C'est un geste rare par son ampleur. Le 25 juin, à l'Ara Pacis de Rome – « l'autel de la paix » érigé sous l'empereur Auguste, un lieu hautement symbolique –, 15 responsables religieux ont apposé leur signature au bas d'un document intitulé « La voie italienne du dialogue interreligieux. Les religions dans l'espace public et pour la cohésion sociale ».
Les 15 signataires de ce « pacte » représentent les grandes et petites familles religieuses présentes en Italie : le catholicisme, le judaïsme, l'islam (via quatre organisations distinctes), le protestantisme, l'orthodoxie, le bouddhisme, l'hindouisme, le sikhisme, le bahaïsme.
Les 15 signataires de ce « pacte » représentent les grandes et petites familles religieuses présentes en Italie : le catholicisme, le judaïsme, l'islam (via quatre organisations distinctes), le protestantisme, l'orthodoxie, le bouddhisme, l'hindouisme, le sikhisme, le bahaïsme.
Un texte né de plusieurs années de travail commun
Selon la Conférence épiscopale italienne, présidée par le cardinal Matteo Maria Zuppi, archevêque de Bologne et signataire du document, ce dernier est l'aboutissement d'un travail mené depuis 2023 au sein d'une « Table interreligieuse », où les responsables des différentes traditions se réunissent régulièrement pour réfléchir ensemble à la paix et au vivre ensemble. Le cardinal, cité par National Catholic Register,, a insisté sur la volonté de « réfléchir ouvertement à des valeurs partagées afin de construire une communauté civile qui, même dans la diversité, reconnaisse le sens d'un engagement commun pour une société plus juste, plus accueillante et plus inclusive ».
Le document lui-même que Saphirnews a consulté revendique une ambition à la fois modeste dans la forme et déterminée dans l'esprit. Dans son préambule, les signataires expliquent vouloir « donner une continuité et une perspective » à leur travail commun.
Tous y reconnaissent que chaque tradition religieuse porte « des valeurs, des racines, des expériences, des pratiques, des comportements et une recherche du Sacré », et que leur écoute mutuelle peut « contribuer à développer un climat de respect et de compréhension réciproque ». Mais le texte ne se limite pas à l'éloge de la diversité : il situe d'emblée cette démarche dans le contexte d'« une société post-moderne sécularisée, multiculturelle et pluri-religieuse, blessée par des conflits et des extrémismes, y compris pseudo-religieux », que les rédacteurs attribuent à des « positions ethnocentriques, dominatrices, de fermeture et de colonisation culturelle et économique ».
Le document lui-même que Saphirnews a consulté revendique une ambition à la fois modeste dans la forme et déterminée dans l'esprit. Dans son préambule, les signataires expliquent vouloir « donner une continuité et une perspective » à leur travail commun.
Tous y reconnaissent que chaque tradition religieuse porte « des valeurs, des racines, des expériences, des pratiques, des comportements et une recherche du Sacré », et que leur écoute mutuelle peut « contribuer à développer un climat de respect et de compréhension réciproque ». Mais le texte ne se limite pas à l'éloge de la diversité : il situe d'emblée cette démarche dans le contexte d'« une société post-moderne sécularisée, multiculturelle et pluri-religieuse, blessée par des conflits et des extrémismes, y compris pseudo-religieux », que les rédacteurs attribuent à des « positions ethnocentriques, dominatrices, de fermeture et de colonisation culturelle et économique ».
Neuf engagements, de la lutte contre l'antisémitisme et l'islamophobie au désarmement nucléaire
Le cœur du pacte tient en neuf engagements. Les signataires promettent notamment de « se rencontrer, dans le respect et l'écoute réciproque », dans un espace où « la liberté de parole se conjugue avec la clarté, la sincérité et l'honnêteté des intentions ». Ils s'engagent également à « éduquer leurs communautés au dialogue », non pour simplement informer, mais pour « proposer et soutenir la connaissance réciproque » par des formations et des expériences de partage accessibles à tous.
Un des points clés du texte appelle les religions à s'engager à « contrer toute forme de préjugé, d'oppression, de discrimination et d'extrémisme », en prenant « des positions nettes et claires, tant à l'intérieur de leurs communautés de foi qu'à l'extérieur, contre la haine et les persécutions pour motifs religieux, comme par exemple l'antisémitisme, l'islamophobie et toute autre forme » d'intolérance. Le texte ajoute l'engagement à « promouvoir des récits authentiques, responsables et respectueux », tout en « veillant sur l'usage de leur propre langage ».
Un autre point, lui, élargit le propos à des enjeux plus globaux : les signataires s'engagent « pour la sauvegarde de la vie sur la planète, en soutenant avec détermination tout effort en faveur du désarmement nucléaire et de la lutte contre le changement climatique », estimant que « la paix et la protection de l'environnement et des écosystèmes sont des responsabilités communes et incontournables ».
Le pacte évoque aussi la place de la religion dans la société italienne. Les signataires affirment ainsi vouloir « promouvoir l'égale dignité de chaque religion devant l'État à travers un dialogue critique et constructif sur le rapport entre religion, laïcité et politique dans le contexte italien ».
Un des points clés du texte appelle les religions à s'engager à « contrer toute forme de préjugé, d'oppression, de discrimination et d'extrémisme », en prenant « des positions nettes et claires, tant à l'intérieur de leurs communautés de foi qu'à l'extérieur, contre la haine et les persécutions pour motifs religieux, comme par exemple l'antisémitisme, l'islamophobie et toute autre forme » d'intolérance. Le texte ajoute l'engagement à « promouvoir des récits authentiques, responsables et respectueux », tout en « veillant sur l'usage de leur propre langage ».
Un autre point, lui, élargit le propos à des enjeux plus globaux : les signataires s'engagent « pour la sauvegarde de la vie sur la planète, en soutenant avec détermination tout effort en faveur du désarmement nucléaire et de la lutte contre le changement climatique », estimant que « la paix et la protection de l'environnement et des écosystèmes sont des responsabilités communes et incontournables ».
Le pacte évoque aussi la place de la religion dans la société italienne. Les signataires affirment ainsi vouloir « promouvoir l'égale dignité de chaque religion devant l'État à travers un dialogue critique et constructif sur le rapport entre religion, laïcité et politique dans le contexte italien ».
Des propositions concrètes sur la table
Au-delà des principes, le texte égrène neuf pistes d'action concrètes. Les signataires envisagent notamment d'« instituer une journée nationale sur le dialogue interreligieux », de « promouvoir des projets partagés de connaissance de leurs traditions » et de « contrer le climat de haine entre personnes d'ethnies et de religions différentes ». Ils proposent également de « valoriser le rôle des femmes au sein des confessions et traditions religieuses » et de « créer des réseaux locaux et nationaux pour affronter ensemble les défis de notre temps : paix, accueil, migrations, écologie, justice sociale et attention portée envers les plus fragiles ».
Plus inédit encore, le pacte prévoit la création d'un « fonds interreligieux commun pour soutenir des initiatives et des projets d'utilité sociale », qui serait géré par un comité nommé par les membres de la Table interreligieuse elle-même. Elle serait alors une traduction concrète d'un dialogue qui, jusqu'ici, restait surtout symbolique.
Plus inédit encore, le pacte prévoit la création d'un « fonds interreligieux commun pour soutenir des initiatives et des projets d'utilité sociale », qui serait géré par un comité nommé par les membres de la Table interreligieuse elle-même. Elle serait alors une traduction concrète d'un dialogue qui, jusqu'ici, restait surtout symbolique.
Des leaders religieux face à leurs responsabilités
Le texte se referme sur un engagement de cohérence : ceux qui adhèrent au pacte s'engagent à agir, même hors du cadre de la Table interreligieuse, « avec des prises de position et des initiatives qui s'accordent avec l'esprit » des engagements pris, « afin de préserver la sincérité des intentions ». Une clause qui transforme un texte de principes en une forme d'obligation morale durable pour chacune des organisations représentées.
Après la cérémonie de signature, les représentants des différentes religions ont été reçus au palais du Quirinal par le président de la République italienne, Sergio Mattarella, à qui ils ont remis une copie du pacte, un geste qui souligne la portée que les pouvoirs publics italiens entendent accorder à cette initiative.
Reste à savoir si ce texte, riche de promesses et de bonnes intentions, saura résister à l'épreuve du temps et des tensions géopolitiques qui, ailleurs en Europe, nourrissent la défiance entre communautés religieuses. Le pacte lui-même semble anticiper cette fragilité, en prévenant que « si le développement du dialogue devait apparaître difficile à maintenir », l'engagement resterait malgré tout de préserver « les valeurs fondamentales partagées » dans le texte.
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Reste à savoir si ce texte, riche de promesses et de bonnes intentions, saura résister à l'épreuve du temps et des tensions géopolitiques qui, ailleurs en Europe, nourrissent la défiance entre communautés religieuses. Le pacte lui-même semble anticiper cette fragilité, en prévenant que « si le développement du dialogue devait apparaître difficile à maintenir », l'engagement resterait malgré tout de préserver « les valeurs fondamentales partagées » dans le texte.
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