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Monde

Tchétchénie : liquidation du chef des indépendantistes

| Lundi 19 Juin 2006

Le chef des rebelles tchétchènes et président de la république d’Itchkérie, Abdul khamid Saidullayev, a été assassiné à Argoun, durant une opération spéciale des forces russes. L’annonce a été faite ce samedi 17 juin par les forces pro russes en Tchétchénie. Oubliée du reste du monde, la Tchétchénie continue du subir des affrontements incessants depuis 1999.



Patrouille russe en Tchétchénie
Patrouille russe en Tchétchénie
Ramzan Kadyrov, premier ministre pro-russe de Tchétchénie, a confirmé ce samedi la liquidation à Argoun, du chef des indépendantistes et président de la république d’Itchkérie, Abdulkhamid Saidullayev. Assassiné par les forces spéciales russes, il « n’avait jamais été un quelconque président. » selon Alu Alkhanov, président tchétchène pro-russe. R. Kadyrov, chef des « kadyrovtsis », milice pro russe accusée de crimes en tous genre, a qualifié cette opération spéciale de succès majeur, déclarant être « résolus à en finir avec le terrorisme international dans l'ensemble du Caucase du Nord.»

La république d’Itchkérie

La république d’Itchkérie, nommée communément Tchétchénie, a obtenu son indépendance de facto après la guerre de 1994-1996. Se concluant par le traité de Khassaviourt, signé par les russes et les tchétchènes, une élection présidentielle avait eu lieu en 1997, sous le contrôle de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). C’est Aslan Maskhadov, chef des factions rebelles, qui avait été élu président par la population. Par la reprise de la guerre en 1999, l’Itchkérie a perdu de nouveau son indépendance. Les indépendantistes se sont divisés en factions opposées. Chamil Bassaïev a quitté le mouvement de Maskhadov pour créer son parti radical. Assassiné en mars 2005 par les forces russes, Aslan Maskhadov n’avait plus aucun pouvoir. Il avait été quelque peu délaissé par la population après avoir concédé à Chamil Bassaïev l’introduction de la Charia dans les lois constitutionnelles du pays. En effet, les tchétchènes, à majorité soufis, ont vu comme une déloyauté les concessions du président Maskhadov. C’est ainsi qu’Abdul khamid Saidullayev lui succéda à une place de président déchu, en guerre ouverte pour l'indépendance. Dans la même lignée que son prédécesseur, Abdul khamid Saidullayev légua la place de vice-premier ministre au radical Chamil Bassaïev.

Les tchétchènes, ignorés du reste du monde

La petite république d’Itchkérie reste totalement ignorée par le reste du monde. Cela fait plusieurs siècles qu’elle tente de résister à l’invasion russe. Après avoir été déportés en 1944 sous Staline, pour une collaboration avec les nazis qui n’a jamais été prouvée, les Tchétchènes ont subis la terrible guerre de 1994-1996. Déclanchée suite à la déclaration d’indépendance de 1991, profitant de la chute de l’URSS, 60 à 100 000 tchétchènes et plus de 10 000 soldats russes y seraient décédés. Puis, la guerre de 1999 éclata en août, suite à l’invasion par Chamil Bassaïev, du Daghestan voisin. N’acceptant pas la défaite de 96, la Russie n’attendait qu’un prétexte pour attaquer de nouveau la petite république. Celle ci évoque la lutte contre le terrorisme international pour agir à sa guise dans le petit territoire. D’ailleurs, de nombreuses rumeurs ont courus, certaines accréditées par les services secrets français, sur une possible rencontre entre des représentants de Chamil Bassaïev et Boris Bérézowski, oligarque à l’époque proche du gouvernement Russe. Une somme de plusieurs millions de dollars aurait été transmise au chef de guerre afin d’attaquer le Daghestan et permettre la reprise des affrontements.


Quoi qu’il en soit, la population tchétchène a subi des pertes énormes. Plus de 20% de celle-ci aurait été exterminée par ces guerres. Ces affrontements, qualifiés par certain de véritable génocide, n’ont pas émus les gouvernements occidentaux outre mesure. Certes l’Europe s’était manifestée contre cette guerre, suivie par les Etats-Unis de Bill Clinton. Mais, depuis le 11 septembre 2001, personne ne semble s’inquiéter du sort de cette population.






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