La justice sénégalaise a rendu, lundi 8 juin, un verdict historique. La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel a condamné à 20 ans de réclusion criminelle un maître coranique issu de l'une des plus prestigieuses lignées maraboutiques du pays, pour des viols et actes pédocriminels infligés à au moins 28 de ses élèves dans une école coranique de la ville de Touba.
L'affaire, connue sous le nom de « l'affaire de Keur Gol », avait éclaté en mars 2023, partie du témoignage d'une adolescente de 15 ans qui avait demandé à sa mère de ne plus fréquenter l'école coranique de son quartier. Intriguée, la mère avait alors interrogé la petite sœur, âgée de 11 ans, qui avait fini par révéler les viols répétés que toutes deux subissaient de la part de Serigne Khadim Mbacké.
Les certificats médicaux versés au dossier avaient révélé des pertes de virginité et des lésions chez plusieurs victimes, toutes issues de familles pauvres. L'accusé avait pris la fuite avant d'être arrêté en juin 2023. Tout au long du procès, il a nié les faits, affirmant être victime d'un complot visant à ternir son image.
Pour l'avocat des parties civiles, cette condamnation constitue « un signal fort » dans un pays où le viol n'a été criminalisé qu'en 2020, et l'une des plus importantes affaires de pédocriminalité jamais jugées au Sénégal, en raison du nombre de victimes et du statut de l'accusé.
Amnesty International Sénégal, qui a salué une décision « historique », a dénoncé une société qui encourage encore la non-dénonciation des violences sexuelles, où la pression communautaire s'était exercée sur les familles des victimes, la famille du coupable étant allée jusqu'à proposer de l'argent pour étouffer l'affaire. L'ONG appelle désormais les autorités sénégalaises à renforcer le contrôle des écoles coraniques et à adopter un cadre légal spécifique pour mieux protéger les enfants.
Lire aussi :
Sénégal : la maltraitance d'enfants dans les écoles coraniques dénoncée par Amnesty
L'affaire, connue sous le nom de « l'affaire de Keur Gol », avait éclaté en mars 2023, partie du témoignage d'une adolescente de 15 ans qui avait demandé à sa mère de ne plus fréquenter l'école coranique de son quartier. Intriguée, la mère avait alors interrogé la petite sœur, âgée de 11 ans, qui avait fini par révéler les viols répétés que toutes deux subissaient de la part de Serigne Khadim Mbacké.
Les certificats médicaux versés au dossier avaient révélé des pertes de virginité et des lésions chez plusieurs victimes, toutes issues de familles pauvres. L'accusé avait pris la fuite avant d'être arrêté en juin 2023. Tout au long du procès, il a nié les faits, affirmant être victime d'un complot visant à ternir son image.
Pour l'avocat des parties civiles, cette condamnation constitue « un signal fort » dans un pays où le viol n'a été criminalisé qu'en 2020, et l'une des plus importantes affaires de pédocriminalité jamais jugées au Sénégal, en raison du nombre de victimes et du statut de l'accusé.
Amnesty International Sénégal, qui a salué une décision « historique », a dénoncé une société qui encourage encore la non-dénonciation des violences sexuelles, où la pression communautaire s'était exercée sur les familles des victimes, la famille du coupable étant allée jusqu'à proposer de l'argent pour étouffer l'affaire. L'ONG appelle désormais les autorités sénégalaises à renforcer le contrôle des écoles coraniques et à adopter un cadre légal spécifique pour mieux protéger les enfants.
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