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Politique

Patrick Kanner : « La responsabilité des politiques, c’est de créer du lien social pour éviter le pire »

Entretien exclusif avec le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

Rédigé par | Dimanche 27 Novembre 2016

Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner, fraichement arrivé à Madagascar au bout de 11 heures de vol vendredi 25 novembre, a découvert la capitale Antananarivo en pleine ébullition. Ce pays du bout du monde accueille les 26 et 27 novembre le 16e Sommet de la francophonie, le plus grand évènement international jamais organisé au cours de son histoire. Les nouvelles infrastructures sorties de terre et les premières manifestations culturelles semblent conduire la Grande Île sur le chemin de la réussite. Au cours du sommet qui a, entre autres, abouti à la signature d'un accord portant sur le volontariat international des jeunes dans l’espace francophone, le ministre s’est exprimé au micro de Saphirnews à propos de la francophonie, de la jeunesse et du multiculturalisme. Entretien.



Patrick Kanner au 16e Sommet de la Francophonie organisé à Madagascar les 26 et 27 novembre. © Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
Patrick Kanner au 16e Sommet de la Francophonie organisé à Madagascar les 26 et 27 novembre. © Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

Saphirnews : Comment avez-vous trouvé l’accueil malgache ?

Patrick Kanner : Formidable ! Cela fait d’autant plus chaud au cœur qu’il y a une vraie reconnaissance à Madagascar. Ce pays a été mis un peu au ban des nations pendant pas mal d’années en raison du climat politique avant de réintégrer l’OIF (Organisation internationale de la francophonie, organisatrice du sommet, ndlr) en 2014. Aujourd’hui, il se retrouve à accueillir le plus grand évènement diplomatique de son histoire.

Et du thème qui vous amène à ce sommet ?

Patrick Kanner : Je suis très content que Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF, ait considéré que la question de la jeunesse devrait être au cœur de la construction du message de la francophonie.

Quel message souhaitez-vous porter auprès de la jeunesse francophone ?

Patrick Kanner : Le message qui est le mien et qui est assez partagé par mes collègues ministres de la Jeunesse, c’est qu’on ne peut plus parler à la place de la jeunesse, en l’évitant ou, en tout cas, en la considérant comme étant une clientèle qui doit recevoir sans jamais donner. Ce que j’ai ressenti notamment chez les jeunes que j’ai rencontrés tout au long de la journée, c’est la volonté de l’engagement. La volonté de se dire que notre jeunesse n’est pas un handicap. Nous sommes capables de co-construire les politiques publiques qui s’adressent à nous mais aussi d’amener un éclairage sur les politiques publiques qui s’adressent à l’ensemble des nations concernées.

Concrètement, qu'est-ce que cela donne ?

Patrick Kanner : Je vous donne un exemple concret. Le service civique en France, qui existe maintenant depuis 2010, s’est développé et a permis à 160 000 jeunes d’entrer dans une démarche d’engagement et d’être utile à la nation sur la base du volontariat et pas d’obligation. L’objectif (à atteindre) est de 350 000 jeunes en 2018 et 2019. Le service civique n’est pas développé partout de la même manière dans le monde francophone et parfois même pas du tout, pour des raisons techniques, juridiques ou malheureusement financières.

(...) Ce qu’on va signer (samedi, ndlr), c’est une convention d’objectif pour développer le service civique dans le monde francophone par des échanges entre jeunes. La France va être moteur parce qu’elle va mettre deux de ses outils à disposition, à savoir l’Agence du service civique, que je vais représenter, et l’Office franco-québécois de la jeunesse.

L’engagement est une réponse aux maux de la société. Il y a parfois l’image très injuste que l’on donne d’une jeunesse qui serait repliée sur elle-même, égoïste, qui n’aurait que des ambitions pratiques, matérielles.

Quand je vois des jeunes en France se dire qu’ils veulent donner du sens à leur vie, (...) une place dans notre société mais aussi avoir envie de donner, j’ai le sentiment qu’il faut travailler ce cœur profond de la jeunesse. Quelque part, c’est le message que l’on veut aussi transmettre aujourd’hui.

Ne percevez-vous pas un conflit générationnel en France comme on a pu le voir en Grande-Bretagne avec le Brexit. On a vu que la jeunesse était plus pro-européenne que leurs aînés. Trouvez-vous que la jeunesse de France est suffisamment écoutée ?

Patrick Kanner : En France, la jeunesse nous dit bien des choses. Elle l’a montré aux élections régionales (fin 2015, ndlr) : trois quarts des jeunes ne sont pas allés voter. Et un tiers d’entre eux a voté pour le Front national. Ce qui veut dire qu’à un moment donné il y a un rejet de la classe politique comme étant incapable de prendre en considération les besoins de la jeunesse ou, en tout cas, de les écouter.

Je porte le message qui est simple : aujourd’hui, la jeunesse veut qu’on l’aime mais elle veut des preuves d’amour. Ce que j’ai vu tout à l’heure à l’une des conférences à laquelle j’ai assisté, à savoir être capable de co-construire les textes (de lois) qui l’intéressent. C’est pourquoi on a instauré une clause d’impacts de jeunesse qui permet de vérifier, avant chaque texte de loi, s’il y a des conséquences positives ou négatives pour la jeunesse et qu’elles soient évaluées. Sur le plan numérique, la jeunesse souhaite participer aussi à l’élaboration des lois et c’est techniquement possible aujourd’hui. Les jeunes sont complètement acteurs du numérique.

La jeunesse veut avoir des lieux d’expression solides. On va installer un comité d’orientation des politiques de la jeunesse auprès du Premier ministre et ce sera le président de la République qui devrait l’installer dans les prochains jours ou semaines. On n’a pas encore fixé la date. La jeunesse veut aussi être considérée comme porteuse de droits qui ne seront pas liés à son âge. Pour être clair, à quel titre l’âge deviendrait-il un handicap pour accéder aux droits communs ? Pourquoi, à 22 ans, on n’a pas les mêmes droits que quand on a 25 ans ? C’est une aberration. On est un citoyen adulte. On a les mêmes droits partout.

Et face à la précarité toujours plus croissante des jeunes ?

Patrick Kanner : Voilà aussi un exemple concret, s’agissant d’instaurer la prime d’activité en France, pour les salariés gagnant moins de 1 500 euros par mois. Quatre millions de personnes aujourd’hui ont demandé la prime d’activité. Au début de la discussion, des ministres dont je tairai le nom ont dit : il y a un RSA jeune activité, il y a 10 000 jeunes qui en ont bénéficié, pas besoin de donner aux jeunes de moins de 25 ans la prime d’activité. Je me suis battu. J’ai été d’ailleurs battu au départ mais je suis revenu à la charge et, aujourd’hui, tous les jeunes salariés de moins de 25 ans ont la prime d’activité. C’est en général 10 % de pouvoir d’achat en plus.

Pour vous dire que, mentalement, des « adultes », au sens lourd du terme, peuvent considérer qu’un jeune n’aurait pas les mêmes droits et je pense que la future campagne présidentielle qui s’annonce portera aussi sur ces questions de l’ouverture de tous les droits à tous les jeunes, une sorte de droit universel au droit commun. Je souhaite que cela soit une question centrale. Je pense qu’on ne fera pas revenir aux urnes les jeunes si on ne leur parle pas clairement. Les jeunes ne demandent pas de la compassion, de la condescendance. Ils demandent simplement de pouvoir être acteurs de la société : des acteurs éclairés et non des acteurs quémandeurs. C’est un message fort qu’il faut savoir leur adresser.

Pour en revenir à la francophonie, vous vous êtes rendu, dans le cadre de votre visite, à 67 Ha, un territoire qui abrite une importante jeunesse. Elle cumule aussi de nombreuses difficultés sociales, économiques ainsi que des dysfonctionnements urbains. Comment appréciez-vous l’énergie des acteurs sociaux investis dans le développement de ce quartier ?


A 67 Ha. © Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
A 67 Ha. © Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
Patrick Kanner : Je disais au président que j’ai rencontré à 67 Ha Sud (une cité d'Antananarivo initialement destinée aux étudiants devenue un lieu de résidence pour leurs familles, ndlr) que les quartiers prioritaires de la ville en France sont riches par rapport à ce que j’ai vu dans ce quartier (rires). Même si tout est relatif, il ne faut pas stigmatiser nos propres quartiers. A 67 Ha, on est vraiment sur un terrain où il y a une pauvreté infinie et aucun équipement. La volonté d’un homme est de dire que je veux apporter ma réponse au quartier où je vis : création d’un terrain de foot alors qu’il y avait un terrain vague, d’un terrain de pétanque que j’ai inauguré... L’Etat au sens large du terme ne peut pas tout. Le réseau associatif, qui est très fort en France et qui commence à émerger à Madagascar, constitue une réponse sociétale face aux défis de ce pays.

Je vous rappelle que Madagascar, ce n’est que 10 milliards de dollars de PIB, ce qui n’est rien. 60 % de jeunes sont là, et un chômage énorme. Tout à l’heure, le ministre (malgache) des Sports (Jean-Anicet Andriamosarisoa, ndlr) me disait qu’il avait un centre de perfectionnement sportif où il forme leurs sportifs d’élite à Madagascar. Quand il m’a présenté le site, il me dit : « La piste d’athlétisme est morte, le terrain est foutu… » J’imaginais la cata que cela devait représenter. Nous allons essayer de mobiliser l’AFD (Agence française de développement) pour des éventuels prêts. Cela pour vous dire que, quand on part de tellement loin, un désespoir peut s’installer et il est source de toutes les dérives. La responsabilité des politiques, s’ils ne peuvent pas le faire eux-mêmes, c’est au moins de créer du lien social pour éviter le pire.

Des pays très précarisés comme Madagascar, là où c’est extraordinaire, disposent de l’accès à Internet très haut débit alors qu’il manque des infrastructures urbaines essentielles. Cet Internet ouvre l’accès libre à la connaissance et donc à de nouvelles opportunités économiques à travers de nouveaux métiers pratiqués à distance. L’aide ne devrait-elle pas accompagner la volonté d’entreprendre des jeunes ? L’entreprenariat peut constituer un véritable moteur de développement. Et ne pas cantonner l’aide aux seuls terrains de foot…


A la remise des prise de la Confejes. © Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
A la remise des prise de la Confejes. © Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
Patrick Kanner : Vous avez raison. Le développement humain ne se limite pas au développement du loisir, de la culture, du sport ou du bien-être. C’est aussi la création de richesse. La Confejes (Conférence des ministres des Sports et de la Jeunesse de la francophonie, ndlr) a donné des bourses à 10 créateurs d’entreprises malgaches de 1 000, 1 200 à 1 500 euros pour qu’ils lancent leurs entreprises, ce qui est énorme pour ces jeunes. Nous sommes dans la même logique que ce que nous faisons en France avec « La France s’engage », un dossier présidentiel où, là, nous sommes sur des montants plus importants, avec pour objectif de modéliser les réponses innovantes. A un moment donné, il faut un coup de main et c’est cela qui a été fait par la Confejes dans des secteurs où, manifestement, les pouvoirs publics sont dans l’incapacité.

Je suis d’accord, la dynamique entrepreneuriale est une réponse. C’est créateur de richesse et créateur de fierté personnelle. C’est aussi créateur d’aménagement du territoire.

C’est d’autant plus vrai que, lorsqu'on crée un emploi en Afrique, on nourrit toute une famille, une communauté à travers cet emploi...

Patrick Kanner : C’est l’image classique qu’on donne dans ce cadre. Oui, j’en suis convaincu. Avec quand même une réserve que j’ai entendue chez certains : c’est l’environnement économique et juridique qui n’est pas vraiment adapté ici à ce qu’on appelle chez nous en France l’économie sociale et solidaire. La 5e puissance économique au monde qu’est la France pourrait avoir un rôle de modèle vis-à-vis de ses frères francophones. Finalement, cela sert à quoi de parler de famille francophone s’il n’y a pas une volonté de partage des bonnes méthodes et du soutien ? C’est l’intérêt de la France. Mais certains diront : « Kanner, tu es dans une démarche colonialiste. »

Je n’ai pas prononcé le mot ! (rires)

Patrick Kanner : La France fait partie des pays les plus développés du monde francophone avec le Canada (qui est plus anglophone que francophone, ndlr). Si la France donne sans co-construire une réponse adaptée à chaque situation, là on serait sur une démarche « postcolonialiste ». L’idée est de co-construire à partir de l’expérience française.

Madagascar est aussi un pays multiculturel et un carrefour d’échanges. Il y a 18 ethnies, de nombreuses religions différentes et, pourtant, les gens vivent paisiblement. Qu’est-ce que cela vous inspire alors que, en France, le multiculturalisme est vivement discuté et remis en cause ?

Patrick Kanner : Il faut préserver cette vie paisible. Si vous voulez, c’est la réponse à tout le populisme que je peux entendre, y compris dans le débat de la primaire (de droite, ndlr) en France. J'entends bien la petite musique sur les racines chrétiennes de la France et ce qu'elle veut dire. Elle signifie qu’il y aurait une élite d’un côté et puis tous les autres, qui sont respectables mais qui ne construisent pas la promesse républicaine nationale. Moi, je considère que la France s’est enrichie progressivement de toutes ses cultures, cela n’enlève rien à l’histoire des troncs historiques de la France. C’est un tronc avec des branches sans feuilles, ce n’est pas un arbre à titre de métaphore.

Il y a un tronc, et c’est vrai qu’il est historique. Quand on me dit « la France, pays de la laïcité », je leur dis que la France a mis mille ans pour bâtir son message laïc. Tout ce temps pour construire cette capacité que j’appelle le prosélytisme de l’empathie, de l’altérité et du respect de la différence.

Si je reviens sur le débat de la primaire (de l'entre-deux tours jeudi 24 novembre, ndlr), j’ai senti que Fillon allait gagner parce qu’il s’adressait à son électorat alors que Juppé ne le fait pas sur l’identité heureuse et sur, quelque part, la France qui doit être riche de ses diversités. Je ne veux pas dire qu’il est à contre-sens, mais Fillon est dans ses rails : je veux mobiliser la droite et je m’adresse à la droite.

Je suis de gauche et je suis fier de dire que la construction de la France s’est faite dans la diversité et dans le respect de la promesse républicaine. L’équilibre entre le multiculturalisme et la promesse républicaine qui permet à chacun de trouver sa place dans la société et que l’égalité des chances soit rétablie pour tous, c’est la laïcité. C’est pour cela que le modèle français est assez unique en tant que tel.

Comment peut-on pacifier cela ? Comment peut-on encore faire de la pédagogie ? N’est-ce pas toute la difficulté ?

Patrick Kanner : La religion a sa place et doit être à sa place pour me permettre la redondance, à savoir qu’aucun message privé, qu’il soit religieux ou philosophique, ne doit planter la construction républicaine et l’Histoire commune. Mes concitoyens musulmans sont d’abord mes concitoyens. La culture a des liens avec la confession. Mes concitoyens juifs ou bouddhistes sont d’abord mes concitoyens… C’est cela le message. J’espère que le débat lors de la présidentielle permettra d’avoir une vraie différence entre ceux qui veulent peut-être exclure comme l’extrême droite, ou même la droite dure, et la gauche qui ne doit pas être un béni-oui-oui mais qui doit être pleinement consciente de son rôle historique.

L’enjeu, c’est comment construire de façon apaisée, où chacun considère que ses convictions ne sont pas incompatibles avec cette promesse républicaine. La porte est extrêmement étroite, surtout quand certains veulent nous mettre en conflit. Je me souviendrai toujours du mot du président de la République au Conseil des ministres le 13 novembre 2015. J’ai assisté à cette scène terrible. Il a commencé en disant : « Le pays peut basculer. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il y a des fractures qui deviennent des oppositions ethniques ; un pays qui part en vrille ? Cela ne s’est pas produit parce qu’il y a eu une forme de responsabilité, mais nous sommes encore aujourd’hui sous cette menace en tant que telle.

On a vu que la mondialisation pouvait inspirer le scepticisme et le repli sur soi. La francophonie se veut-elle une mondialisation heureuse ?

Patrick Kanner : Ne demandons pas à la francophonie de régler tous les problèmes de la société et du monde. En revanche, qu’autour du français puisse se développer les valeurs qui ont éclairé le monde. Et moi, je revendique pour la France les droits de l’homme, la laïcité, la construction républicaine. Certes, la France n’a pas été seule.

Prenons le cas de nos amis anglais qui avaient été, eux aussi, engagés avant nous dans un parlementarisme éclairé. Mais cette période du siècle des Lumières et notamment autour de la Révolution (française), même s’il y a eu des excès monstrueux, a irrigué la philosophie humaniste de fraternité universelle que je revendique pour mon pays.

Dites-nous en plus sur votre conception de la fraternité universelle.

Patrick Kanner : La liberté, on sait ce que c’est : pouvoir s’exprimer, dire qu’on n’est pas d’accord... Comme le disait Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrais pour que vous puissiez le dire. » L’égalité, on sait ce que c’est : égalité économique, égalité sociale, le rétablissement des chances pour chacun et pour ceux qui n’en ont pas. La fraternité est un mot beaucoup plus complexe : c’est de considérer que son propre bien-être ne peut pas se construire dans l’isolement et dans l’oubli des autres. Tout mon combat politique depuis maintenant 40 ans est celui-là. Je ne peux pas être bien si je vois de la souffrance et de l’inégalité chez les autres.

Si la France peut porter ce message, elle doit le partager avec sa famille francophone. La francophonie, d’où vient-elle ? Du colonialisme. Je ne parle pas du Canada ni de la Belgique. C’est l’empire qui a permis cela et dans des conditions souvent violentes, insupportables, d’un message qui n’est pas fraternel mais de suffisance. (...) L’idée est que la francophonie se co-conforte et se co-renforce au travers du français comme un vecteur. J’ai envie de dire : c’est le moteur. Que les carrosseries soient différentes, cela ne me choque pas. Mais que nous gardions le même moteur de cette fraternité universelle, c’est le message que le monde francophone peut apporter.


Mohammed Colin
Directeur de la publication En savoir plus sur cet auteur


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