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Monde

Typhon aux Philippines : pire que le séïsme d'Haïti

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 18 Novembre 2013

Le bilan ne fait que s’alourdir aux Philippines après le passage meurtrier du typhon Haiyan le 8 novembre. Alors que l’aide tarde toujours à arriver, les organisations non gouvernementales (ONG) présentent sur les lieux de la catastrophe s’organisent pour aider les nombreuses victimes. Le Secours Islamique France (SIF), qui a dépêché une équipe sur place, est de celles qui se mobilisent.



Les images de désolation parlent d’elles-mêmes. Le centre de l'archipel des Philippines, pays à forte majorité catholique, a été décimé par un des typhons les plus puissants jamais enregistrés ces dernières décennies. Le dernier bilan officiel provisoire fait état de 3 621 morts mais il devrait encore s’alourdir. De nombreux corps jonchent encore le sol et de nombreuses localités restent inaccessibles des secours à ce jour.

Une aide insuffisante

L’équipe de trois personnes du Secours Islamique France (SIF) dépêchée en urgence sur place témoignent de cette réalité. « Les paysages sont horribles. C’est pire que Haïti », racontent-t-ils, rapporte Samira Alaoui, la chargée de communication du SIF.

Il y a un « problème d’acheminement de l’aide ». « Trop de débris, trop de cadavres » empêchent les humanitaires de circuler dans l’archipel de 7 000 îles, qui s’ajoute à l’aide insuffisante déplorée par les victimes. Moins d’ONG sont mobilisés, « ce n’est pas comme lors du séisme en Haïti (qui a coûté la vie à plus de 230 000 personnes en 2010, ndlr), où il y en avait plus de 700 », estime Mme Alaoui. Le SIF compte renforcer son équipe sur place dans les prochains jours.

Une coordination nécessaire

Les trois humanitaires du SIF dépêchés se trouvent à la capitale Manille où ils se « coordonnent avec les autres ONG » pour le moment. « Il ne faut pas faire l’erreur de Haïti où chacun faisait son travail dans son coin, sans coordination », insiste Samira Alaoui.

Au SIF, « ce qui nous préoccupe le plus, c’est l’assainissement d’eau. Il y a de gros risques d’épidémies hydriques ». A Haïti, l’association spécialisée dans les projets « Eau et assainissement » avait déjà effectué ce travail. En ce sens, l’équipe du SIF a apporté aux Philippines des tablettes ainsi que des unités mobiles de traitement d’eau pour désinfecter et rendre potable l’eau.

150 000 € débloqués par le SIF

150 000 € ont débloqués par l'ONG, qui a lancé en parallèle un appel aux dons depuis le 11 novembre comme une dizaine d'organisations humanitaires françaises. Muslim Hands. aussi a lancé son appel aux dons. « Alors que l'ampleur de la dévastation est déjà comparée à celle du Tsunami en 2004, le désespoir de voir l'aide arriver se fait sentir de plus en plus alors que les survivants font face à plusieurs jours sans nourriture, eau ou fournitures médicales de base », lance l'ONG dans sa campagne web.

Face aux énormes dégâts du typhon Haiyan, qui a été accompagné de vents à plus de 360 km/heure et de vagues atteignant parfois cinq mètres de haut, l’urgence est vitale. Plus de 600 000 personnes ont été déplacés. L’aide d’urgence dont a besoin les Philippines est évaluée à 301 millions de dollars (223,5 millions d'euros), selon l’ONU. Dans cette partie du sud-est de l'Asie, le traumatisme causé par le tsunami de 2004 demeure présent dans les esprits.






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