Sur le vif

Israël/Palestine : la réponse forte de Dominique de Villepin à ses détracteurs l'accusant d'antisémitisme

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 29 Novembre 2023 à 12:25



« Tous les chemins mènent à Rome, mais toutes les critiques ne mènent pas à l’antisémitisme. » Ces mots sont ceux de Dominique de Villepin, actuellement sous le feu de critiques pour avoir pointé du doigt la « domination financière sur les médias et le monde de l’art, de la musique » qui, selon lui, empêche l’émergence de voix dissonantes capables de « dire ce qu’ils pensent, tout simplement parce que les contrats s’arrêtent immédiatement ». L’ancien Premier ministre a tenu ces propos, jeudi 23 novembre, dans l’émission Quotidien sur TMC lorsqu’a été évoquée la mise au ban de plusieurs célébrités en raison de leurs positions critiques envers la politique d’Israël.

Après avoir accusé Israël de « génocide » et de « nettoyage ethnique » contre les Palestiniens sur Instagram, l’actrice mexicaine Melissa Barrera a été accusée d’antisémitisme par la société de production qui l’a alors évincée du casting du septième volet de Scream. La célèbre comédienne américaine Susan Sarandon a été lâchée par son agence en raison de sa solidarité affichée envers les Palestiniens.

L’ancien ministre des Affaires étrangères a cité, pour sa part, le cas de Bella Hadid, le mannequin américain d’origine palestinienne, connue pour être de ces rares célébrités à exprimer sa solidarité envers le peuple palestinien, non sans risques pour sa carrière. Ce sont autant d’exemples qui ont fait dire au diplomate français, sur TMC toujours, que « la règle financière qui est imposée aujourd’hui aux États-Unis dans la vie culturelle, pèse lourd. Malheureusement, nous le voyons aussi aujourd’hui en France, et tout cela est profondément regrettable sur le plan de la liberté et de la capacité à façonner un esprit public ».

Dominique de Villepin a très rapidement été accusé de faire le lit de l’antisémitisme et du complotisme par ses détracteurs, aux premiers rangs desquels figurent les soutiens à la politique menée par Israël. Un journaliste de BFM TV a même attribué à l’ex-Premier ministre des propos qui n’ont jamais été les siens, à savoir qu’il aurait dénoncé « la domination de la finance juive ». La chaîne a depuis présenté des excuses a minima dans communiqué face à l’emploi par l'animateur Ronald Guintrange d’« une formulation inexacte et malheureuse ». « La vigilance de chaque instant est le gage de la confiance entre la chaine et son public », affirme-t-elle. Sans néanmoins déplorer l'emploi de l'expression « petit arabe en banlieue » par le même journaliste, qui a déclaré qu'il serait « facile » pour ce type de profil d’avoir « des propos antisémites ».

Face à la controverse entourant Dominique de Villepin, sa réponse formulée sur LCI, dimanche 26 novembre, est sans ambiguïté : « On peut critiquer les États-Unis, sans être forcément antisémite. On peut critiquer le sionisme messianique d’une partie du gouvernement israélien, sans être antisémite. On peut soutenir l’idée de justice pour le peuple palestinien, sans être antisémite. » Et d’ajouter : « Que je sache, un ancien président de la République a fait campagne en dénonçant le pouvoir de la finance, il n’était pas antisémite », en faisant référence à François Hollande. Ce dernier a d’ailleurs défendu Dominique de Villepin en indiquant qu’il ne peut pas croire « qu’il ait eu cette intention » d'être antisémite tout en déclarant qu'il faut « faire attention avec cette idée qu'il y aurait une espèce d'oligarchie qui serait infiltrée, structurée avec les juifs ».

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