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Monde

Proche orient : rencontre israélo- égyptienne sur fonds de violences

| Vendredi 5 Janvier 2007

Hier dans la soirée, le président égyptien, Hosni Moubarak, a accueilli le premier ministre israélien Ehud Olmert. C’est à Charm el-cheikh que les deux hommes se donc rencontrer afin de discuter ensemble de la possibilité d’une paix au Proche Orient. Au même moment, une incursion militaire israélienne à Ramallah, en Cisjordanie, avait lieu causant la mort de quatre palestiniens. Dans la bande de Gaza, les violences inter palestiniennes ont fait six morts et plusieurs dizaines de blessés.



Rencontre tendue

Après un retard de 45 minutes, Ehud Olmert est finalement arrivé à Charm el-Cheikh, où l’attendait le président égyptien, Hosni Moubarak. C’est la seconde fois que les hommes se rencontrent depuis l’arrivé au pouvoir du premier ministre israélien. Les discussions ont tourné principalement autour d’un éventuel processus de paix au Proche Orient, alors qu’au même moment une incursion militaire israélienne avait lieu en plein centre de Ramallah en Cisjordanie, faisant quatre morts palestiniens.

M. Moubarak a publiquement condamné l'opération israélienne et a demandé « l'arrêt immédiat de la violence. » estimant que « le recours à la force militaire » s'opposait aux efforts de paix. « J'ai exprimé au Premier ministre notre indignation après ce qui s'est passé aujourd'hui à Ramallah et je lui ai dit qu'Israël et tous les peuples de la région ne trouveraient la paix qu'en évitant de se livrer à de tels agissements qui lui font obstacle », a ajouté le président égyptien lors de la conférence de presse conjointe.
M. Olmert, nettement plus crispé, a exprimé ses « regrets pour les victimes innocentes », mais souligné qu’ « Israël est obligé de mener des opérations pour assurer sa sécurité», exigeant « la fin des actes terroristes. »

Les négociation entre les deux hommes n’ont pas abouti, notamment sur la question d’un éventuel échange entre Gilad Shalit, le soldat israélien retenu dans la bande de Gaza depuis le mois de juin 2006, et les nombreux prisonniers politiques palestiniens. « Nous travaillons étroitement depuis longtemps et veillons à la libération des prisonniers palestiniens du côté israélien et des prisonniers israéliens du côté palestinien. Il y a des efforts constants et j'espère que nous arriverons bientôt à un résultat dans cette affaire », a déclaré le président égyptien. « Il y a le soldat israélien Shalit, et il y a beaucoup de prisonniers (palestiniens), dont des ministres et des non-ministres (détenus) du côté israélien », a-t-il souligné.

Concernant le problème des tirs de roquettes palestiniennes sur le territoire israélien, M. Moubarak a déclaré: « Les roquettes Qassam... mais ils vont en lancer tous les jours! Est-ce qu'à cause d'une ou deux personnes qui lancent des roquettes, on va arrêter le processus de paix? ».

Un autre thème a été abordé, concernant le passage de sommes d'argent et de la contrebande d'armes vers la bande de Gaza, sur lequel les deux hommes se sont retrouvé en total opposition. « J'ai exprimé ma préoccupation sur le fait que des armes passent en contrebande à travers la route Philadelphie », entre l'Egypte et la bande de Gaza, a souligné M. Olmert. Il s'est aussi déclaré opposer au transfert d'argent vers le territoire palestinien via le point de passage de Rafah. « Je sais que l'Egypte veut et entreprendra des mesures particulières pour interrompre la contrebande », a-t-il dit. Mais M. Moubarak a souligné clairement que « Nous ne permettons pas que l'argent transmis aux Palestiniens passe en fraude, mais la loi égyptienne permet le passage de l'argent tant qu'il est déclaré », a-t-il souligné. Face à la demande de M. Olmert de durcir les contrôles, M. Moubarak a dit: « Nous allons voir dans quelle mesure nous pouvons faire cela », tout en affirmant qu'il n'existait pas « de garantie à 100 % » dans ce domaine « dans n'importe quel pays au monde. »

La réunion Moubarak-Olmert intervient a quelques jours de la visite officielle de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice dans la région, attendue les 13 et 14 janvier.


Violences

Dans la journée de jeudi, les forces israéliennes ont tué quatre Palestiniens et en ont capturé quatre autres lors d'un raid aéroterrestre contre un immeuble du centre de Ramallah, en Cisjordanie. L’armée israélienne a qualifié cet évènnement comme une opération de routine, affirmant que le quatre personnes interpellées étaient recherchées.
Les jeeps et buldozers israéliens ont pénétré dans la ville, percutant les voitures garées et les étals des marchés, jusqu’à la pace principale de Manara, en plein centre ville. Une source proche de la sécurité palestinienne, a indiqué qu'un hélicoptère de combat israélien avait tiré à la mitrailleuse sur un immeuble proche de la place Manara.

Il s'agit de la plus importante incursion israélienne depuis mai dans Ramallah, où se trouve le siège de la présidence de l'Autorité palestinienne. Les Palestiniens ont riposté en jetant des pierres sur les blindés et en tirant à ont été abattus selon une source médicale. Vingt-cinq autres personnes ont été blessées avant que les forces israéliennes ne se retirent.

Ehoud Olmert s'est excusé pour les victimes civiles causées par ce raid. «Les choses se sont passées d'une manière qui n'était pas prévisible d'avance; si cela a fait du tort à des innocents, ce n'était pas notre intention », a-t-il assuré.

Ce raid intervient moins de deux semaines après la rencontre du Premier ministre israélien Ehoud Olmert et du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Ce dernier a d’ailleurs estimé dans un communiqué que « cette opération prouve que les appels israélien à la paix et à la sécurité sont trompeurs. » Le dirigeant palestinien a lancé un appel à la communauté internationale pour retenir l'Etat hébreu. « Cette agression continue n'aboutira qu'à la destruction de tous les efforts en faveur de la paix », a-t-il déclaré, exigeant cinq millions de dollars (3,8 millions d'euros) de compensations pour les dégâts causés aux commerces et véhicules à Ramallah.

Dans la bande de Gaza, se sont apparemment des combats entre factions palestiniennes rivales qui ont fait six morts. Un policier du Hamas a été tué par des hommes du Fatah. En représailles, un officier supérieur de la force de sécurité préventive du Fatah, le colonel Mohammed Gharib, et quatre de ses hommes ont été tués par des miliciens du Hamas. La femme du colonel a été blessée dans l'affrontement.

D'autres affrontements inter palestiniens ont fait une trentaine de blessés dans le camp de réfugiés de Djabaliya, a-t-on précisé de source médicale.

Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, du Hamas, a appelé au calme et précisé qu'une rencontre était envisagée avec le président Mahmoud Abbas pour mettre fin aux affrontements. Les deux hommes ne se sont pas vus depuis deux mois.

Par ailleurs, à Bethléem, les forces israéliennes ont blessé un Palestinien avant de l'arrêter, a-t-on appris auprès de la sécurité palestinienne.





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