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Société

Un été au Caire pour apprendre l’Arabe

Rédigé par Dramé Ibrahima | Vendredi 29 Août 2003

L’Institut Européen des Sciences Humaines de Paris (IESH-Paris) organisait cet été un séjour d’un mois en Egypte. M. Abdel Wahabb secrétaire de l’institut avait sous sa responsabilité une quarantaine de personnes, jeunes et adultes, dont certaines se sont inscrites en famille. Majoritairement composé d’étudiants et étudiantes de L’IESH, le groupe comptait également des personnes extérieures à l’institut. Pendant un mois, les participants ont plongé au cœur de l’impressionnante civilisation antique égyptienne. A travers les visites culturelles du Caire et de sa banlieue ainsi que par des cours quotidiens de langue arabe, ils ont vécu une expérience inoubliable.



L’Institut Européen des Sciences Humaines de Paris (IESH-Paris) organisait cet été un séjour d’un mois en Egypte. M. Abdel Wahabb secrétaire de l’institut avait sous sa responsabilité une quarantaine de personnes, jeunes et adultes, dont certaines se sont inscrites en famille. Majoritairement composé d’étudiants et étudiantes de L’IESH, le groupe comptait également des personnes extérieures à l’institut. Pendant un mois, les participants ont plongé au cœur de l’impressionnante civilisation antique égyptienne. A travers les visites culturelles du Caire et de sa banlieue ainsi que par des cours quotidiens de langue arabe, ils ont vécu une expérience inoubliable.

Premier contact surprenant avec l’Egypte
Le 11 juillet, aéroport du Caire, 23h00, heure locale. Les parisiens récupèrent leurs bagages. Nous imaginions une température de 40°, un aéroport de l’antiquité et des routes moyenâgeuses. Rien de tel. Le thermomètre ne dépasse pas les 29°, l’aéroport est de dernier cri et des routes dignes de la capitale américaine. Silence, on remet les pendules à l’heure.

Les imageries de misère et de sous-développement ne sont pas valables ici. Les voyageurs, sous la responsabilité de Abdel Wahabb ne se connaissent pas pour la plupart. Ils se regardent du coin de l’œil, échangent quelques mots. Tous savent qu’ils vont devoir passer un mois ensemble.

Un responsable de l'institut de formation en arabe, le Nile Center, est à l’aéroport pour recevoir le groupe. Au sortir de l’aéroport, un autocar accompagne les étudiants dans leurs appartements, à Nasr city (Madinat Nasr) ; les femmes et les familles d’un côté  de la ville du Caire, les 14 hommes d’un autre côté, répartis en deux appartements. Deux jeunes étudiants de la célèbre université d’Al Azhar , Madat et Aroun, hafid du Coran, l’un Ouzbékistan, l’autre Centrafricain, pleins de sagesse et de savoir, servent de guide au groupe. Le temps de rattraper les prières, se restaurer au Mo’men qui signifie ' croyant ' en langue arabe mais qui fait office de Mac Donald local, les appels de muezzins, comme à la Mecque, se font entendre comme en écho dans toute la ville. Dans un coin de rue, une modeste mosquée dont le minaret dépasse largement celui de la Grande Mosquée de Paris, l’imam psalmodie les versets à la manière des imams de Médine. Ces premiers moments intenses, ce premier contact avec l’Egypte, nous donnèrent un aperçu émotionnel du mois que nous allions passer ensemble.

Cours de langue arabe au Nile Center
Quelques frères se rendent compte que les 20 minutes de marche qui séparent leurs appartements du Nile Center dépassent leur résistance à la canicule. Certains n’hésiteront pas à demander un déménagement. D’autres, tout aussi sensibles à la chaleur, feront le trajet en taxi, à l’abri du soleil, le temps de s’habituer à la température du Caire. L’inscription au Nile Center commence par un test d’évaluation pour déterminer le niveau de langue arabe de chacun des étudiants.. Parcouru en 15 minutes par certains, en plus d’une heure par d’autre, cet examen écrit est suivi d’un bref entretien oral pour vérifier la capacité d’expression des candidats et déterminer le niveau final visé.

Du niveau initial au niveau 11, tous les étudiants sont répartis. Il est à présent question d’oublier que l’on est en vacances et, très rapidement, à fréquence de 3 heures par jour, les étudiants et étudiantes se plongent dans les cours d’arabe. L’enseignant, Oustad Ahmed, insistera particulièrement sur l’expression oral et écrite, sans négliger le rappel des règles de grammaire fondamentales.

Les richesses du week-end égyptien
Les week-ends, en Egypte, commencent jeudi et se terminent vendredi soir. Pour la plupart des égyptiens, les jours de repos n’existent pas et l’activité des commerçants s’arrête juste le temps de la prière du vendredi. Les jeudis et les vendredis sont bien différents des samedis et dimanches français. Les rues du Caire restent bondées de véhicules, les marchés se remplissent dans le centre-ville, la chaleur accentuée par la pollution rend l’air irrespirable aux parisiens.

Le premier week-end nous a permis de faire la visite de Giza (Gizeh). Le plateau de Gizeh, à quelques kilomètres du Caire, nous révèle la splendeur des gigantesques blocs de pierre. Sur le trajet qui mène à la grande pyramide, nous découvrons l’impressionnante superposition des énormes blocs agencés en pyramides. Difficile d’évaluer les dimensions de la Pyramide de Khéops qualifiée de ' la 7ème merveille du monde '. Elle fait pratiquement la taille de deux terrains de football. Sa construction remonte vers 2650 avant l’ère chrétienne. Près de 100 000 hommes auraient participé à son édification.

Ces mosquées témoins de l’Histoire
Après les pyramides, le week-end se poursuit par les prières de l’après-midi dans la mosquée Amr Bin Ass, bâtie par le célèbre compagnon du prophète. ' C’est la première mosquée d’Egypte et d’Afrique ', rapporte un vendeur de Coran à la porte de la mosquée.

Chaque soir, une fois les cours terminés, les étudiants se dirigent vers la célèbre mosquée Al Azhar qui fait face à la mosquée Hussein, pour écouter le sermon du coucher du soleil. C’est une impression inoubliable que procure cette vision de deux mosquées immenses, l’une en face de l’autre, comme deux colosses dans un silencieux dialogue perpétuel.

L’Histoire nous enseigne que ces deux monuments sont en réalité bien différents. Une grande plaque posée à gauche de la mosquée Hussein, d’héritage soufi, rapporte les propos attribués au prophète de l’Islam : ' Je suis de Hussein, et Hussein est de moi. ' Une allusion directe à Hussein, petit-fils du Prophète. En entrant dans la mosquée Hussein, le regard du visiteur n’échappe pas à la grande porte quadrillée à droite du minbar, le trône d’où l’Imam prononce son sermon du vendredi. Il est censé abriter la tête de Hussein, assassiné lors d’une bataille devenue célèbre. ' Les irakiens, disent avoir sa tête, les syriens disent avoir sa tête ' nous expliquera un des professeurs du Nile Center.  ' De pures suppositions, sans fondements ' ajoutera-t-il. Par conséquent la plupart des étudiants, sensibles à la question, refuseront catégoriquement de faire une prière dans cette mosquée.

Au mont Sinaï, sur les traces du prophète Moussa.
Prés de 6 heures de route, à partir du Caire, et nous voilà au pied du mont Sinaï dans la nuit noire. Difficile de voir au-delà de 3 mètres. Les organisateurs regroupent les étudiants et étudiantes par groupe de 5, ou 6 pour franchir les 3.5 kilomètres de pentes rocailleuses qui nous séparent du sommet du mont. Le départ est donné à une heure du matin. Tous doivent être au sommet avant le lever du soleil. ' Il vous faudra environ trois heures pour atteindre le sommet ' ironise un jeune agent de police. A l’annonce du départ, certains entament une véritable course de fond pour être des premiers au sommet. D’autres traînassent et profitent de la fraîcheur matinale avant la canicule qu’apporte le lever du jour. La route est pleine de rochers et de cavités. Chaque foulée comporte le risque d’une entorse. Les lampes de poche individuelles éclairent les pas du groupe. Le paysage est sans doute extraordinaire. Mais l’obscurité ambiante ajoutée à l’état du chemin, font que le plaisir se limite à celui d’avancer. Après 1h30 d’effort pour certains, plus pour d’autres, le sommet révèle une modeste mosquée ouverte pour la prière de l’aube. Au lever du soleil, chacun réalise avec fierté et émotion, qu’il a marché sur les traces du prophète Moussa.

De retour du mont Sinaï, la fatigue et le sommeil n’épargnent aucun visage. Après un repas et un sommeil réparateur de quelques heures, le départ est donné pour une heure et demi de détente à la mer rouge. Sur le chemin du retour vers le Caire, chacun pense déjà à la dernière semaine de cours. Et déjà dans les esprits le retour en France est proche.

Retour en France, les souvenirs pleins la tête
C’est le 6 août : fin du séjour. Il faut se préparer au retour. La vie en collectivité est parfois difficile. Et les problèmes d’intendance multiples : problèmes de clefs, organisation des courses, gestion des bruits et autres formes d’incompatibilités. Conformément à la tradition islamique, chacun présente ses excuses aux autres. Il accorde aussi son pardon. Il ne décide de garder à l’esprit que les meilleurs moments du séjour. L’organisateur, Abdel Wahab, énonce ses recommandations sur le chemin de l’aéroport, puis il confesse : ' En tant qu’organisateur, cela a été parfois difficile, parfois les gens n’écoutent pas '. Mais il souligne qu’il avait vécu de très bons moments en compagnie du groupe.

Au terme de ce mois passé à étudier la langue arabe au Nile Center, les étudiants et étudiantes de l’IESH ont progressé dans la maîtrise de la langue arabe. Ils disent être prêts à reprendre les cours à l’IESH-Paris, la tête pleine du souvenir des quatre semaines d’immersion linguistique et culturelle.





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