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Sur le vif

Seine-et-Marne : 18 enfants étrangers interdits d’école

Rédigé par La Rédaction | Lundi 7 Mai 2012



Privés d’école parce qu’ils ne sont pas Français. C’est ce que vivent 18 enfants âgés de 3 à 11 ans à Rubelles, une commune de Seine-et-Marne.

Les enfants concernés d’origines tchétchène, sri-lankaise ou encore ingouche vivent avec leur famille en hébergement d’urgence dans les hôtels de la ville. Ces familles qui demandent l’asile ont multiplié les démarches pour scolariser leurs enfants. Elles ont été « renvoyées comme des balles de ping-pong de la mairie de Rubelles à l'inspection académique de Seine-et-Marne, en passant par la mairie de Melun, pour revenir à la mairie » explique Réseau Education Sans Frontières (RESF) dans un communiqué. « Cette situation dure depuis plusieurs mois et même, pour certains d'entre eux, depuis la rentrée de septembre 2011 », ajoute l'organisation.

Aujourd’hui, les portes de l’école leur sont toujours closes car la mairie refuse de les inscrire et a mis en place un arrêté municipal pour les empêcher d’accéder à l’école. Le maire de la commune invoque un problème de place. Michel Dreano, maire adjoint de Rubelles, explique que « grâce aux classes CLIN (classes d'initiation pour non-francophones), nous avons pu en scolariser une bonne partie » mais « nous n'avons que 8 classes pour environ 210 élèves, nous ne pouvons accueillir ces autres enfants ».

« Pourtant, l'inspection académique de Seine-et-Marne affirme qu'il reste de la place dans les écoles maternelle et primaire de Rubelles », note RESF.

RESF, Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme (LDH) ont organisé un rassemblement devant l’école, jeudi 3 mai, pour attirer l’attention de l'opinion publique sur ce cas et demander leur scolarisation. Cependant, plusieurs parents d'élèves déjà scolarisés à Rubelles n'ont pas été indignés de la décision du maire, faisant comprendre qu'accueillir ces élèves reviendrait à faire baisser le niveau des classes. Une remarque digne de Claude Guéant qui avait déclaré, en mai 2011, que l'échec scolaire est la faute des enfants d'immigrés.

Face à cette injustice, un huissier de justice a été diligenté, le 13 avril dernier, pour sommer le maire de Rubelles de réaliser les inscriptions demandées, nous apprend RESF. Mais ce dernier n’a toujours pas donné son autorisation. Il semble oublier que l’école est un droit pour tous les enfants, Français ou non.


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