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Livres

« Notre contribution au salon du livre »

L'Institut International de la Pensée Islamique présente ses nouvelles publications

Rédigé par Propos recueillis par Nicolas Mom | Lundi 20 Mars 2006

Porte de Versailles, stand N177. Dans l’aile réservée aux instituts français de pensée et de recherche, une douce musique andalouse se fait entendre. Elle accompagne un éclairage feutré. La finesse du luth apporte une ambiance sereine à ce stand un peu particulier. Pour cette édition 2006, du 17 au 22 mars, le salon du livre de Paris fête la francophonie. Mais ce n’est pas tout. Pour la première fois, un institut islamique tient un stand et y présente ses dernières publications. L’Institut International de la Pensée Islamique a trouvé toute sa place au cœur de ce salon mêlant romans, bandes dessinées, ouvrages scientifiques et conférences ça et là. Mohamed Mestiri, directeur de l’institut a accepté de répondre aux questions de Saphirnews.



Mohamed Mestiri, directeur de l'IIIT
Mohamed Mestiri, directeur de l'IIIT

Saphirnews : Pourquoi participez-vous au 26ème salon du livre ?

Mohamed Mestiri : Le salon du livre dépasse le livre. Il rassemble des penseurs et des écrivains francophones. La pensée musulmane doit évoluer dans un espace d’échange. Nous devons donc apporter notre contribution au salon du livre.

L’institut est un organe de recherche et de formation. Il publie ses travaux de recherche et des traductions d’ouvrages arabophones et anglophones. La présence musulmane doit être accompagnée de l’intelligence, sans être dérangée par des questions parasites, comme l’affaire des caricatures ou du voile. Nous nous devons de recentrer le débat. C’est un de nos objectifs et c’est la raison de notre présence au salon du livre.

D’ailleurs, j’en profite pour lancer un appel. Notre institut offre des bourses et finance des thèses autour des questions sensibles concernant des débats de fond touchant de près ou de loin l’islam.

Nouvelles publications de l'IIIT
Nouvelles publications de l'IIIT

Quels sont les ouvrages que vous présentez ?

M.M: Nous présentons une quinzaine de titres en français dont trois nouveautés, une vingtaine en arabe et une vingtaine en anglais.

Une des nouveautés est la traduction d’un ouvrage d’Al Faruqi intitulé Tawhid. Al Faruqi, philosophe et anthropologue des religions, était un des fondateurs de l’institut. Il nous a quitté il y a maintenant près de vingt ans. Sa femme et lui ont rédigé en commun L’Atlas de la civilisation musulmane, actuellement en cours de traduction. Son livre Tawhid explicite très bien le fondement de la pensée musulmane, plus spécifiquement le rapport entre l’engagement social et l’adoration du Dieu unique.

La deuxième nouveauté présentée au Salon est un livre qui traite de la question du voile. Il s’intitule Femme musulmane et voile et a été écrit par Katherine Bullock, jeune sociologue canadienne convertie à l’islam. C’est un traitement sociologique du voile. Il décrit la manière dont les jeunes filles vivent leur voile et sont perçues par les sociétés occidentales. Dans cet essai, il ne s’agit pas de défendre le voile de manière théologique ou juridique, mais plutôt de défendre la liberté de le porter. C’est un livre très bien argumenté.

La troisième nouveauté est une traduction du livre de Mohammed Al Ghazali : Comprendre le coran aujourd’hui. Mohammed Al Ghazali apporte un éclairage dans la manière de lire et de comprendre le Coran. Comment comprendre et vivre le coran dans notre vie moderne ? C’est la question à laquelle cet ouvrage tente d’apporter une réponse.

Stand de l'IIIT au salon du livre 2006
Stand de l'IIIT au salon du livre 2006

Allez-vous participer à la Rencontre annuelle des musulmans de France organisée par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et qui se déroule cette année du 5 au 8 mai 2006 ?

M.M: Nous ne participerons pas cette année à la rencontre annuelle de l’UOIF ni en tant que conférencier ni en tant qu’exposant. Je déplore un manque d’ouverture de la part des organisateurs à toute la diversité intra islamique de la communauté musulmane de France. De plus, les débats et conférences organisés sont le plus souvent confiés aux membres et affiliés à l’UOIF.

Au départ, l’esprit de la rencontre annuelle des musulmans résidait dans l’échange culturel et intellectuel. C’était le salon des associations musulmanes. Cet esprit s’est par la suite atténué pour se réduire au commerce et au bazar. Cela s’est fait au dépend d’une dynamique intellectuelle. Nous n’y avons plus notre place aujourd’hui. La pensée ne peut pas évoluer entre les merguez et les tissus. J’invite d’ailleurs les organisateurs à prendre exemple sur l’organisation du salon du livre.





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