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Société

Papon à la sortie de prison

Rédigé par Dramé Ibrahima | Vendredi 20 Septembre 2002

Incarcéré depuis le 22 octobre 1999, Maurice Papon a été condamné le 2 avril 1998 à 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité pour son rôle dans la déportation des juifs sous l'Occupation. Plusieurs radios dont RMC info et Europe 1 ont fait écho des controverses, et de nombreuses manifestations ont été organisées quant à la décision de sa libération exceptionnelle décidée, par la Cour d’Appel de Paris, le mercredi 18 septembre.



Incarcéré depuis le 22 octobre 1999, Maurice Papon a été condamné le 2 avril 1998 à 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité pour son rôle dans la déportation des juifs sous l'Occupation. Plusieurs radios dont RMC info et Europe 1 ont fait écho des controverses, et de nombreuses manifestations ont été organisées quant à la  décision de sa libération exceptionnelle, décidée par  la Cour d’Appel de Paris, le mercredi 18 septembre.

 

L'ancienne déportée Germaine Tillion, qui avait signé l'an dernier une pétition réclamant la grâce de Maurice Papon, a déclaré mercredi ne voir 'aucune raison pour faire payer à un seul homme' ce qu'il n'a pas été le seul à commettre. Un moyen selon elle de fêter la fête du grand pardon. 'Maurice Papon a fait ce qu'ont fait des centaines et des milliers de fonctionnaires et je ne vois aucune raison pour faire payer à un seul homme les crimes qui ont été commis (...) par des centaines et des milliers de fonctionnaires', a-t-elle expliqué sur France-Info.

Le médecin Véronique Vasseur, dont le livre-témoignage 'Médecin-chef à la Santé' avait fait des remous en 2000, a estimé 'évident' hier qu'il 'fallait libérer' les détenus trop âgés ou en fin de vie. 'La prison, ça sert à quoi ?' a-t-elle demandé sur l'antenne d'Europe-1. 'La prison, ça sert à protéger la société des gens dangereux pour elle (...) avec une possible réinsertion. Mais pour quelqu'un de 85 ans, c'est quoi sa réinsertion s’il est malade ?'

 

Protestations publiques

Plusieurs centaines de personnes (450 selon la police) se sont rassemblées hier soir, place des Martyrs juifs dans le 15e arrondissement de Paris à l'appel du Parti communiste, pour protester contre la libération de Maurice Papon. Le message est assez clair, les communautés juives de France vivent cette libération comme un réel affront. « J’ai honte pour la France » scandait hier un manifestant.  

Environ 400 personnes selon les organisateurs, 250 selon la police, se sont rassemblées hier 18h30 devant la gare Saint-Jean à Bordeaux, d'où étaient partis les convois de déportés juifs bordelais pendant l'Occupation, pour protester contre la libération de Maurice Papon : 'Quand on libère un félon qui a commis le pire des crimes, c'est la justice qui est grabataire'.

Un mouvement s’est également organisé devant le domicile de l’ancien préfet. Le président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Patrick Klugman, a énuméré hier soir devant son domicile les noms des enfants et vieillards juifs, réfugiés à Bordeaux et déportés alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde.

 

Réaction de la classe politique

'Nous sommes indignés par cette décision', a déclaré de son côté Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du parti communiste, dans une courte intervention lue devant un pupitre installé pour la manifestation à Paris. Elle a fustigé l'ancien haut fonctionnaire de Vichy 'qui n'a jamais rien regretté et qui fut pourtant l'artisan de la déportation de plus de 1.500 juifs, lui qui n'a eu de cesse de réclamer un régime de faveur et d'en bénéficier (...)'

'Je suis venu crier ma colère et mon indignation devant cette libération qui est une insulte à la mémoire de celles et de ceux qui ont été victimes de Papon', a déclaré aux journalistes le président du Parti communiste, Robert Hue, qui participait au rassemblement.

'La libération de Papon est une injure, non seulement aux familles de juifs déportés et morts en camp de concentration, mais aussi envers les familles des Algériens massacrés par la police parisienne le 17 octobre 1961 lorsque Papon était préfet de Paris', a déclaré Arlette Laguiller dans un communiqué rendu public hier.

Le ministre de la défense, a tout de même annoncé hier le pourvoir en cassation contre cette décision de remise en liberté.





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