Sur le vif

Saint-Denis : des milliers de personnes au rendez-vous contre le racisme lancé par le maire

Rédigé par Lina Farelli (avec AFP) | Samedi 4 Avril 2026



L'appel du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bakayoko, à manifester contre le racisme a été largement entendu. Plusieurs milliers de personnes - 6 000 selon les autorités - ont répondu présent au rassemblement citoyen organisé samedi 4 avril sur le parvis de l'hôtel de ville, près de la célèbre basilique qui abrite les tombes des rois et reines de France.

Le maire La France Insoumise (LFI), parti qui se targue d'une belle prise politique avec Saint-Denis, deuxième ville francilienne avec ses 150 000 habitants après Paris, avait été élu dès le premier tour le 15 mars. Depuis, il a été la cible de nombreuses attaques racistes.

Les derniers propos odieux tenus à l'encontre de Bally Bakayoko sur CNews ont fait déborder un vase déjà bien plein. Des liens ont notamment été faits entre le maire et « la famille des grands singes ». L'édile a porté plainte contre la chaîne d'extrême droite, tandis que le parquet de Paris a indiqué, jeudi 2 avril, avoir ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion », au lendemain du dépôt de plainte de l'élu. Le préfet s’est constitué partie civile, à la demande du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

« Il s’agit d’un SOS de toutes celles et ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire », a-t-il lancé face à ses partisans, condamnant des « institutions défaillantes, parfois même complices » face au racisme. « Nous voulons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la République, “Liberté, Egalité, Fraternité”, incarnée par celles et ceux qui sont héritiers et héritières de l’immigration », a-t-il plaidé.

L'absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a été critiquée par l'élu. « Celles et ceux qui aujourd'hui réduisent en fait cette marche uniquement à l'étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre l'islamophobie et toutes les formes de discriminations », a-t-il déclaré, entouré de leaders de LFI dont le premier d'entre eux, Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier a fustigé « une vague de racisme écoeurant venant des élites politico-médiatiques qui, sans réserve, sans frein, ont étalé leur mépris à l'égard d'une partie de notre peuple ». Le rassemblement, qui s'est déroulé sans heurts, a été conclu par La Marseillaise.

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