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Sur le vif

Tremblay : une amende requise contre le patron du Cenacle

Rédigé par | Vendredi 17 Février 2017



Le Tribunal de Grande Instance de Bobigny a jugé, jeudi 16 février, le patron d’un restaurant qui a refusé de servir deux femmes voilées à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).

La scène avait été filmée par l’une des femmes puis massivement relayé sur les réseaux sociaux. On y entendait l’accusé tenir les propos suivants : « Les racistes ne mettent pas des bombes et ne tuent pas gens. Les racistes comme moi », « Madame, les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes. Voilà, cette phrase-là veut tout dire. Analysez-la et voilà » et aussi « Je suis dans un pays laïc et j’ai le droit d’avoir une opinion. (…) Et des gens comme vous, je n’en veux pas chez moi. Point barre ». Les deux victimes ont témoigné que le patron a affirmé qu’il était un « chrétien anti-islam » et aurait dit : « Je n’accepte pas les voiles, les voilées et les musulmans, vous sortez. »

Le restaurateur ne s’est pas présenté à la barre car, selon son avocate, Me Nathalie Barbier, il avait trop « honte » et qu’il était victime d’une « stigmatisation ». D’après elle, après la forte médiatisation, le Cénacle a perdu une grande partie de son chiffre d’affaire. L’avocate n’a cependant apporté aucune preuve de cela. Les débats se sont focalisés autour de deux questions : « La première : les deux femmes qui ont subi ces propos ont-elles tendu un piège au restaurateur ? La seconde : les faits de refus de service sont-ils caractérisés ? », rapporte Libération.

La procureure estime qu’il s’agissait d’un piège mais la méthode du testing étant tout à fait autorisée en France, cela n’enlève rien à la faute du restaurateur. Me Nathalie Barbier a expliqué que rien ne permet de prouver que le patron a refusé de servir les femmes. Celui-ci dit qu’il aurait simplement demandé aux clientes de retirer leur voile au nom de la laïcité.

La procureure estime que le restaurateur s’est rendu coupable d’un refus de service même indirectement car « comment, après de tels propos tenus en public, serait-il possible d’envisager la poursuite de la soirée dans des conditions normales ? ». Elle a requis une amende de 5 000 euros dont 2 500 avec sursis, ainsi qu’une inscription au casier judiciaire et publication de la décision du tribunal. Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), qui s'est constituée partie civile, en appelle à une sanction exemplaire. Le verdict du tribunal sera connu le 16 mars.

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