Sur le vif

Nice : condamnés à la prison pour avoir crié « Allah Akbar »

Rédigé par Christelle Gence | Lundi 23 Février 2015 à 13:38



Un mois jour pour jour après leur interpellation, le tribunal correctionnel de Nice a condamné, mercredi 18 février, trois individus à de la prison ferme et un à de la prison avec sursis. Ils ont été reconnus coupables « d’apologie d’actes de terrorisme », en marge d’un rassemblement contre l’islamophobie tenu dans la ville.

Les prévenus ont été considérés comme des provocateurs par les forces de l’ordre après avoir « vociféré des discours en langue arabe », en criant notamment à plusieurs reprises l'expression « Allah Akbar » (ou « Allahou Akbar » pour « Dieu est le plus grand ») devant les policiers.

« Allahou Akbar est une belle phrase. Elle est légitime dans la communion religieuse, au sortir d'une mosquée ou d'une fête. Dans le contexte qui est le nôtre, ce n'est plus un cri de paix, c'est un cri de guerre ce 18 janvier ! C'est de l'apologie de terrorisme », a estimé le procureur, dans des propos que rapporte Metronews.

« L'apologie suppose une intention volontaire de promouvoir un acte de terrorisme. Quel est le lien ? L'expression "Allahou akbar" ? », a réagi Me Sefen Guez Guez, l'avocat de deux des prévenus. Les quatre hommes, âgés de 30 à 40 ans, ont été condamnés à des peines de six mois de prison avec sursis à deux ans de prison dont un avec sursis, assorti d’un stage de citoyenneté. Certains avaient déjà été condamnés pour des violences et des vols.

L’individu le plus lourdement condamné était également poursuivi pour incitation à la haine pour avoir affirmé sur Facebook que Mohamed Merah n’avait pas existé, et en raison de la création de la page « La Palestine a besoin de nous ». Il y appelait notamment à la constitution d’une « milice antisioniste et anti-islamophobie », dont les membres devaient se prévaloir d’« une très bonne condition physique, une pratique régulière des arts martiaux ou de la musculation, un historique des bastons vécues ».

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) s’étaient constitués partie civile.

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