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Sur le vif

À Ceuta, les musulmans vont pouvoir récupérer leurs noms de famille

Rédigé par | Mercredi 2 Mars 2016



L’Assemblée de Ceuta, enclave espagnole sur le littoral marocain, a approuvé à l’unanimité mercredi 24 février, le projet de récupération des noms de familles des citoyens espagnols de confession musulmane. Le groupe parlementaire Caballas est à l’origine de cette initiative qui vise à réparer une injustice.

En 1986, en échange de mesures pour améliorer les conditions économiques et sociales des habitants musulmans de Ceuta comme de Mellila, le gouvernement de Felipe Gonzalez avait exigé qu’ils changent leurs noms de famille en les remplaçant par les prénoms de leurs père et grand-père. Selon Yabiladi, cette condition avait été acceptée par une population qui vivait dans la précarité et rêvait de tirer profit de l’adhésion de l’Espagne à la Communauté économique européenne (CEE absorbée ensuite par l'UE).

Aujourd’hui 40 % de la population de Ceuta est musulmane et l’immense majorité des habitants souffre de cette réforme. « Personne dans le monde ne s’appelle Mohamed Mohamed Mohamed à part à Ceuta et Mellila » déplorent les membres de Caballas. Les musulmans ceutiens sont ainsi sujets à de nombreuses difficultés administratives liées à la profusion d’homonymies. Selon Caballas, certains se sentent « déliés de leurs ancêtres ». L’organisation souligne également les situations ridicules dans lequel se retrouvent les femmes qui sont appelées par des noms d’hommes. À l’issue du vote, le député Juan Luis Arostegui a déclaré que « l’administration a contracté une dette de dignité auprès de toutes ces personnes et se doit de la solder ».

Une dette qui sera cependant difficile à régler car c’est désormais un nouveau casse-tête administratif qui attend les Ceutiens. Chacun des musulmans qui souhaiteront opérer un changement de nom de famille devra fournir des preuves concernant les véritables noms des deux parents et des deux grands-parents. Or, durant la première moitié du XXe siècle, seuls les noms des chefs de familles étaient recensés selon Jacinto Leon, responsable du Registre civil de Ceuta.


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