Société

A Belfort, juifs et chrétiens aux côtés des musulmans contre l'islamophobie

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 4 Novembre 2019 à 11:55

Entre 1 000 et 2 000 personnes se sont réunies, samedi 2 novembre, pour une marche contre l’islamophobie à Belfort, à l'appel des associations musulmanes locales, avec le soutien appuyé de responsables religieux juifs et chrétiens locaux.



Jusqu’à 2 000 personnes se sont réunies, samedi 2 novembre, pour une marche contre l’islamophobie à Belfort. © MK / Grande Mosquée de Belfort
« Je suis musulman, j’aime la France. » Aux lendemains de l’attaque de la mosquée de Bayonne et, à l’heure où le voile fait l’objet de virulents débats en France depuis l’agression survenue mi-octobre au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, les associations musulmanes de Belfort ont organisé, samedi 2 novembre, une manifestation contre l’islamophobie.

Celle-ci a réuni un millier de personnes selon la police, près de 2 000 personnes selon les organisateurs, à Belfort même, ville d’où est originaire l’accompagnatrice agressée. C’est aussi en soutien à cette femme que la manifestation a été organisée.

La fraternité religieuse au rendez-vous

Dans un témoignage de fraternité religieuse, l’évêque de Belfort, Mgr Dominique Blanchet, et le président de la communauté israélite de Belfort, Gilles Benhamou, se sont joints au cortège qui s’est terminé devant la préfecture avec la remise d’une lettre au préfet adressée à Emmanuel Macron.

Interrogé sur sa participation à cette manifestation par La Croix, l’évêque de Belfort a rappelé « l’alliance » qui s’est nouée de longue date entre responsables religieux de la ville, comme en témoigne leur dénonciation commune du vaste plan social de General Electrics.

« Nous ne nous unissons pas simplement pour défendre la libre expression religieuse dans l’espace public, mais aussi parce que nous avons le devoir d’être ensemble des acteurs de paix », a-t-il déclaré, estimant que la France fait face à « deux défis », « à la fois lutter contre toute forme de discrimination en raison de la religion mais aussi être très lucide sur les dangers du fanatisme religieux ».

« Je ne dialogue pas avec l’islam mais avec les musulmans. Trop souvent on entend les gens parler des "musulmans", sans vraiment en connaître personnellement. Quand j’utilise le mot fraternité, ce n’est pas un mot creux. Ali Sahab, président de l’association des musulmans du Territoire de Belfort, c’est un frère », a-t-il ajouté, estimant que « l’utilisation politique de ces questions est dangereuse » et « déconnecte du réel et de la relation pour mettre à la place de l’idéologie ».

Un appel à la protection lancé au président de la République

« Nous souhaitons qu'Emmanuel Macron rappelle aux hommes et aux femmes politiques leurs devoirs de responsabilité vis-à-vis de tous les citoyens. Nous attendons qu’il condamne leurs propos irresponsables »., a fait savoir la Grande Mosquée de Belfort à l'issue d'une marche qui s'est déroulée, à ses yeux, « dans une ambiance de quasi recueillement. A la mesure de la gravité de la situation ».

« Nous aurions tous aimé faire autre chose que défiler un samedi pour réclamer un droit élémentaire. Celui de la liberté d’exercer sa foi, y compris, sur la place publique et dans le respect des lois de la République. Le climat délétère de ces dernières semaines et les conséquences dramatiques auxquelles nous assistons et celles que nous redoutons nous oblige à le dénoncer. Nous condamnons fermement toutes les formes d’expression de cette haine dont les musulmans sont la cible », a-t-elle fait savoir, déclarant être « heureux » de la présence des responsables juifs et catholiques à ses côtés.

« Au-delà des mots d’apaisement que nous attendons du président, nous lui avons demandé d’assurer la sécurité de tous les lieux de culte, de faire respecter la loi contre toute forme de racisme dont l’islamophobie. »