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Sur le vif

Racisme : le Bamboula et le Négro, biscuits stars d’une chocolaterie auxerroise

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mardi 2 Septembre 2014



Racisme : le Bamboula et le Négro, biscuits stars d’une chocolaterie auxerroise
Le Bamboula et le Négro, deux expressions racistes utilisées pour désigner une personne noire. A la chocolaterie Grégory Féret basée à Auxerre, ces termes sont ceux de deux friandises. Le Bamboula, biscuit cuillère enrobé de chocolat, et le Négro, pain d'épice praliné enrobé de chocolat, sont ainsi proposés à la vente dans des packagings reprenant l'imagerie coloniale traditionnelle.

Prévenu le lundi 1er septembre par de nombreux internautes de l’existence de tels gâteaux, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et Sortir du Colonialisme s’élèvent contre leur commercialisation. Dans un communiqué qui nous est parvenu mardi 2 septembre, ces deux structures reviennent sur la réaction de la chocolaterie qui avait répondu à plusieurs personnes ayant protesté sur leur page Facebook.

Sur le réseau social, la chocolaterie se défend de tout racisme expliquant que le « Négro n'est en aucun cas une injure ou un autre qualificatif raciste, ce n'est pas une insulte mais un hommage rendu aux Sénégalais blessés pendant la Première Guerre aux côtés des Français et dont certains étaient soignés à l’hôpital d'Auxerre ». Quant au Bamboula, qui désigne « le nom d'une ancienne danse Africaine », il s’agit de « rendre hommages aux cultures que les Africains nous ont apporté en France », assure la chocolaterie.

Après le « Négro », le « Youpin » ?

Ces explications ont fait bondir le CRAN et Sortir du Colonialisme. « En vérité, les Noirs de France se seraient bien passés d'un pareil hommage. Est-ce que la maison Féret a l'intention de vendre aussi des nougats "Ratons", en hommage aux Algériens de France ? Et pourquoi pas des bonbons "Youpin", en hommage aux Juifs déportés ? Utiliser ces termes racistes pour faire vendre, c'est déjà outrageant, mais affirmer qu'il s'agit d'un hommage, c'est vraiment prendre les gens pour des C*** », tacle Louis-Georges Tin, le président du CRAN.

« On assiste à un revival de l'imagerie coloniale la plus nauséabonde. Après la banane, voici maintenant le retour du Y'a bon chocolat. C'est Tintin et la chocolaterie. L'exotisation, l'orientalisme et le paternalisme patriotique font de ces confiseries un parfait exemple de négrophobie culinaire », dénonce de son côté Gisèle Felhendler, responsable de Sortir du Colonialisme.

« Selon le site internet de la chocolaterie, ces deux délices seraient "nés de l'imagination de Jules Moreau et de son fils Jean, ancien maire d'Auxerre" », constatent les associations, qui demandent « à l'actuel maire d'Auxerre, Guy Férez, d'intervenir sans tarder afin que l'image de la ville ne soit pas ternie plus longtemps ».

Les militants antiracistes, exigeant « que la chocolaterie de la honte retire de la vente ces horreurs » et présente ses excuses aux Noirs de France, n’excluent pas de mener « des actions coups de poing sur place » comme ils l’avaient fait contre Mango pour sa commercialisation des bijoux « style esclave ». A défaut d'excuses, la chocolaterie devrait prochainement changer le nom de ses biscuits pour mettre fin à la polémique.

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