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Monde

Mosquée Al Aqsa : Colère des palestiniens peu avant la rencontre Abbas-Mechaal.

| Mercredi 7 Février 2007

Des fouilles entreprises par Israël près de la porte occidentale de la vieille ville de Jérusalem, qui abrite le troisième lieu saint de l’islam, suscitent la colère des Palestiniens. Le mouvement Fatah, du président Mahmoud Abbas, a averti les autorités israéliennes que tout dommage infligé à l’esplanade des Mosquées entraînerait la rupture de la trêve des attentats observée depuis novembre. Pendant ce temps, Mahmoud Abbas et Khlaed Mechaal, chef politique du Hamas, se rencontrent à La Mecque.



Mosquée Al Aqsa
Mosquée Al Aqsa
Sheikh Raed Salah, président du mouvement islamique en Israël, a dévoilé jeudi premier février que l’institution israélienne est en voie de démolir la route de la porte Bab al-Maghariba, qui est attenante au mur occidental de la mosquée Al-Aqsa, ainsi que deux pièces de la mosquée.

Le Hamas, qui dirige le gouvernement palestinien, a prévenu lui aussi que « toute agression » contre la mosquée d’Al Aqsa « mettrait fin au cessez-le-feu limité » déclencherait « un volcan de colère. »

La police israélienne a renforcé sa présence dans les ruelles de la vieille ville pour prévenir toute violence sur le site de l’esplanade des Mosquées, qui a cristallisé à plusieurs reprises dans le passé la colère palestinienne.

Le service israélien des Antiquités a déclaré procéder à des fouilles préventives avant la construction d’une passerelle piétonne qui remplacera l’ancienne rampe conduisant au site, connu par les Juifs sous le nom de mont du Temple. Deux bulldozers ont commencé à dépaver le sol au pied de la rampe, endommagée par une tempête de neige et un tremblement de terre en 2004, pour permettre aux archéologues de procéder à « des fouilles de sauvegarde. » Lorsque ceux-ci auront signifié aux autorités qu’aucun objet antique ne s’y trouve plus, les travaux de construction de la passerelle vers la porte occidentale pourront commencer.

Avant de s’envoler mardi pour La Mecque pour des pourparlers de réconciliation avec Mahmoud Abbas, le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a accusé Israël de vouloir porter atteinte au site des mosquées d’Al Aqsa et du Dôme du rocher. « J’en appelle à l’ensemble de notre peuple palestinien pour qu’il se dresse uni pour défendre Al Aqsa et les sites sacrés de notre terre bénie de Palestine », s’est-il exclamé.

Selon les autorités israéliennes, les fouilles entreprises à une cinquantaine de mètres seulement de la rampe d’accès existante n’endommageront nullement l’esplanade des Mosquées, qui surplombe le mur des Lamentations, vestige d’un temple juif biblique. « Les activités en cours ne portent pas et ne porteront pas atteinte aux lieux saints », a assuré Tzipi Livni, en accusant les ennemis d’Israël d’exploiter « chaque occasion pour attiser les sentiments les plus radicaux. »

« Rien dans les travaux n’affecte le mur du mont du Temple. Le mur est solidement chevillé au rocher et en aucun cas ces travaux ne sont susceptibles non plus d’endommager les murs romains du Mont du temple », a assuré pour sa part aux journalistes le directeur des fouilles, Gideon Avni. Il a reconnu que le projet avait été lancé sans coordination avec le Waqf, l’administration des lieux saints islamiques, mais il a ajouté : « Nous ne cachons rien. Tout sera montré au public. Le Waqf pourra venir voir les résultats et faire ses commentaires. »

A Bethléem, non loin de là, des Palestiniens ont lancé des pierres contre les soldats israéliens de faction devant le Tombeau de Rachel, site judaïque sacré. Les militaires ont riposté à coups de gaz lacrymogènes. A Gaza, le Hamas a organisé un meeting pour protester contre les fouilles de Jérusalem.

En 1996, le creusement d’un tunnel archéologique près de l’esplanade des Mosquées (Haram al Charif) avait déclenché une violente réaction palestinienne qui s’était soldée par 76 morts, dont 15 Israéliens. En septembre 2000, la venue sur l’esplanade des mosquées d’Ariel Sharon, alors chef de l’opposition, avait été à l’origine de la seconde intifada.
Sharon voulait ainsi réaffirmer les prétentions israéliennes sur l’ensemble de Jérusalem où se trouve la vieille ville, que les Palestiniens revendiquent comme la capitale de leur futur Etat.

Dôme du Rocher
Dôme du Rocher

Mystification

Selon certains, les formes de communications qui entourent la mosquée d’Al Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam, seraient tronquées. Au lieu de montrer la mosquée en elle-même, certaines affiches et communications diverses décrivent Al Aqsa comme étant, Qubbat as-Sakhra, le Dôme du Rocher. Or se sont deux bâtiments bien distincts, tous deux présents sur l’Esplanade des Mosquées. Cette mystification serait, d’après certains témoignages, un moyen d’atteindre la mosquée d’al Aqsa sans éveiller les soupçons, puisque le Dôme du Rocher, lui, reste intact.

Abbas et Mechaal se rencontrent à La Mecque

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal se sont rencontrés mardi soir à Djeddah en Arabie saoudite pour préparer leur dialogue à La Mecque destiné à trouver une solution à la grave crise palestinienne. MM. Abbas et Mechaal avaient auparavant été reçus, séparément, par le roi Abdallah d’Arabie saoudite, tout comme le Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Les deux parties lui ont demandé "d’intervenir pour rapprocher leurs points de vue", selon des sources proches des délégations.

Le cessez-le-feu dans la bande de Gaza semblait respecté par le Fatah de M. Abbas et le Hamas, qui contrôle le gouvernement, après de violents combats qui ont fait 66 morts depuis le 25 janvier, sur fond de crise politico financière sans précédent dans les territoires palestiniens.

Le dialogue à La Mecque, annoncé initialement pour mardi, doit commencer aujourd'hui en début d’après-midi. Les chefs des deux groupes tenteront ainsi d’y surmonter les divergences qui ont empêché la formation d’un cabinet d’union en dépit de plusieurs mois de discussions à Gaza. Le roi Abdallah, promoteur du dialogue de la Mecque, se rendra aussi dans cette ville, premier lieu de l’islam, pour « suivre les discussions », selon les sources proches des deux délégations. « J’espère que les frères ne sortiront des lieux sacrés qu’avec un accord contraignant (...) et qu’ils jureront (...) d’arrêter cette effusion de sang », a déclaré le roi Abdallah. « La persistance (de la violence) privera le peuple palestinien du fruit de sa lutte héroïque durant des années pour recouvrer ses droits nationaux », a-t-il averti, ajoutant qu’ « une entente est possible » si les protagonistes sont « animés de bonnes intentions ».

Les pourparlers entre le Hamas et le Fatah butent sur les questions clés des relations avec Israël et de la répartition des portefeuilles dans un cabinet d’union. Le boycott financier de la communauté international suite à l’élection du Hamas au gouvernement, a laissé les territoires palestiniens au bord de l’asphyxie. « Ils ne quitteront pas ces lieux saints sans accord, car les choses sont catastrophiques sur le terrain et le monde entier nous tournera le dos si nous continuons sur cette voie », a estimé l'ambassadeur de Palestine en Arabie, Djamel al Chobaki. « Aucune limite de temps » n’a été fixée pour les discussions selon lui.

« Si nous ne parvenons pas à un accord en ces lieux saints, nous n'y parviendrons nulle part ailleurs », a renchéri un membre du gouvernement palestinien dominé par le Hamas. « Nous exhortons nos frère d'Arabie saoudite à intervenir pour combler le fossé afin d'aboutir à un accord », a déclaré pour sa part Nabil Amr, conseiller d'Abbas. « L'alternative, c'est une nouvelle détérioration de la situation et des élections anticipées », a-t-il dit.

Dans la journée, M. Haniyeh s’était dit « rempli d’optimisme et d’espoir de parvenir à un accord nous permettant de préserver notre unité, de sceller un partenariat politique et de panser nos plaies », estimant pouvoir résoudre de nombreux dossiers « épineux et complexes ».

Les dirigeants palestiniens devaient prier à la Grande Mosquée de La Mecque avant d'entamer dans la soirée leurs tractations sous les auspices de l'Arabie, alliée régionale des Etats-Unis et soucieuse comme eux de tenir l'Iran, qui soutient le Hamas, à l'écart du conflit israélo-palestinien.

Le sommet tripartite réunissant le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Ehoud Olmert et Condoleezza Rice aura lieu le 19 février à Jérusalem, a annoncé mardi le chef du gouvernement israélien dans un discours. Ce sommet tripartite avait été annoncé par Condoleezza Rice lors de sa dernière tournée au Proche-Orient, mais aucune date n’avait été précisée.





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