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Sur le vif

Un tiers des chômeurs face aux discriminations à l’embauche

Rédigé par Christelle Gence | Vendredi 13 Février 2015



Origine, religion, lieu de résidence, surpoids, style vestimentaire, âge… Dans le cadre de leur recherche d’emploi, 34 % des demandeurs d’emploi estiment avoir été discriminés, et ce de façon répétée pour 19 % d’entre eux. C’est ce que révèle le 8e Baromètre de perception des discriminations dans l’emploi publié vendredi 13 février, réalisé par l’Ifop pour le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT).

L’enquête s’est particulièrement penchée sur les demandeurs d’emplois d’ascendance étrangère, en comparant un échantillon de demandeurs d’emploi d’origine étrangère (dont 70,2 % du Maghreb et 12,8 % d’Afrique subsaharienne) à l’échantillon global.

Les demandeurs d’emploi d’origine non européenne se disent autant discriminés que l’échantillon global (32 %). Mais les discriminations subies ne sont pas les mêmes. Pour deux tiers d’entre eux (64 %), la discrimination était fondée sur l’origine (contre 20 % pour l’échantillon global). Ils sont 32 % à estimer que leurs convictions religieuses ont été un facteur de discrimination à l’embauche (contre 6 % dans l’échantillon global) et 21 % d’entre eux considèrent qu’ils que leur lieu de résidence a joué défavorablement en leur faveur (contre 16 %).

Pour l’échantillon global, la principale cause de discrimination subie est l’âge, dans 35 % des cas (contre 18 % pour les chômeurs d’origine étrangère). Le fait d’avoir plus de 55 ans est d’ailleurs perçu comme étant le facteur le plus discriminant, pour 88 % des sondés. Suivent le fait d’être enceinte (85 %), le style (81 %) et l’obésité (75 %).

Le contexte de crise accroît le risque de discrimination pour 85 % des sondés. C’est aussi l’avis du Défenseur des droits Jacques Toubon. « Ce que nous voyons, pas seulement à travers le baromètre, c'est que les personnes les plus atteintes par cette crise de l'emploi sont de plus en plus atteintes, en nombre et en difficultés, et que les personnes les plus vulnérables sont de plus en plus vulnérables », a-t-il déclaré vendredi.

Les sondés estiment à 93 % qu’il est important de lutter contre les discriminations. A noter toutefois, l’enquête est basée sur des ressentis, qui ne sont pas reconnus du point de vue légal. A la suite d’une discrimination à l’embauche, seules 15 % des victimes ont entrepris des démarches pour faire reconnaître leur préjudice. 43 % des victimes ont abandonné leur recherche d’emploi à la suite d’une discrimination à l’embauche.

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