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Culture & Médias

"Six milliards d'Autres", une invitation à découvrir l'humain

Rédigé par Anissa Ammoura | Vendredi 16 Janvier 2009

Cinq mille hommes et femmes à travers le monde se sont confiés aux caméras de six reporters. Ils ont acceptés de répondre à un même questionnaire sur leurs visions de la vie, leurs rêves, leurs peurs, l'amour, la mort. Le résultat donne vingt heures de portraits filmés pour découvrir ce qui sépare et ce qui lie les hommes entre eux. Le projet "Six milliards d'Autres", initié par le photographe Yann Arthus-Bertrand et l'association Good Planet, est à découvrir dans une exposition qui se tient au Grand Palais de Paris jusqu'au 12 février mais aussi sur Internet.



"Six milliards d'Autres", une invitation à découvrir l'humain
« Tout est parti d’une panne d’hélicoptère, un jour, au Mali. En attendant le pilote, j’ai discuté avec un villageois une journée entière. Il m’a parlé de son quotidien, de ses espoirs, de ses craintes : sa seule ambition était de nourrir ses enfants (…) Et il me regardait droit dans les yeux, sans plainte, sans demande, sans ressentiment. J’étais parti photographier des paysages, j’ai été captivé par ce visage, par sa parole » explique le photographe Yann Arthus-Bertrand pour qui cette rencontre a été un déclic dans la réalisation du projet et de l’exposition « Six milliards d’Autres », au Grand Palais depuis le 10 janvier.

Six ans, ca a été le nombre d’années nécessaire pour que le projet du globe-trotter et des réalisateurs Baptiste Rouget-Luchaire et Sibylle d'Orgeval, puisse voir le jour. Pendant quatre ans, six reporters ont parcouru la planète à la rencontre des « Autres », sillonnant 75 pays, réalisant 5000 témoignages filmés. Objectif : « réunir la diversité » des hommes et des femmes du monde entier tout en « faisant ressentir l’universel de l’homme » soit découvrir ce qui sépare et ce qui lie les hommes entre eux. Ils s’appellent Edison, Marisa, Gamila, Samir, Gaspar ou encore Denis. Ils vivent au Rwanda, en Russie, en Egypte, en France, en Suède ou aux Etats-Unis. Ils sont issus de toutes les couches sociales, sans distinction. Tous ont répondu à un questionnaire précis de quarante questions sur leurs expériences, leurs visions de la vie, leurs rêves, leurs doutes, leurs peurs.

Chaque portrait a été filmé en plan serré et rapproché sur un fond neutre afin de créer un contact direct et une vraie intimité avec le spectateur. Au final, vingt heures de film croisant les portraits, ont été montés. Ils sont diffusés en fonction des thèmes abordés (l’amour, la peur, la transmission…), dans des yourtes situées dans la nef du Grand Palais. Une grande partie de ces portraits est déjà accessible sur le site Internet du projet.

Le résultat est plutôt réussi puisque les propos et l’expression du visage de chaque personne interviewée l'emportent sur l'apparence, qui passe, elle, en second plan.
Dans cette mosaïque de portraits, on y rencontre Misbah. Ce jeune homme de 25 ans vit et travaille à Ramallah comme webdesigner. Depuis plusieurs années, il souffre de ne pouvoir voir ses parents qui vivent à Gaza, à une heure en voiture, car il n’est pas sûr de pouvoir retourner chez lui après, faute d'autorisations par les Israéliens. Emu, il explique ce choix difficile qui repose sur la garantie d’un avenir meilleur à Ramallah. Il y aussi Tinnit, une éthiopienne de 42 ans qui travaille dans une ONG et plaisante sur ses rêves de voyage au Tibet, malgré le fait qu’elle déteste l'hiver et le froid ! Légers, sérieux ou poignants, les témoignages représentent la diversité des hommes et des émotions.

Le projet, qui n’a aucune vocation « scientifique, sociologique ou géopolitique » est une invitation à aller vers l’ « Autre », un pont entre les gens. « Car dans tous les combats à venir, que ce soit la pauvreté ou les changements climatiques, on ne pourra plus agir seuls » analyse Yann Arthus Bertrand.

Les visiteurs et les internautes sont invités à compléter le projet en laissant leur témoignage filmé ou leur photo dans un stand de l'exposition ou par le biais du site Internet. L'exposition qui se termine le 12 février à Paris devrait ensuite parcourir le monde, comme l'espèrent ses initiateurs.


« Six milliards d’Autres », au Grand Palais, Paris 8ème, du 10 janvier au 12 février 2009. Entrée : plein tarif 5 euros, demi-tarif 3 euros, Pass entrée illimitée 10 euros.
Projet complet et renseignements pratiques sur http://www.6milliardsdautres.org/  





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