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Sur le vif

Télé : la satire des « Guignols de l’info » tunisiens interdite ?

Rédigé par La Rédaction | Lundi 27 Août 2012



En Tunisie, malgré le printemps arabe et la chute de Ben Ali, la liberté d’expression peine à s’imposer dans le pays. La semaine dernière, face aux pressions, selon son dirigeant, la chaîne Ettounissiya TV a flanché et décidé d’arrêter la diffusion de «La Logique politique», émission équivalente des «Guignols de l'info» de Canal +.

Le principe de l’émission, qui comme son homologue française, n’hésite pas à épingler les dirigeants politiques en les ridiculisant, ne plaît vraiment pas au gouvernement. Moncef Marzouki, le président de la République, Hamadi Jebali, le premier ministre Ennahda, et le leader du parti islamiste, Rached Ghannouchi en étaient régulièrement la cible. Ces gags qui les mettaient en scène rencontraient un grand succès dans les foyers tunisiens avec « quatre millions de téléspectateurs » d’après Sonia Dahmani, l’avocate du patron d’Ettounissiya TV, Sami Fehri.

«Lotfi Zeitoun, le conseiller du premier ministre, m'a dit que trois minutes de “Guignols” faisaient plus de tort au gouvernement que toute l'opposition», indique ce dernier. «Trop de pressions extérieures», déclare-t-il pour justifier l’arrêt de l’émission satirique.
L’homme est d’autant plus accablé, qu’il vient d’apprendre qu’il serait placé en détention. , Il est en effet accusé « d'usage illicite des ressources de l'Etablissement de la télévision tunisienne » pour ses relations de proximité avec l’ancien régime de Ben Ali car il partageait à l’époque sa société actuelle, Cactus Production, avec Belhassen Trabelsi, le frère de Leïla Trabelsi-Ben Ali.

Mais pour Sami Fehri, cette convocation de la justice est surtout liée aux «Guignols». « Jeudi, les médias apprennent que j'arrête l'émission et vendredi je fais l'objet d'un mandat de dépôt. C'est quand même étrange cette concomitance et cette rapidité !», juge-t-il. « Ils veulent me punir parce que je n'ai pas fait taire les rumeurs d'intimidation d'Ennahda après l'annonce de l'arrêt des “Guignols”», ajoute-t-il. Son avocate se demande pourquoi ils n’arrêtent que son client « qui n'est cité que comme complice alors que les 17 autres personnes impliquées n'ont fait l'objet d'aucun mandat ? ».

Lotfi Zeitoun, le conseiller du chef du gouvernement, dément toute pression mais reconnaît avoir dit à l'un des producteurs de l'émission de tenir compte de «la renommée de ces personnages publics qui ont chacun une famille». Il assure par ailleurs que personne n'a demandé à la justice d'intervenir.

Sami Fehri risque dix ans de prison. Les médias, eux, craignent qu’Ennahda tentent de contrôler les différents groupes de presse du pays.
Pour l’heure, la chaîne Nessma TV dont le patron a été dernièrement condamné à une amende pour avoir diffusé le film Persepolis, continue de programmer une émission du même type, « Les Guignols du Maghreb ».

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La Rédaction


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