Sur le vif

Une ex-Femen accuse le mouvement de lavage de cerveau

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 12 Février 2014 à 14:05



Une ex-Femen, déçue par le mouvement dans lequel elle a milité pendant un an et demi, a décidé de raconter le calvaire qu’elle a vécu au sein de ce groupe connu pour ses actions coup de poing seins nus.

« On prépare ton esprit à l'intérieur pour l'extérieur », « tu n'existes plus en tant qu'individu », « tu ne penses plus par toi-même mais par le groupe, tu ingurgites ce qu'on t'apprend », « Femen transforme ton corps et ton esprit », confie-t-elle au Figaro, mardi 11 février. Les militantes sont soumises à un apprentissage mécanique de leurs principes qu’elles doivent « répéter encore et toujours ».

De plus, elles sont poussées à se donner corps et âmes à leur combat. L’ex-Femen raconte ainsi qu'elle devait rester disponible 24 heures sur 24, au détriment de son travail et de son couple. « Tu acceptes lentement une soumission que tu refuses à l'extérieur. Tu étais venue pour combattre quoi déjà ? Ah oui ! La soumission des femmes sous couvert de patriarcat », raconte la trentenaire, qui prépare un livre sur son expérience. Les Femen « ne respectent pas les femmes, les chefs de bande traitant leurs recrues comme de la chair à canon », résume son agent littéraire, Omri Ezrati.

La jeune femme n’est pas la seule à avoir eu un tel ressenti. « La quarantaine d'activistes est passée à une quinzaine seulement aujourd'hui », fait-elle savoir. Pour autant, elle, qui avait participé à la manifestation seins nus à Notre-Dame de Paris en février 2013, ne renie rien de son expérience et revendique toujours l'idéologie Femen.

Le mouvement anti-religions, dont les méthodes sont déjà très contestées, semblent ne pas respecter ses propres membres. Ses nombreux détracteurs réclament le retrait du timbre Marianne, inspiré par les traits de sa leader en France, Inna Shevchenko.

Le député UMP du Rhône, Georges Fenech, a saisi, lundi 10 février, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), estimant que Femen est « un groupuscule qui utilise des méthodes sectaires ». Dernièrement, le ministre de l’Intérieur a également condamné l’action d’une militante Femen dans l'église de la Madeleine, à Paris, le 20 décembre 2013.

Pour leur action dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, les activistes seront jugées devant le tribunal correctionnel de Paris, le 19 février prochain. Outre des actions dans des églises, les Femen ont également organisé un rassemblement devant la Grande Mosquée de Paris en avril 2013, sans suite à ce jour.

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