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  <title>Ma foi, le droit et moi</title>
  <description><![CDATA[]]></description>
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  <dc:date>2026-08-15T06:18:41+02:00</dc:date>
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   <title>Ma foi, le droit et moi</title>
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   <title>Un Noël pour tous</title>
   <pubDate>Mon, 20 Dec 2010 11:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Dounia Bouzar</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Mon boss]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/default/2561073-3612226.jpg?v=1302987546" alt="Un Noël pour tous" title="Un Noël pour tous" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous êtes animateur au sein d’une maison des jeunes, chargé de l’organisation du buffet de la fête de Noël pour tous les habitants du quartier.       <br />
              <br />
       L’objectif est de renforcer la cohésion sociale du quartier, en faisant en sorte que tous les habitants se rencontrent autour de ce repas de fête. Pour n’exclure personne, vous innovez en rajoutant du foie gras halal et casher à votre commande habituelle.       <br />
              <br />
       Cependant, les problèmes commencent : plusieurs adolescents, très impliqués dans la vie du quartier, déclarent qu’ils ne participeront plus à la fête de Noël tant qu’un repas n’est pas organisé pour l’Aïd : égalité des cultes oblige ! Max, également très actif dans le quartier, veut obtenir la garantie qu’aucune viande halal ne lui sera servie : il exige que sa liberté de conscience de non-croyant soit respectée.</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE DIT LA LOI ?</b>       <br />
              <br />
       Pour sortir de la longue histoire des persécutions religieuses, pour abolir le temps où « les sujets du roi » devaient embrasser « la religion du roi », l’article 1 de la loi du 9 décembre 1905 énonce que la République <span style="font-style:italic">« assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes »</span>, sauf entrave à l’ordre public.        <br />
              <br />
       Assurer la liberté de conscience, c’est permettre aux citoyens de croire, de ne pas croire, de croire en ce qu’ils veulent. La laïcité est un système juridique instauré pour que les Français puissent tous ensemble avoir un destin commun, avec leurs identités multiples, variées, qui peuvent d’ailleurs évoluer. La laïcité est instituée aussi pour qu’il n’y ait plus jamais de morale unique.        <br />
              <br />
       On peut donc être croyant et laïc, si on n’impose pas sa vision du monde aux autres. Mais on peut également être athée et non laïc, si on estime que l’athéisme est la seule façon d’être « évolué ».       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>MISE EN SITUATION</b>       <br />
              <br />
       Rien n’interdit à une maison de jeunes ou à un centre social d’organiser une fête dont la racine est religieuse. Le fait d’être « laïc » ne signifie pas d’être « antireligieux », d’autant que l’on peut en profiter pour en parler de manière historique et non pas sur le registre des croyances, afin de construire une culture partagée.        <br />
              <br />
       Noël ou l’Aïd peuvent être l’occasion d’une fête au centre social, à condition de créer un moment d’échanges collectifs autour de valeurs communes.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>ÉLÉMENTS DU DÉBAT</b>       <br />
              <br />
       Ce type de festivité doit suivre quelques principes fondamentaux :        <br />
       – aucune segmentation ne doit être pratiquée : tous les habitants sont invités à y participer, quelles que soient leurs croyances ou leurs non-croyances ;       <br />
       – aucun prosélytisme n’est déployé : la crèche n’est pas reproduite, il n’y a ni chants religieux, ni cérémonies religieuses, ni discours religieux ;       <br />
       – les professionnels doivent maintenir une posture neutre, sans afficher leur croyance personnelle.       <br />
              <br />
       Sur la question de l’alimentation, il s’agit donc d’appliquer la philosophie de la loi de 1905 et de montrer qu’aucune vision du monde n’est supérieure à une autre. Dans la gestion de la nourriture, cela peut se traduire ainsi : la liberté de conscience de l’un s’arrête où commence celle de l’autre et ne doit pas le séparer de l’autre. Ce qui revient à proscrire le « tout-halal » le « tout-casher » ou le « tout-porc ».       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>QUE FAIRE ?</b>       <br />
              <br />
       Vous tenez à atteindre votre objectif pédagogique de ce repas de fin d’année, qui consiste à rassembler les habitants pour « faire du lien ». Il s’agit de « manger ensemble », quelles que soient les convictions des uns et des autres.       <br />
              <br />
       Quelques mois auparavant, le groupe d’adolescents (qui refuse de venir au dîner) avait demandé aux animateurs l’autorisation d’organiser une fête à l’occasion de la fin du ramadan pour tous les musulmans et la réponse avait été négative. Ils réclamaient le droit de fêter l’Aïd entre musulmans comme les chrétiens fêtent Noël.        <br />
       Il y a eu un conflit d’équipe : une partie de vos collègues considéraient qu’on ne peut comparer Noël et l’Aïd, du fait que, pour eux, Noël n’est plus une fête religieuse mais est une simple tradition française… Ils ont estimé que le sapin était non pas un signe religieux, mais une tradition païenne. Ils ont donc refusé de fêter l’Aïd, qu’ils considéraient comme exclusivement religieux…       <br />
              <br />
       Vous pouvez donc aider ces jeunes à faire la « bonne demande » : au lieu d’organiser un « Aïd pour les musulmans », ils peuvent proposer un « Aïd ouvert à tous », de façon à ce que celui-ci puisse être investi comme une fête culturelle. Ainsi, l’« Aïd pour tous » (1) deviendra une fête culturelle partagée, comme le « Noël pour tous ».        <br />
              <br />
       En revanche, un Yom Kippour réservé aux juifs, un Aïd réservé aux musulmans ou un Noël réservé aux chrétiens relèveraient d’une gestion communautariste, incompatible avec les valeurs de la maison de jeunes et, notamment, avec son objectif pédagogique de mélange et du vivre-ensemble.        <br />
              <br />
       Ensuite, pour préparer ce fameux repas de Noël, vous maintenez votre décision et décidez de mettre à disposition des habitants une réelle diversité alimentaire sur les mêmes tables : foie gras habituel, foie gras halal et casher le cas échéant, porc, jus de fruit, alcools…, et vous commandez des « plats communs », réalisés à partir de poisson ou d’œufs, qui peuvent être partagés par tous.        <br />
              <br />
       Cela revient à garantir une diversité alimentaire de façon que ceux qui mangent de la viande halal se mélangent avec ceux qui préfèrent du porc et inversement. Cela transmet également le principe selon lequel aucune vision du monde ne s’impose comme supérieure, puisque toutes les références sont respectées, mais chacun doit accepter celle de l’autre.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout, vous demandez à vos animateurs de réagir fortement si :        <br />
       – Alain traite Karim ou David de <span style="font-style:italic">« pas civilisé »</span> parce qu’il pratique sa religion et que <span style="font-style:italic">« quand même, il devrait en finir avec tout ça »</span>… ;       <br />
       –  si Karim traite Alain de <span style="font-style:italic">« gros cochon »</span> parce qu’il mange du porc… ;       <br />
       –  si Pierre veut absolument faire boire Ahmed pour <span style="font-style:italic">« montrer qu’il est un homme »</span>… ;       <br />
       –  si Ahmed traite Kader de <span style="font-style:italic">« mécréant »</span> lorsqu’il se gave de charcuterie corse dont il raffole… ;       <br />
       –  si Alain traite Noémie d’<span style="font-style:italic">« endoctrinée »</span> parce qu’elle déclare s’être convertie… ;       <br />
       – si Noémie traite l’assiette d’Alain d’<span style="font-style:italic">« impure »</span>…       <br />
              <br />
       Bonnes fêtes à tous !       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Note</span>       <br />
       (1) Cela se passe ainsi à Marseille, où tous les Marseillais fêtent l’Aïd, quelles que soient leurs convictions, de manière cultuelle pour les uns et de manière culturelle pour les autres. « <a class="link" href="http://www.saphirnews.com/L-Aid-dans-la-cite-celebre-la-diversite-marseillaise_a11948.html" target="_blank">L’Aïd dans la cité</a> » est ainsi organisé depuis de nombreuses années par l’Union des familles musulmanes (UFM).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Halal, casher, végétarisme : la dame de la cantine a forcé mon enfant à manger de la viande</title>
   <pubDate>Tue, 30 Nov 2010 19:25:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Dounia Bouzar</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Mes gosses]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/photo/art/default/2517049-3544968.jpg?v=1291317654" alt="Halal, casher, végétarisme : la dame de la cantine a forcé mon enfant à manger de la viande" title="Halal, casher, végétarisme : la dame de la cantine a forcé mon enfant à manger de la viande" />
     </div>
     <div>
      <b>Cela fait plusieurs fois que votre enfant rentre de l’école élémentaire tourmenté. En discutant avec lui, vous finissez par apprendre que la dame de la cantine lui demande régulièrement de goûter la viande proposée au menu. Cela perturbe profondément votre enfant qui a l’habitude de ne manger que de la viande halal ou casher.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>QUE DIT LA LOI ?</b>       <br />
              <br />
       Selon le droit international et la Convention européenne des droits de l’homme, le droit à la religion ne peut être limité que si une loi est votée par un État qui prouve que sa manifestation entrave l’ordre public et la liberté d’autrui. Concernant l’alimentation, aucune loi n’a été votée, donc le principe de liberté religieuse prime.       <br />
              <br />
       À une condition : que la pratique religieuse n’entrave pas les objectifs recherchés par les cadres légal et constitutionnel (et, notamment, pour ce qui nous intéresse, le principe de non-segmentation des citoyens en fonction de leur religion, de leur philosophie, de leur genre, etc.).       <br />
              <br />
       C’est là qu’il peut y avoir débat : un « retour d’expériences » se construit progressivement dans le milieu scolaire. Dans le contexte actuel, certaines écoles qui ont introduit de la nourriture ritualisée (viande casher ou halal) au sein des restaurants scolaires témoignent que cela a provoqué une certaine « segmentation » des élèves. Les enfants se séparent selon ce qu’ils mangent : une sorte de rapport de force existe parfois entre ceux qui se moquent de leurs camarades ne consommant ni porc (ni viande) et ces derniers qui, à  leurs tour, rejettent ceux qui mangent « impur »… Personne ne respecte la liberté de conscience de l’autre.       <br />
              <br />
       Comment faire respecter la liberté de conscience fondamentale de votre enfant sans entraver le vivre-ensemble de l’école ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>MISE EN SITUATION</b>       <br />
              <br />
       Vous obtenez un rendez-vous avec l’élu municipal chargé de la restauration scolaire, pour expliquer votre situation. La communication n’est pas facile, car l’élu vous répond immédiatement qu’il ne <span style="font-style:italic">« cèdera pas à la surenchère »</span> : <span style="font-style:italic">« Maintenant que tous les services proposent un substitut pour remplacer le porc, voilà qu’une autre demande surgit, cela n’en finira donc jamais ! »</span>       <br />
              <br />
       Calmement, vous lui rappelez que cette demande est effectivement nouvelle pour deux principales raisons :       <br />
              <br />
       • la génération de vos parents estimait être de passage et mettait parfois certains rituels entre parenthèses, le temps de leur immigration. Ils pensaient devoir être discrets afin de respecter « leurs hôtes », puisqu’ils n’étaient pas chez eux. Au contraire, vous estimez être ici chez vous et ne voyez pas pourquoi le droit ne s’appliquerait pas à toutes les religions de la même façon puisque vous êtes des citoyens comme les autres ;       <br />
              <br />
       • certains savants religieux disaient auparavant que les musulmans pouvaient manger la viande des « gens du Livre », autrement dit celle des juifs et des chrétiens, puisqu’il s’agit du même Dieu. Aujourd’hui, estimant que les abattoirs industriels ne sont plus tenus par des chrétiens pratiquants et que les abatteurs ne s’adressent plus à Dieu lorsqu’ils tuent les animaux, de nombreux savants prônent le refus de la viande non ritualisée.       <br />
              <br />
       Vous demandez alors le minimum : qu’au moins on n’oblige pas votre enfant à manger de la viande non ritualisée !       <br />
              <br />
       L’élu vous répond qu’<span style="font-style:italic">« inciter les enfants à manger fait partie des missions du personnel »</span>, car un refus alimentaire peut révéler une dépression, un mal-être, une anorexie, une situation familiale douloureuse, etc. On doit donc traiter tous les enfants de la même façon : <span style="font-style:italic">« Pas de communautarisme ici. »</span>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>ÉLÉMENTS DU DÉBAT</b>       <br />
              <br />
       Du fait de son Histoire et de son système juridique laïque, on aurait pu s’attendre à ce que la France reconnaisse qu’un certain nombre de normes dites « neutres » sont en fait directement issues de l’Histoire chrétienne, et sont aujourd’hui devenues, sans qu’on le veuille, indirectement discriminatoires pour ceux qui ont d’autres références.        <br />
              <br />
       Cette reconnaissance n’a pas eu lieu et une partie des citoyens français n’a pas toujours conscience du poids de la religion chrétienne sur la construction des normes. Ils ont le sentiment que la « culture occidentale » a cessé d’être façonnée par le religieux, et que seul l’islam continue à être imperméable à la sécularisation.       <br />
              <br />
       Appréhender toute revendication sur la pratique musulmane comme du communautarisme repose sur le fait que l’islam est vécu comme une référence étrangère. C’est justement cela dont souffrent les musulmans nés en France, qui se considèrent ici chez eux.       <br />
              <br />
       On assiste à un véritable dialogue de sourds-muets. D’un côté, les décideurs politiques ont le sentiment que les musulmans « islamisent la France », en imposant leurs traditions et, de l’autre côté, prédomine le constat de ne pas être traités à égalité, au regard de la liberté de culte garantie par la République à tous ses citoyens.       <br />
              <br />
       Notons que la plupart des citoyens juifs pratiquants se sont finalement organisés en écoles privées. C’est pour cette raison que le débat de fond est ouvert pour la première fois par des musulmans qui souhaitent à la fois être en accord avec leur conscience et rester mélangés aux autres. Insistons sur ce point : ceux-là mêmes qui demandent des compromis refusent justement l’idée de s’organiser « entre eux ».       <br />
              <br />
              <br />
       <b>QUE FAIRE ?</b>       <br />
              <br />
       Il s’agit de désamorcer le rapport de force, mais comment ? Repasser par la loi peut être efficace, en rappelant que la liberté de conscience fait partie des droits fondamentaux de l’être humain, au même titre que le droit à l’intégrité corporelle. Et insister sur le fait que, pour vous aussi, c’est important que votre enfant se mélange avec ceux qui ont une autre vision du monde.        <br />
              <br />
       Et d’ailleurs, il y a peut-être une solution de compromis qui contenterait tout le monde : en plus du repas traditionnel classique, la cantine pourrait proposer un repas sans viande. Cela permet de satisfaire les revendications de certains mouvements « écolos » (qui demandent des repas végétariens), des juifs et des musulmans pratiquants, des enfants qui ne pourraient absorber de viande pour cause de cholestérol…        <br />
              <br />
       Cette proposition de repas végétariens (avec poisson, œufs, fromages ou équivalent) permettrait à tous ceux qui ne mangent pas de viande de s’inscrire à la cantine pour prendre leur repas avec leurs camarades, sans qu’il soit question de religion à un moment ou à un autre.       <br />
              <br />
       Ce compromis correspond à la volonté de chercher « le plus petit dénominateur commun » entre les enfants. Il a l’avantage de permettre à tous de partager le même repas, de manger ensemble à la même table et de ne pas introduire de référence religieuse dans l’espace public, tout en respectant les différences de chacun.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.saphirnews.com/dounia-bouzar/Halal-casher-vegetarisme-la-dame-de-la-cantine-a-force-mon-enfant-a-manger-de-la-viande_a5.html</link>
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