Sur le vif

Nice : la justice s'oppose à la fermeture administrative de la librairie musulmane Iqra

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 6 Mars 2024 à 17:05



Le tribunal administratif de Nice a décidé, mardi 5 mars, de suspendre la mesure de fermeture pour trois mois prise fin février par la préfecture des Alpes-Maritimes à l’encontre de la lirairie musulmane Iqra. La mesure, que les autorités ont notamment justifié par la vente de livres « prônant un fondamentalisme religieux », n’est « pas proportionnée à l’objectif de prévention des troubles à l’ordre public poursuivi », a affirmé le tribunal.

Le commerce a rouvert ses portes aux clients mercredi 6 mars. « L’acharnement à l’encontre de la librairie Iqra n’a pas prospéré. (…) Alors qu'elle a été injustement salie par de nombreux commentateurs, cette décision permet de marquer le pas sur la série de fermetures administratives visant les établissements confessionnels musulmans » et « rétablit l'honneur de la librairie injustement accusé de fondamentalisme », a réagi Me Sefen Guez Guez dans un communiqué.

L’avocat du barreau de Nice, qui défend aussi le collège Avicenne, également situé à Nice, a salué une décision à l’encontre d’une administration qui « n'a pas apporté la preuve que, sur quatre des ouvrages cités, il existerait un risque de trouble à l'ordre public ».
Par ailleurs, « le tribunal administratif a considéré la décision de la préfecture comme disproportionnée et excessive : les ouvrages visés par l'administration sont en vente libre sur Amazon, la FNAC ou auprès d'autres librairies musulmanes ».

La préfecture des Alpes-Maritimes, qui a été condamnée à verser la somme de 1500 € au titre des frais de justice, va faire appel de la décision. Hugues Moutouh s’est déclaré sur X « déterminé que jamais à défendre les valeurs de la République contre le fondamentalisme islamiste ».

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