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Culture & Médias

Un an après les attentats, Charlie Hebdo charge les religions en Une

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 5 Janvier 2016



La Une controversée du numéro spécial de Charlie Hebdo un an après les attentats contre la rédaction.
La Une controversée du numéro spécial de Charlie Hebdo un an après les attentats contre la rédaction.
Charlie Hebdo voulait marquer le coup pour ce triste anniversaire des attentats de janvier qui ont décimé le 7 janvier la rédaction de l’hebdomadaire satirique. C'est un bien mauvais message que celui-ci a souhaité transmettre à la société cette semaine.

Pour commémorer les événements, Charlie Hebdo publie en Une ce mercredi 6 janvier une caricature signée Riss d’un Dieu barbu, grimé en assassin portant une Kalachnikov et une tunique couverte de sang avec l'inscription : « Un an après, l'assassin court toujours ». Au-dessus de sa tête, on y voit un triangle et un œil ouvert en son centre, capable de tout voir.

« En 2006, quand Charlie publia les caricatures de Mahomet, personne ne pensait sérieusement qu’un jour tout ça finirait dans la violence. Il n’était pas pensable qu’au XXIe siècle, en France, une religion tue des journalistes », explique le dessinateur, qui est aussi le directeur de la publication, dans l'éditorial au vitriol. Riss dénonce aussi bien les « fanatiques abrutis par le Coran » et les « culs-bénits venus d'autres religions » qui auraient souhaité la mort du journal pour « oser rire du religieux ». « Ce n’est pas eux qui verront crever Charlie. C’est Charlie qui les verra crever », dit-il, en jugeant que « les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants ».

Une couverture blessante pour des croyants

Aucune religion n’est épargnée par la couverture, vécue comme une violente attaque par des croyants qui, eux, ne rient pas. Un an après le drame, Charlie Hebdo a fait le choix de la provocation plutôt que de l’apaisement. Le choix de la couverture, dévoilé cette lundi 4 janvier, n’est évidemment pas du goût de tous. Faire porter le chapeau du terrorisme sur les religions ne fait que raviver les amalgames contre lesquels la grande majorité des croyants et des dignitaires religieux, et particulièrement les musulmans, malmenés en 2015, ne cessent de dénoncer : la violence n’est pas la faute de Dieu ou des religions en elles-mêmes mais du détournement des Textes sacrés à des fins politiques et idéologiques par des terroristes, à l’instar de l’Etat islamique qui a revendiqué les attentats qui ont secoué la France en 2015.

« Ce n’est pas Dieu qui assassine, ce sont les hommes. Ils n’ont d’ailleurs pas besoin de Dieu pour le faire à très grande échelle. Les idéologies les plus meurtrières du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, n’avaient rien de religieux, elles étaient même antireligieuses », a justement écrit Guillaume Goubert, directeur de La Croix.

Le slogan #JeNeSuisPasCharlie, sources de profondes divisions en 2015, a davantage cette fois le vent en poupe. Outre les responsables religieux, la démarche de Charlie Hebdo a fait réagir de nombreux hommes politiques qui n’ont pas apprécié la prise de position du journal qui, même si elle n'est pas nouvelle, n’a rien de rassembleur, à l’heure où se préparent de très nombreux rassemblements de commémoration des victimes des attentats à travers la France. Le numéro spécial de l'hebdomadaire devrait être tiré à un million d’exemplaires dont des dizaines de milliers d'exemplaires à l'étranger.






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