Religions

Hajj : de Lourdes à La Mecque, les militaires en pèlerinage

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Vendredi 24 Mai 2013 à 00:00

Du 24 au 26 mai, plus de 12 000 militaires catholiques de 35 nationalités différentes seront à Lourdes pour participer au 55e Pèlerinage militaire international (55e PMI). Trois jours dédiés à la spiritualité organisés pour des hommes et des femmes amenés à être confrontés à des situations bien difficiles au quotidien. Par le biais de l’aumônerie musulmane des armées, les militaires de confession musulmane se voient également proposer l’organisation de leur pèlerinage (Hajj) à La Mecque depuis trois ans.



Confrontés à la dure réalité du terrain, les militaires croyants sont encadrés, selon leurs désirs, par les aumôneries religieuses des armées, qui se chargent de l’organisation de leur pèlerinage. C’est le cas de la direction de l’aumônerie catholique des armées qui organise du 24 au 26 mai son 55e pèlerinage militaire internationale à Lourdes.

Dans cette ville des Hautes-Pyrénées où, selon la tradition chrétienne, la Vierge Marie est apparue 18 fois à Bernadette Soubirous en 1858 dans la grotte de Massabielle, plus de 12 000 militaires ainsi que des membres du personnel civil de la Défense et leurs familles sont attendus.

Une délégation française de 3 500 militaires

Cette année 2013, 35 pays sont représentés. Seize pays sont d’ailleurs co-organisateurs de cette manifestation internationale présidée par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises.

Laïcité oblige, ce pèlerinage est financé par les participants en personne : chacun d'eux est invité à payer son billet d'avion et les frais de leur séjour, fait ainsi savoir Edith-Noëlle Carbonneaux, du service communication du Diocèse aux armées. Ils sont également appelés à payer 17 €, un montant recouvrant notamment leur assurance, nous indique-t-on.

L’accès aux sanctuaires de Lourdes est gratuit pour tous les visiteurs. L’aumônerie catholique se charge « d’organiser les célébrations du culte ». Quant à l’armée, son financement se restreint à « la sécurité ». « C’est pareil pour toutes les autres aumôneries comme l’aumônerie protestante ou israélite », précise Mme Carbonneaux. La sécurité des militaires devra notamment être assurée dans un camp dressé à cette occasion sur les hauteurs de Lourdes, où seront logés 1 500 jeunes militaires français et étrangers.

Cette année, la délégation française est composée de 3 500 pèlerins, un chiffre en « légère augmentation » par rapport à l’an dernier, commente Mme Carbonneaux. Comme les années précédentes, les trois plus grosses délégations étrangères proviennent d’Allemagne, d’Italie et de la Croatie. Mais cette année, les militaires étrangers seront moins nombreux à participer au PMI. « Il y a une légère diminution dû à la crise » économique, explique la chargée de communication du Diocèse, qui cite en exemple les pays africains.

Le Hajj militaire à la Mecque depuis trois ans

Si le PMI en est à sa 55 édition, l’aumônerie militaire musulmane n’organise que depuis peu les voyages à La Mecque pour les soldats musulmans. « Cela va faire trois ans cette année », nous dit-on à la direction de l’aumônerie. Comme pour le pèlerinage à Lourdes, le financement ne provient nullement de l’Etat, tient-on à nous préciser. Là encore, chacun paye son voyage.

C’est l'Association de soutien de l’Aumônerie musulmane aux armées (ASAMAA) qui se charge de l'organisation du Hajj en passant par une agence de voyage spécialisée. L’an dernier, une cinquantaine de personnes comprenant des militaires, leurs familles et d’anciens combattants ont ainsi fait appel à l’ASAMAA pour partir en pèlerinage à la Mecque, un des cinq piliers de l’islam.

En 2009, elle avait annoncé son intention d’organiser le Hajj des militaires. Mais en raison du risque de pandémie de la grippe A, le pèlerinage des militaires avait été annulé. A l’époque, les sites web de l'extrême droite avait repris l’information en dénonçant le financement du Hajj par l’armée et les atteintes à la laïcité, ce qui était faux.

Aujourd’hui, dans les armées, on dénombre 30 aumôniers musulmans, près de 80 aumôniers protestants, 200 catholiques et 30 israélites pour assurer un service auprès d'une armée forte de 220 000 militaires. Leur nombre semble insuffisant. En proportion, ils sont même moins importants que les aumôniers des prisons alors que les prisonniers français sont estimés à environ 68 000 personnes.

Pour soutenir des militaires croyants qui côtoient au plus près la mort, les effectifs des aumôniers militaires gagneraient à être augmentés.