Sur le vif

Une conductrice arrêtée par la police car voilée ? La préfecture dément

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 21 Octobre 2019 à 01:49



Une conductrice en région parisienne a-t-elle été arrêtée par des policiers parce qu'elle était voilée ? Telle est l'histoire qui s'est grandement partagée sur les réseaux sociaux le week-end du 19 et 20 octobre, obligeant la préfecture de police à réagir pour démentir.

Les faits se sont déroulés dans la soirée du vendredi 18 octobre sur l'Île-Saint-Denis : une conductrice âgée de 35 ans a été interpellée par la police après avoir emprunté à vive allure une voie réservée aux tramways afin de dépasser une file de voitures.

Le ton est très vite monté, la conductrice refusant de sortir de la voiture et de montrer ses papiers d’identité. La conductrice a alors pris les passants à témoin pour soutenir qu’elle a été arrêtée à cause du voile, rapporte Le Parisien. Au milieu de toute cette agitation, une détonation a retenti : la police a abattu un labrador qui se faisait menaçant pour les agents. Le chien non muselé appartenait à la femme interpellée et s'était échappée de la voiture par l'habitacle.

L’interpellation particulièrement agitée a été, en partie, filmée par un passant. La vidéo tronquée a ensuite été relayée massivement sur les réseaux sociaux, en prenant pour argent comptant les dires de la conductrice selon laquelle elle a été arrêtée uniquement parce qu’elle était voilée. La viralité de la vidéo et de cette version, dans un contexte de débats sur le voile houleux, a obligé les autorités policières à démentir publiquement cette version.

L'appel au calme du maire de L’Île-Saint-Denis

La conductrice circulant à vive allure « a refusé le contrôle et a insulté les policiers. Elle a proféré des paroles faisant l’apologie du terrorisme, puis incité les passants à l’émeute », a indiqué la préfecture de police de Paris dans un tweet.

La femme a été placée en garde à vue au commissariat d’Aubervilliers puis a été libérée, dimanche 20 octobre. Elle devra comparaître devant le parquet de Bobigny pour « outrage, rébellion et menace envers une personne dépositaire de l’autorité publique ». En revanche, aucune charge d'apologie au terrorisme n'a été retenue contre elle.

Mise à jour : Le maire de L’Île-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly, a lancé, lundi 21 octobre, un « appel à la raison » via les réseaux sociaux, après avoir été interpellé tout le week-end par des habitants de sa ville et des médias après l’arrestation de l’automobiliste.

« A ma connaissance, les faits qui lui sont reprochés sont le refus d’obtempérer et l’outrage suite à un délit routier. (…) Quel est le rapport entre la nature des faits reprochés à cette citoyenne et le fait qu’elle porte le voile ? Je vous laisse imaginer le nombre de versions et d’instrumentalisations possibles sur le sujet, d’un côté comme de l’autre », a-t-il indiqué.

« Je refuse de céder à l’emballement médiatique et rappelle ici quelques principes sur lesquels nous ne transigerons jamais. Chaque citoyen est libre de sa tenue vestimentaire dans les conditions prévues par la loi. Chaque citoyen est responsable de ses actes. Chaque citoyen a droit au même traitement. Le rôle de la police est indispensable pour la vie en société, son exemplarité également. C’est pour préserver tous ces principes qu’il faut se battre, non pas les uns contre les autres mais tous contre ce qui nous empêche de vivre ensemble ! », a signifié le maire.

« Ce qui est en jeu c’est notre cohésion locale et nationale, notre existence en tant que peuple. On ne se rassemble pas dans la peur, la haine réciproque et le repli sur soi. (…) Restons unis et luttons tous ensemble pour le respect réciproque, la vérité, la justice et la paix », conclut-il.

Lire aussi :
Sorties scolaires : le recadrage salutaire d'Edouard Philippe, qui refuse une loi d'interdiction du voile
La « vive inquiétude » du CFCM face au déferlement de haine visant les musulmans de France