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Religions

Mon lundi de Pâques chez les musulmans

Rédigé par | Mardi 6 Avril 2010



Mon lundi de Pâques chez les musulmans
Cette année, je ne suis pas allée chercher des œufs de Pâques dans le jardin de ma tante, cachés sous les fleurs naissantes du printemps, au pied de l’arbre fruitier et du transat sorti pour profiter des premiers rayons de soleil.

Cette année, je suis allée au dernier jour de la 27e Rencontre annuelle des musulmans de France. Cette grande assemblée qui est pour les musulmans ce qu’est la fête de l’Huma pour les gens de gauche. Sauf que là, on n’y vient pas pour changer la société et faire la fête, on y vient pour se res-sour-cer.

Et sauf que, le dernier jour, fini les conférences et les veillées spirituelles : en ce lundi 5 avril, digne de l’affluence dingue du premier jour des soldes aux Galeries Farfouillettes, chacun-e y va pour profiter des bonnes affaires du plus grand marché oriental de France qui s’étend sur 20 000 mètres carrés.

Les plus malin-e-s du shopping avaient déjà repéré leurs produits favoris les jours précédents : tout l’enjeu de ce dernier jour est en effet d’acheter à des prix négociés toute la panoplie dont le bon musulman a besoin. Tapis de prière, avec ou sans boussole, de poche ou grand format ; méthodes traditionnelles ou high-tech d’apprentissage du Coran, que l’on soit haut comme trois pommes ou déjà connaisseur de quelques hizb ; des djellabas brodés, des foulards à n’en plus finir, avec ou sans franges, pailletés ou absolument sobres, des qamis pour bébés et pour adultes, de l’encens, des bâtons de siwak à la menthe ou au citron, du parfum sans alcool… Mais aussi des bagues flashys à 2 euros, des couvertures bien chaudes, des nuisettes, et même des culottes et des soutiens-gorges à 10 euros les 5 pièces.

Lorsque l’appel du muezzin se fait entendre, pas de souci, ici, pour accomplir la prière rituelle immédiatement, à proximité des stands de vente. Recueillement et commerce ont toujours fait bon ménage.


Mon lundi de Pâques chez les musulmans
Je m’en vais au stand du GAIC (Groupe d’amitié islamo-chrétienne), mais, vide, il est depuis longtemps investi par les visiteurs qui y viennent se reposer, voire y accomplir leurs génuflexions et prosternations. À l’autre bout du hall d’exposition, je souhaite rencontrer les aumôniers militaires. Là aussi, l’espace est désormais squatté par des distributeurs de prospectus tout droits sortis d’Arabie Saoudite, lesquels ont pourtant déjà un stand quelques allées plus loin. Je m’y rends. Il y a foule. Les livres distribués sont gratuits. Les pétrodollars ont toujours eu un pouvoir de conviction supranaturel. Dans un des ouvrages que l’on m’a offerts, j’apprends que parmi les six actes annulatifs des ablutions, le cinquième est de « manger de la viande de chameau ». Ouf ! Je l’ai échappé belle !

Quelques déambulations plus loin, je tombe nez à nez sur deux DVD « Les adorateurs de Satan » et « Les djinns, un autre monde ». Leurs visuels 100 % gore sont à faire dresser les cheveux sous le foulard. Bigre ! Quel haut degré de réflexion et de spiritualité ces deux produits vont-ils me transmettre ?

Chouette ! Des marshmallows halal ! J’en veux ! Cela me rappellera mes veillées en colonie de vacances, à faire griller des marshmallows au feu de bois, en écoutant une chanson d’Hugues Auffray jouée à la guitare par un animateur. Manque de bol, les fameux bonbons à la gélatine de bœuf halal contiennent aussi de l’amidon modifié. Quand les fabricants comprendront-ils qu’il ne suffit pas qu’un produit soit certifié halal pour qu’il nous satisfasse ? À bas les OGM, les conservateurs, les additifs, les colorants ! Le halal beurk, on n’en veut pas. Et vive le chocolat bio halal des œufs de Pâques…







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