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Sénégal: nouveau port pour le fer

| Lundi 22 Décembre 2008

Le Port de Bargny, longtemps envisagé, va se réaliser. Il permettra l’exportation du fer d’Arcelor Mittal.



Le Port de Bargny va-t-il cesser d’être une Arlésienne ? Le Ministère des mines, de l’industrie et des PME entend bien se donner les moyens de sortir enfin ce vieux projet des limbes. Il date en effet des années soixante-dix. A l’issue d’un voyage officiel mémorable du président Léopold Sédar Senghor en Iran, c’est le grand amour entre les deux pays. L’Iran est ébloui par la culture et l’humanisme d’un « Platon noir » alors que le Sénégal s’éprend de la reine, Farah Pahlavi, la belle roturière iranienne qui rencontra et épousa Mohammad Reza Shâh Pahlavi Shabanou, le shah d’Iran.

Le projet comportait l’exploitation de phosphates et la création d’une ville commerciale, industrielle et de loisirs de 200 000 habitants, financé bien entendu par l’Iran sur le site de Bargny, à une trentaine de kilomètres de Dakar. Son nom, Keur (« chez » en wolof) Farah Pahlavi. La chute du shah d’Iran en 1979 mit un terme au rêve.

« Le port va traiter non seulement le minerai de fer, mais aussi l’essentiel des produits en vrac actuellement manutentionnés dans le Port de Dakar. »

A défaut de la nouvelle ville, le Port de Bargny semble devoir se faire. Il a été relancé par le groupe sidérurgique Arcelor Mittal, qui a initié au Sénégal le plus important projet industriel d’Afrique de l’Ouest avec la production de 20 à 25 millions de tonnes de fer par an. Pour exporter ce fer, l’actuel Port de Dakar, déjà engorgé, ne se prête guère. Aussi Arcelor Mittal a-t-il décidé de créer un nouveau port à Bargny et a prévu une enveloppe de 1100 milliards de francs CFA, 1,67 milliard d’euros, pour le financer.


Partenariat public-privé

Le sidérurgiste ne sera plus seul dans le projet. Celui-ci se fera en partenariat entre secteurs public et privé. « Le port va traiter non seulement le minerai de fer, mais aussi l’essentiel des produits en vrac actuellement manutentionnés dans le Port de Dakar », a expliqué Marcel Veilleux, le consultant qui a conduit l’étude de faisabilité économique et financière depuis 2007, financée par l’Agence américaine pour le commerce et le développement. Une dizaine de sociétés sénégalaises et étrangères, parmi lesquelles la Société des phosphates de Matam, la Société nationale d’électricité, la Société sénégalaise des phosphates de Thiès et Mineral Deposit Limited, ont décidé de se joindre au projet.

Le nouveau projet, a expliqué le ministre sénégalais des Mines, Ousmane Ngom, « se veut régional, africain et intégrateur. Il permettra de désengorger le port de Dakar de la manutention de produits en vrac importés ou exportés par les entreprises industrielles et de réduire la pollution dans la ville de Dakar. » Il sera conçu pour accueillir des navires de 350 000 tonnes.

« Le port contribuera à la réduction du fameux et éternel embouteillage sur la route nationale, entre Dakar et Bargny, en éliminant de la circulation plus de 250 camions qui desservent quotidiennement le Port de Dakar », ajoute Marcel Veilleux.

Le démarrage des travaux de construction est prévu en 2009 et sa mise en service devra coïncider avec la première année de production et de commercialisation du fer en 2011.

Un conseil présidentiel en présence du chef de l’Etat devrait se tenir incessamment sur les modalités de financement, de réalisation et de gestion du futur port.



Les Afriques





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