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Covid-19 : quelle situation pour quelles règles de voyage l'été au Maroc, en Algérie et en Tunisie ?

Rédigé par | Mercredi 7 Juillet 2021 à 08:30

La pandémie de la Covid-19 continue de sévir à travers le monde mais il est pourtant possible de partir à l'étranger pour les vacances d’été, notamment dans les pays du Maghreb. A chacun sa situation et ses règles.



Depuis le 9 juin, les voyages à l’étranger sont possibles depuis la France mais ils sont soumis à des règles bien définies. Un système de classification tricolore des pays a ainsi été mis en place par le gouvernement sur la base des indicateurs sanitaires : vert pour les pays où il n’y a pas de circulation active du virus ni de variants préoccupants recensés comme c’est le cas au sein de l’espace européen ; en orange pour les pays où la circulation du virus est active dans des proportions maîtrisées, sans diffusion de variants préoccupants ; et enfin rouge pour ceux où la situation est des plus préoccupantes. Les listes des pays, actualisées chaque semaine, sont susceptibles d’être adaptées selon les évolutions de la situation épidémique.

Au 1er juillet, près de 25 pays ont été classés en zone rouge ; il est formellement déconseillé de s’y rendre, sauf motif impérieux (cliquer sur la carte à voir). Ailleurs, les restrictions sont moindres. Alors après l’Europe, c’est vers l’Afrique que de nombreux voyageurs français se tournent pour passer leur été.

C’est aussi dans ce continent, qui connaît à la fois une pénurie de vaccins et une présence plus accrue des variants, que la Covid-19 gagne du terrain. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « la troisième vague prend de la vitesse, se propage plus vite, frappe plus fort » et « menace d’être la pire à ce jour » pour le continent, qui était le moins touché par la pandémie en 2020.

Opération Marhaba à la diaspora pour le Maroc

Les liens familiaux et personnels qui lient des millions de familles françaises aux pays du Maghreb (classés orange début juillet) amènent nombre d’entre elles à y programmer tout de même un retour. C’est tout particulièrement le cas pour le Maroc qui, peu après avoir annoncé la reprise progressive des vols à compter du 15 juin, a lancé une opération inédite baptisée « Marhaba » (Bienvenue), destinée à attirer les Marocains résidant à l’étranger (MRE) dont le rôle est aussi important que marhaba pour donner un sérieux coup de boost à l’économie du royaume chérifien.

A la demande expresse du roi Mohammed VI, la Royal Air Maroc a ainsi mis en place de billets d'avion défiant toute concurrence : entre 97 et 150 € par personne. Résultat, plus de 600 000 billets de la RAM ont été écoulés en un temps record en juin. En échange, une aide étatique exceptionnelle en faveur de la compagnie aérienne a été votée par le gouvernement.

Les personnes vaccinées sont exemptées de présenter un test PCR négatif au départ de la France. Au Maroc, où le port du masque est obligatoire, un couvre-feu est néanmoins en place ; il est instauré de 23h à 6h30 du matin et les rassemblements sont limités à moins de 50 personnes en espaces clos et moins de 100 personnes en plein air. Dans les salles de fêtes, la jauge ne doit pas dépasser 50% de leurs capacités d’accueil, sans toutefois recevoir plus de 100 personnes.

Un retour difficile en Algérie

Marhaba, c’est loin d’être le maître-mot des autorités algériennes, y compris pour ses ressortissants. Les liaisons aériennes n’ont été que partiellement rétablies depuis le 1er juin avec trois vols hebdomadaires de et vers Paris et Marseille assurés par Air Algérie.

Outre les prix du billet qui ne sont pas donnés (bien que les Algériens bénéficient d’une réduction de tarif de 20 %), chaque voyageur doit prévoir 250 € supplémentaires pour assurer les frais du confinement obligatoire de cinq jours à l’arrivée dans un des hôtels agrées par les autorités, après avoir présenté un test PCR négatif de moins de 36h, obligatoire dès 12 ans. Un confinement qui peut se prolonger de cinq jours supplémentaires si le nouveau test PCR se révèle positif.

A moins que les règles finissent par s’assouplir, aucun traitement particulier n’est à l’ordre du jour pour les personnes vaccinées ; tous doivent se conformer à ces contraintes pour passer l’été en Algérie, où les rassemblements et les marchés sont partout interdits et le port du masque, obligatoire. Impossible de se rendre en Algérie par voie maritime : cette frontière demeure fermée depuis mars 2020, ce qui n’est pas le cas pour le Maroc et la Tunisie.

Une situation sanitaire des plus préoccupantes en Tunisie

Voyager en Tunisie est moins difficile. Néanmoins, la situation sanitaire y est alarmante. Alors que la barre des 15 000 décès a été franchie en juillet (contre officiellement 9 300 au Maroc et 3 700 en Algérie), le couvre-feu de 20h à 5h du matin a été instauré sur tout le territoire national. De nombreuses mesures sont en vigueur dans plusieurs gouvernorats, qui vont du couvre-feu accompagné d’une limitation du taux d’accueil dans les lieux publics et fermés en journée pour les uns, à un confinement total pour d’autres (Béja, Siliana, Zaghouan, Kairouan depuis le 20 juin).

Dans le Grand Tunis, le confinement le week-end a été décrété le 1er juillet pour deux semaines, de même que la fermeture des salles de fête et l'interdiction des rassemblements culturels et religieux. Des mesures qui pourraient se prolonger au-delà de la période de l’Aïd al-Adha, une période à hauts risques car propice aux grandes manifestations.

Toute personne, même vaccinée, dès l’âge de 12 ans, doit présenter un test PCR négatif à la Covid-19, réalisé moins de 72 heures avant le premier embarquement. Pour celles et ceux qui ont achevé leur schéma vaccinal contre le Covid-19, ils sont exemptés de l’engagement sur l’honneur à respecter un auto-isolement de sept jours à partir de leur arrivée en Tunisie.

A l’image du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, chaque pays applique des mesures différentes selon leur appréciation de la situation. Des règles auxquelles toute personne est tenue de se conformer sous peine de sanctions, quand bien même elle est vaccinée. Voyager à l’étranger est possible mais rien ne nous y oblige ; la France, grâce à son immense patrimoine, est aussi une terre propice au voyage !

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur