est pourquoi les autorités ont pris la décision de leur interdire tout bonnement le territoire français.

« L’UOIF regrette que des informations peu crédibles rapportées par l’extrême droite soient à l’origine d’une telle polémique », a déclaré le président de l'organisation Ahmad Jaballah, décrivant le cheikh Al-Qaradawi, principal critiqué, comme « un homme de paix et de tolérance qui a œuvré pour l’ouverture et la modération et dont les positions ont toujours été en faveur de la justice et de la liberté des peuples » et exerçant « une influence positive dans le monde musulman ».

Ahmad Jaballah, président de l'UOIF.
Ahmad Jaballah, président de l'UOIF.

Une instrumentalisation politique du drame de Toulouse

A 86 ans, Yusuf Al-Qaradawi n’avait pas confirmé sa venue au Salon en raison de son état de santé, nous apprend M. Jaballah. Le problème n’en reste pas moins le même : l'instrumentalisation politique de l'affaire Merah puisque, en d'autres circonstances, sa venue serait passé inaperçue. Si le dirigeant de l'UOIF s’en prend frontalement au FN, il n’en a pas fait autant lundi à l’encontre du gouvernement. En interdisant des savants musulmans à se rendre en France, le président-candidat a pourtant validé les thèses du FN, alors même qu’il prenait le soin jusque-là d’affirmer son refus de l’amalgame entre l’islam, les musulmans et les actes du tueur présumé Mohamed Merah.

L’UOIF « regrette que le climat de suspicion envers la communauté musulmane soit à l’origine d’une polémique à propos d’une information disponible depuis des mois » et « appelle les acteurs politiques et médiatiques à ne pas tomber dans l’amalgame nauséabond reprenant les thèses de l’extrême droite et instrumentalisant la tragédie de Toulouse ».

Pour sa part, l’Union internationale des savants musulmans, dirigée par Al-Qaradawi, s’est indignée de la décision mais a dit « respecter la souveraineté des États et leurs décisions ». Elle a également fermement condamné les attaques contre l’école juive de Toulouse. Une rencontre entre l’UOIF et le ministère de l’Intérieur est prévue cette semaine dans le but, espère M. Jaballah, d’obtenir « des explications et ses fondements » au sujet de l'interdiction.




Hanan Ben Rhouma


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