Sur le vif

Belgique : Louboutin contre une affiche islamophobe

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 26 Septembre 2013 à 14:37



Christian Louboutin a saisi la justice, mardi 24 septembre, pour demander l’arrêt d’une campagne anti-islam où apparaissent ces célèbres chaussures à semelles rouges en Belgique. Sur cette affiche, on peut voir de dos, une femme portant une mini-jupe noire, laissant dévoiler ses jambes et portant des chaussures de luxe Louboutin. Signée par l’association flamande Femmes contre l'islamisation (VTI), l’affiche titrée « Liberté de l'islam » dévoile un message clairement islamophobe.

A côté des jambes dénudées, différents traits indiquent à quelle hauteur une jupe est acceptable au regard de l’islam. Tout en bas, au niveau des pieds, un degré porte la mention « conforme à la sharia » alors qu’en remontant, des qualificatifs injurieux sont annotés pour signifier les soi-disant visions qu’ont les musulmans des femmes portant des jupes plus courtes. Le trait le plus haut indique « lapidation ».

Les jambes mises en scènes sont celles d'Anke Van dermeersch, une ancienne Miss Belgique devenue sénatrice du parti d'extrême droite Vlaams Belang, fait savoir la presse belge. Ce parti qui dit combattre l’« islamisation » de la Belgique mène régulièrement des campagnes de ce type. Une nouvelle fois, il y a de quoi indigner les musulmans.

Christian Louboutin, lui, ne veut pas être associé à une telle campagne. Il estime qu’elle nuit à son image et a donc saisi en urgence le tribunal de commerce d'Anvers, le fief du Vlaams Belang, afin qu'il fasse cesser la diffusion de cette image et que tout le matériel soit détruit.

« Est-ce qu'une personnalité politique peut encore librement faire campagne en portant des vêtements de marques? Est-ce qu'elles peuvent encore téléphoner avec un iPhone ou un Blackberry, porter des lunettes Armani ou Chanel, comme Kris Peeters, ou rouler avec un vélo Eddy Merckx sans être poursuivies? », a réagi VTI dans un communiqué. « Outre l'argument absurde sur le préjudice pour la marque, il n'y a aucune base juridique à une telle demande. Le droit des marques au Benelux ne s'applique pas dans ce cas, notamment parce que VTI n'a pas d'activités commerciales », argue l’association extrémiste.

Le tribunal tranchera vendredi 27 septembre.

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