Sur le vif

Canada : à peine nommée, l'experte chargée de lutter contre l'islamophobie au cœur d'une controverse

Rédigé par Benjamin Andria | Vendredi 3 Février 2023 à 10:25



Les premiers jours du mandat d’Amira Elghawaby sont très mouvementés. Très vite après sa nomination fin janvier au poste de représentante spéciale chargée de la lutte contre l'islamophobie au Canada par le gouvernement fédéral, elle a été rattrapée par des propos tenus par le passé dans une chronique en 2019. Elle y disait alors que la « majorité des Québécois » seraient « influencés par un sentiment antimusulman ».

Dès le lendemain de sa nomination, elle avait clarifié ses propos en déclarant ne pas croire « que les Québécois soient islamophobes » mais c’était loin de suffire. L’Assemblée nationale du Québec a voté, mardi 31 janvier, une motion dénonçant les propos « inacceptables » d’Amira Elghawaby et appelant à sa révocation.

Face à la controverse qui ne cesse d’enfler, Amira Elghawaby a présenté formellement des excuses le lendemain. « Je suis convaincue, je sais et je le dis que les gens québécois ne sont pas racistes », a-t-elle déclaré en français à sa sortie de la rencontre avec le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet. « Ce n’était pas mon intention et, pour les blessures que j’ai faites avec mes mots, je m’excuse sincèrement », a ajouté la conseillère, citée par La Presse. Des excuses qui ont encore été jugées insuffisantes pour le gouvernement québécois, qui réclame toujours sa démission.

L’experte, qui affirme être « la bonne personne » pour mener à bien la mission qui lui a été confiée, bénéficie néanmoins jusque-là d’un soutien de poids en la personne du Premier ministre Justin Trudeau. Le chef du gouvernement a déclaré dès mardi 31 janvier appuyer « à 100 % » Amira Elghawaby, qui « a démontré tout au long de ses années de travail une sensibilité, une ouverture et une rigueur dont on a besoin maintenant ».

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