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Sur le vif

Togo : l’arrestation d’un imam opposant au pouvoir provoque des émeutes

Rédigé par | Mercredi 18 Octobre 2017



©iciLomé
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Des rassemblements de l’opposition ont viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre à plusieurs endroits de Lomé, la capitale du Togo, dans la matinée du mercredi 18 octobre. Ces heurts découlent de l’arrestation, deux jours auparavant, d’un imam, membre connu de l’opposition. Alpha Hassan Mollar a été interpellé à son domicile, lundi 16 octobre, à Sokodé, au centre du Togo. Membre du Parti national panafricain (PNP) et habitué des diatribes contre l’action gouvernementale, le dignitaire religieux est accusé par les autorités d'appeler « à la violence et à la haine » dans ses prêches.

« L’électricité a été coupée vers 19h, après la prière et cinq véhicules de la gendarmerie sont arrivés pour enlever Alpha Alassane, un imam très reconnu dans la ville », a témoigné Akpo Tchagnaou, coordinateur de l’Alliance nationale pour le changement. « La population s’est sentie visée et est sortie dans les rues », a-t-il ajouté.

Des violences ont alors éclaté dans la soirée. Dans un communiqué, le gouvernement explique que, « dans la foulée, des bandes organisées et structurées se sont livrées à des actes de violence inouïs, de pillages, de vandalisme et de destruction de biens publics et privés à Sokodé, Bafilo et dans certains quartiers de Lomé. A Sokodé, deux militaires en faction au domicile d'une personnalité ont été lynchés et exécutés et leurs armes et munitions ont été emportées ».

« Un jeune a également trouvé la mort et une vingtaine de blessés enregistrée parmi les civils et les forces de sécurité », ajoutent les autorités. Selon Amnesty International, il s’agirait d’un apprenti tapissier qui aurait reçu de « petites balles de plomb dans le corps ».

Des heurts se sont déroulés aussi à Agoè, au sud du pays, à seulement 10km de la capitale Lomé. Des manifestants ont envahi les rues et occasionné des dégâts matériels. La circulation a été bloquée et des jeunes ont brûlé des pneus à proximité de la maison du ministre de la Fonction publique. Des émeutes ont également éclaté à Bafilo, dans la région de Kara, près de Sokodé.

Les autorités togolaises dénoncent des actes « terroristes » qui visent à « déstabiliser les institutions de l'Etat et à semer la terreur au sein de la population ». « Les auteurs et les commanditaires de ces actes, qui ne visent qu'à compromettre l'unité nationale, seront recherchés et poursuivis conformément à la loi », terminent-elles.

L’opposition, qui exige la fin du règne de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a décidé d’organiser des marches sur toute l’étendue du territoire mais le gouvernement les a interdit les jours de semaine.

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