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Economie

Ramadan : les inquiétudes des pays musulmans face à la hausse des prix

Rédigé par Anissa Ammoura | Mardi 2 Septembre 2008

Pendant le ramadan, le budget des ménages musulmans consacré à l'alimentation est au plus haut. Dans plusieurs pays, et avant le début du jeûne, les prix des produits de première nécessité avaient déjà commencer à flamber. Pour limiter les effets de l'inflation sur le panier des familles, les gouvernements ont pris des mesures et promis de surveiller les prix, les abus et les pénuries.



Ramadan : les inquiétudes des pays musulmans face à la hausse des prix
Le pouvoir d’achat n’est pas qu’une préoccupation hexagonale, en témoigne les inquiétudes liées à la flambée des prix des produits de première nécessité dans les pays musulmans avant même le début du ramadan. Ainsi, en Algérie, les prix des produits de base avaient déjà augmentés. Celui de la tomate – indispensable à la préparation de la chorba, soupe principalement servi pendant le mois sacré, avait déjà quadruplé en deux semaines avant le début du jeun et celui de la volaille avait quant à lui connu une hausse d’au moins 25 %. Au Maroc, la hausse des produits alimentaires avait déjà augmenté de 9,1% pour le mois de juillet selon les chiffres publiés par le Haut Commissariat marocain au Plan (HCP). En Tunisie, l’inflation des prix à la consommation était de 5,2 % en juillet dernier.

Radio France Internationale (RFI) indiquait le 1er septembre que l’Indonésie, le plus grand pays musulman du monde par sa population, ne dérogeait pas à la règle. Selon RFI, le prix des œufs, de la viande et de l’huile « a augmenté de 25 %... quelques jours avant le début du Ramadan ». Les pakistanais et les afghans s’inquiètent aussi. Au Pakistan, l’inflation enregistrée pour cette année est selon le journal Le Monde, de 24 %, « la plus élevée dans l'histoire du pays », contre « 8 % il y a un an ». Selon l’Agence France Presse (AFP), le prix des céréales a doublé depuis un an dans certaines régions d’Afghanistan et l'Egypte, qui compte environ 80 millions d'habitants, a enregistré une inflation de 23% sur un an en aout.

Pour protéger les familles, dont le budget consacré à l’alimentation augmente fortement pendant le ramadan, et les plus démunis, les gouvernements ont mis en place des mesures pour faire face à cette escalade des prix.

Limiter l'augmentation des prix

Le Pakistan a débloqué 2, 4 millions de dollars, soit environ 1 642 149 euros pour subventionner les produits de première nécessité pendant la durée du jeûne.

Le gouvernement algérien a pris plusieurs mesures. La première initiative importante consistait au stock de quelques 120 000 tonnes de pommes de terre après une récolte abondante pour pouvoir en réguler l'approvisionnement et le prix durant le ramadan. Deux milliards et demi de dollars ont également été injectés en 2008 par l'Etat dans des produits très consommés comme le pain, le lait et la semoule pour limiter l'augmentation de leurs prix. Enfin, 1,5 million de " couffins du ramadan " ont été distribués avant le début du mois de jeûne par le gouvernement aux familles les plus démunies. D'une valeur de 4900 dinars - soit l'équivalent de 50 euros -, chaque panier comporte 20 kg de semoule, 20 kg de farine, du café, du sucre et de l'huile. Au Maroc, des importations de blés ont été effectuées de manière préventive, avec suspension des droits de douane pour limiter les prix. En Egypte, a été mis en place « un plan d'urgence en coopération avec les chambres de commerce pour garantir que les prix ne vont pas augmenter ».

Les gouvernements assurent surveiller les abus des commerçants en matière de prix et estiment globalement qu'il n'y aura pas de pénurie pour les produits de première nécessité. Malgré tout, ce mois sacré risque d'être très salé pour les ménages avec enfants puisqu'il coïncide cette année avec la rentrée scolaire.




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