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Monde

Thaïlande : une mosquée attaquée

11 fidèles tués, 12 blessés

Rédigé par Haroun Ben Lagha | Vendredi 12 Juin 2009

Lundi 8 juin, dans la province de Narathiwat, au sud de la Thaïlande, une mosquée a été attaquée par un groupe d’hommes armés. La région, contestée par des séparatistes venus de la Malaisie voisine, est connue pour abriter une large population de confession musulmane.



Thaïlande : une mosquée attaquée
Cinq ans déjà que les violences font rage dans le sud musulman de la Thaïlande. Les nombreux combats opposent des séparatistes musulmans d'origine malaise aux forces régulières thaïlandaises.

Les hostilités ont débuté en 2004. Or le différend, lui, existe depuis plus d'un siècle. C'est en 1909, sous l'impulsion de l'Empire britannique, que le royaume du Siam ─ l'actuelle Thaïlande ─ décide d'annexer trois provinces malaises pour les rattacher au sud de son territoire. Ainsi les provinces de Yala, Narathiwat et Pattani, majoritairement peuplées par des musulmans, se retrouvent non seulement détachée de la Malaisie, mais également arrachées à leur communauté religieuse.

Les Thaïlandais sont au nombre de 63 millions. Ils sont essentiellement bouddhistes, mais l’islam est tout de même la deuxième religion du pays. Les 7,5 millions de musulmans (environ 12 % de la population totale) n’ont aucun mal à s’intégrer et même à se hisser aux plus hauts postes de l’État.

Néanmoins la communauté musulmane thaïlandaise est loin de se sentir profondément unie. Historiquement, les musulmans « les plus anciens » viennent en grande partie du Cambodge, du Vietnam, d’Inde et de Perse. Des familles bengalaises, afghanes et pakistanaises se sont également implantées plus tard au nord du pays. Enfin, des nationalistes chinois de confession musulmane ayant fui leur pays d’origine, au milieu du XXe siècle, se sont réfugiés en Thaïlande, après la victoire communiste.

La variété de ces horizons empêche l’émergence d’un sentiment d’appartenance à une seule et même communauté. Ainsi les séparatistes musulmans d’origine malaise ne font pas l’unanimité dans les rangs de la deuxième religion du pays.


Funérailles, au lendemain de l'attaque de la mosquée de Cho-ai-rong, dans la province de Narathiwat (Thaïlande). Photo : Reuters.
Funérailles, au lendemain de l'attaque de la mosquée de Cho-ai-rong, dans la province de Narathiwat (Thaïlande). Photo : Reuters.

Des affrontements de longue date, une paix fragile

Les insurgés engagés dans les combats sont donc principalement d’origine malaise. En cinq années d’affrontements, près de 4 000 personnes ont péri lors des violents combats. Depuis la semaine dernière, et donc, bien avant le drame de lundi soir, les combats ont encore redoublé de violence.

En huit jours, on dénombre au moins une vingtaine de morts et une quarantaine de blessés pour la seule province de Narathiwat. Pour l’heure, aucun groupe armé n’a revendiqué l’attaque de la mosquée de Cho-ai-rong. La piste séparatiste reste cependant privilégiée par les autorités thaïlandaises.

Quelques heures précédant l'attaque de la mosquée, un accord venait d'être signé entre la Thaïlande et la Malaisie, pays limitrophe à majorité musulmane, s'engageant à aider les Thaïlandais du Sud dans leur développement économique.




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