Sur le vif

Mémorial 11-Septembre : une islamophobe appelée à la démission

Rédigé par La Rédaction | Mardi 3 Juin 2014 à 13:42



La controverse née autour du film sur al-Qaïda présentée au Mémorial du 11-Septembre se poursuit. Des visiteurs du musée ont relevé que le film ne différencie pas suffisamment l’idéologie violente d’al-Qaïda des préceptes de l’islam, selon le New York Times, qui les a interviewés dans son édition du 1er juin.

Le documentaire a été dénoncé dès le mois d’avril, avant l’ouverture du Mémorial, par un groupe interreligieux chargé de conseiller le musée, qui a demandé que le film ne soit pas présenté en l’état. Face au refus du musée, le représentant musulman du groupe avait démissionné pour exprimer sa désapprobation.

Selon ce dernier, qui s’était fendu d’une longue lettre dans le New York Times, le film en question, d’une durée de 7 minutes, dresse un portrait négatif de l’islam. En employant des expressions comme « islamistes » ou « jihadistes » sans le travail pédagogique nécessaire, le film entretient la confusion entre al-Qaïda et la religion musulmane.

Les touristes, dont une vingtaine ont été interrogés par le New York Times, ont désormais accès au musée. Si les interviewés sont tous d’accord pour affirmer que le musée n’est pas « anti-islam », beaucoup d’entre eux ont déclaré que la section du musée consacrée à al-Qaïda ne fournit pas suffisamment d’explications et qu’un visiteur musulman pourrait s'y sentir mal à l’aise.

Des panneaux entourant le film controversé apportent quelques informations complémentaires sur l’islam mais ils sont à peine survolés par les visiteurs. « Je pense qu’ils auraient davantage dû parler de l’islam pour que les gens comprennent qu’il y a une différence entre l’islam et les personnes qui commettent des attaques terroristes et qui se disent islamiques », a par exemple expliqué Adrian Cabreros, 22 ans, originaire de San Francisco.

Une pétition lancée contre un membre du musée

Depuis l’ouverture du Mémorial, le 21 mai, plusieurs autres polémiques ont pris le pas sur celle concernant le film. Les détracteurs du film ne désarment pas et militent toujours pour que le musée change la façon dont il présente l’islam. Ils demandent maintenant que l’une des membres du conseil d’administration du musée, Debra Burlingame, soit écartée.

Debra Burlingame, la sœur d’un pilote de ligne tué le 11 septembre 2001, a pris part à la conception de la programmation du musée, malgré ses vues controversées sur l’islam. Elle a récemment qualifié l’islam de « menace transnationale ». « Quand les citoyens vont-ils se lever et demander au gouvernement de reconnaître l’islam comme une menace transnationale, ce déni du gouvernement en en train de nous tuer », a-t-elle posté, sur Twitter.

Invitée à commenter ses propos sur Fox News, taxés d’islamophobes, elle a expliqué qu’il n’y a pas « une peur irrationnelle de l’islam ou des musulmans quand nous savons que virtuellement 80 % des attaques terroristes dans le monde sont commises par des musulmans radicaux ».

Le musée a pris la défense de Debra Burlingame, et n’entend pas pour l’heure s’en séparer. « Nous sommes honorés qu’elle fasse partie du conseil d’administration », ont déclaré les responsables du musée dans un communiqué. Cette position n'est pas pour apaiser les musulmans de New York. Une pétition en ligne a été lancée en ce sens. Un millier de signatures ont été récoltés.

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